La civilisation implique qu'on se souvienne des morts, mais il faut laisser chacun construire avec eux son propre rapport.
Que les morts deviennent bons, compréhensibles et désirables à mesure que l'absence et le temps les éloignent.
Tout de même, on se repent des torts irréparables, des torts qu'on a eus envers des gens qui sont morts.
Il y a une chose dont on ne loue jamais les morts et qui est cependant la cause de toutes les louanges qu'on leur a données : c'est qu'ils sont morts.
Pour nous, pas de bons et de mauvais morts. L'origine des armes ne détermine pas les sentiments.
Il ne faut pas sournoisement respecter les morts. Il faut traiter leurs images en amies et aimer tous les souvenirs qui nous viennent d'eux. Il faut les aimer pour eux-mêmes et pour nous, dût-on déplaire aux autres.
On ne connaît jamais la vraie raison d'une guerre avant que tous ceux qui l'ont faite soient morts.
Les morts se défendent avec moins d'aisance encore que les vivants.
Pourquoi les annonces des journaux indiquent l'âge des morts, par exemple, et jamais celui des nouveau-nés ?
Les gens se regardent dans les reflets de leurs yeux, ils se croisent dans la rue mais toujours trop tôt ou trop tard, nous sommes tous des parallèles dans le temps, des croix dans l'espace, des morts qui s'ignorent.
Tous les morts sont pauvres.
A la poste d'hier tu télégraphierasque nous sommes bien morts avec les hirondelles.Facteur triste facteur un cercueil sous ton brasva-t'en porter ma lettre aux fleurs à tire d'elle.
La plus grande charité envers les morts, c'est de ne pas les tuer une seconde fois en leur prêtant de sublimes attitudes. La plus grande charité, c'est de les rapprocher de nous, de leur faire perdre la pose.
L'usage est de louer les saints morts et de persécuter les vivants.
Presque tous les morts sont bons.
Le passé est un enfer dont les morts ne peuvent plus sortir.
Pourtant, pensez à ceux qui sont muets et sourds, Car ils sont morts assassinés au petit jour.
Les morts passent l'éternité à dire la vérité et personne n'est capable de les entendre.
N'embrasse pas les morts car ils étouffent les vivants.
Les danses s'établissent sur la poussière des morts et les tombeaux poussent sous les pas de la joie.
Ami, sois homme : les femmes pleurent les morts, les hommes les vengent !
Un triomphe ne sied guère qu'aux morts. Vivant, il se trouve toujours quelqu'un pour nous reprocher nos faiblesses.
Les chaînes de télévision préfèrent programmer des comiques morts parce qu'elles sont sûres de ce qu'ils vont dire.
Les morts se prêtent aux réconciliations avec une extrême facilité.
Dans les armées, il y a quelque chose qui fait plus de morts que les batailles, ce sont les piqûres.
Il n'y a pas de guerre sans morts.
A quoi bon insulter les morts, puisqu'ils n'en souffrent pas ?
Malheur aux souverains vivants à qui on rend l'hommage dû aux morts.
Lis toutes les biographies des grands morts, et tu aimeras la vie.
La fidélité aux morts est la meilleure manière d'insulter la vie.
Le plaisir des morts est de moisir à plat.
Je ne mange pas d'huîtres. Je veux que mes aliments soient morts. Ni malades, ni blessés... morts.
Les bibliothèques, ces cimetières de l'esprit humain, où dorment tant de morts qu'on n'évoquera plus.
Pleure tes morts après la bataille, disait le sergent Melton. Mais quand tu es au combat, combats !
Chaque jour, je me rappelle que ma vie intérieure et extérieure est basée sur les travaux d'autres hommes, vivants et morts, et que je dois m'efforcer de donner dans la même mesure que j'ai reçu et que je reçois encore.
Le terrible des morts, c'est leurs gestes de vie dans notre mémoire. Car alors, ils vivent atrocement et nous n'y comprenons plus rien.
Chacun n'est devenu tout à fait soi-même que le jour où ses parents sont morts.
Il faut au moins deux morts pour un vivant.
C'est étrange comme les morts nous sautent dessus au coin des rues ou dans les rêves.
De quelque endroit que l'on parte, le chemin est égal pour le séjour des morts.
Je ne diffère des morts que par la faculté de suffoquer quelques moments de plus ; leur existence en un sens me paraît plus assurée que la mienne.
Je regardais au loin... Une armée d'enfants rangée en bataille. Ils étaient cependant immobiles, mais en transe. Je les voyais, non loin de moi, envoutés par le désir d'aller à la mort. Hallucinés par des champs illimités où, un jour, ils s'avanceraient, riant au soleil : ils laisseraient derrière eux les agonisants et les morts.
Vers les morts, Il n'est pas de géographie.
Au nom de Vérités absolues, que de morts inutiles...
L'obstination est contraire à la nature, contraire à la vie. Les seules personnes parfaitement obstinées sont les morts.
Les mots morts, les nombres austères,Laissaient mes espoirs engourdis.
L'homme oublie qu'il est un mort qui converse avec les morts.
Les vivants ne peuvent rien apprendre aux morts ; les morts, au contraire, instruisent les vivants.
Les destins exceptionnels n'engendrent pas des hommes, mais de grands morts.
Existe-t-il une seule naissance qui ne convoque pas les morts ?