Pour nous, pas de bons et de mauvais morts. L'origine des armes ne détermine pas les sentiments.
Mon enfant, je sais que c'est pour la mère patrie que tu vas donner ta vie, tout le monde ici sait que tu ne reculeras pas, tout le monde ici est fier de toi, ton père est mort, tes frères sont morts, venge nous des hordes fascistes !
Presque tous les morts sont bons.
Les gens se regardent dans les reflets de leurs yeux, ils se croisent dans la rue mais toujours trop tôt ou trop tard, nous sommes tous des parallèles dans le temps, des croix dans l'espace, des morts qui s'ignorent.
Ceux qui ont voulu changer le monde en sont morts et ceux pour qui rien n'a changé sont morts également.
Les morts se défendent avec moins d'aisance encore que les vivants.
Pourtant, pensez à ceux qui sont muets et sourds, Car ils sont morts assassinés au petit jour.
L'usage est de louer les saints morts et de persécuter les vivants.
La civilisation implique qu'on se souvienne des morts, mais il faut laisser chacun construire avec eux son propre rapport.
N'embrasse pas les morts car ils étouffent les vivants.
Le passé est un enfer dont les morts ne peuvent plus sortir.
La plus grande charité envers les morts, c'est de ne pas les tuer une seconde fois en leur prêtant de sublimes attitudes. La plus grande charité, c'est de les rapprocher de nous, de leur faire perdre la pose.
Il y a une chose dont on ne loue jamais les morts et qui est cependant la cause de toutes les louanges qu'on leur a données : c'est qu'ils sont morts.
On ne connaît jamais la vraie raison d'une guerre avant que tous ceux qui l'ont faite soient morts.
Lis toutes les biographies des grands morts, et tu aimeras la vie.
Les morts ne sont que des vivants amnistiés.
Tous les morts sont pauvres.
Malheur aux souverains vivants à qui on rend l'hommage dû aux morts.
Les danses s'établissent sur la poussière des morts et les tombeaux poussent sous les pas de la joie.
Il ne faut pas sournoisement respecter les morts. Il faut traiter leurs images en amies et aimer tous les souvenirs qui nous viennent d'eux. Il faut les aimer pour eux-mêmes et pour nous, dût-on déplaire aux autres.
A la poste d'hier tu télégraphierasque nous sommes bien morts avec les hirondelles.Facteur triste facteur un cercueil sous ton brasva-t'en porter ma lettre aux fleurs à tire d'elle.
Dans les armées, il y a quelque chose qui fait plus de morts que les batailles, ce sont les piqûres.
Les chaînes de télévision préfèrent programmer des comiques morts parce qu'elles sont sûres de ce qu'ils vont dire.
Les morts se prêtent aux réconciliations avec une extrême facilité.
Les morts passent l'éternité à dire la vérité et personne n'est capable de les entendre.
Il n'y a pas de guerre sans morts.
A quoi bon insulter les morts, puisqu'ils n'en souffrent pas ?
Un triomphe ne sied guère qu'aux morts. Vivant, il se trouve toujours quelqu'un pour nous reprocher nos faiblesses.
Ami, sois homme : les femmes pleurent les morts, les hommes les vengent !
Pleure tes morts après la bataille, disait le sergent Melton. Mais quand tu es au combat, combats !
Les bibliothèques, ces cimetières de l'esprit humain, où dorment tant de morts qu'on n'évoquera plus.
La fidélité aux morts est la meilleure manière d'insulter la vie.
Le plaisir des morts est de moisir à plat.
Au nom de Vérités absolues, que de morts inutiles...
Les mots morts, les nombres austères,Laissaient mes espoirs engourdis.
Vers les morts, Il n'est pas de géographie.
Les destins exceptionnels n'engendrent pas des hommes, mais de grands morts.
Je regardais au loin... Une armée d'enfants rangée en bataille. Ils étaient cependant immobiles, mais en transe. Je les voyais, non loin de moi, envoutés par le désir d'aller à la mort. Hallucinés par des champs illimités où, un jour, ils s'avanceraient, riant au soleil : ils laisseraient derrière eux les agonisants et les morts.
C'est étrange comme les morts nous sautent dessus au coin des rues ou dans les rêves.
De quelque endroit que l'on parte, le chemin est égal pour le séjour des morts.
Je ne mange pas d'huîtres. Je veux que mes aliments soient morts. Ni malades, ni blessés... morts.
Chacun n'est devenu tout à fait soi-même que le jour où ses parents sont morts.
L'homme oublie qu'il est un mort qui converse avec les morts.
Je ne diffère des morts que par la faculté de suffoquer quelques moments de plus ; leur existence en un sens me paraît plus assurée que la mienne.
Existe-t-il une seule naissance qui ne convoque pas les morts ?
Il faut au moins deux morts pour un vivant.
Quelque chose de très important vient de se casser à jamais, tout de suite, là. On vient de broyer sous nos yeux les jouets de notre enfance, six cents morts, l'innocence va désormais se traduire vice civique légal. C'est-à-dire : cercle, parfaitement carré.
Le terrible des morts, c'est leurs gestes de vie dans notre mémoire. Car alors, ils vivent atrocement et nous n'y comprenons plus rien.
Chaque jour, je me rappelle que ma vie intérieure et extérieure est basée sur les travaux d'autres hommes, vivants et morts, et que je dois m'efforcer de donner dans la même mesure que j'ai reçu et que je reçois encore.
Et dans le jour mourant qui frotte d'un éclat glacé le dos ciré des chaises, il me semble que je vais voir, penchées sur lui, toutes les ombres de nos morts, pour qui l'horloge égrène son rosaire.