Nos morts ne sont jamais vraiment morts, jusqu'à ce qu'on les oublie.
Il y a plus de morts que de vivants, ce sont les morts qui dirigent les vivants.
De tous les morts dont la chaîne innombrable constitue notre trésor de gloire, ceux-là plus qu'aucuns autres incarneront, dans sa pure gratuité, l'esprit de sacrifice.
Il n'y a que les morts qui ne reviennent pas.
En art, comme en politique, les imbéciles sont un obstacle plus gênant que les morts : on a plus de peine à se frayer un chemin à travers leurs rangs.
En attendant les souliers des morts, on peut aller longtemps pieds nus.
C'était une bonne chose que cette habitude ancienne de transmission des portraits de famille. Les morts n'étaient enterrés que jusqu'à la ceinture.
Chaque génération pense qu'elle est plus forte que la génération précédente. Ils pensent, "Cela ne peut pas m'arriver." Dans le passé, des gens sont morts en faisant la même erreur.
Les étoiles, c'est les yeux des anciens morts, chaque fois qu'il y a quelqu'un qui claque, son regard monte là-haut et ça fait une étoile de plus.
La tradition, c'est la démocratie des morts.
Vouloir faire l'amour, c'est un signe de vie : les morts n'ont pas ce genre d'envie-là.
Quoique les morts aient dit de leur vivant, c'est en définitif aux vivants de choisir.
Les morts n'ont pas de voix, heureusement. Si les morts pouvaient se plaindre, quel cri, quelle clameur. On ne s'entendrait plus vivre.
Les Anglais aiment rouler lentement lorsqu'ils sont vivants mais filent à toute allure en Rolls lorsqu'ils sont morts.
J'ai presque cent ans, et je n'ai pas d'ennemis... ils sont tous morts.
L'inaction morne de certains hommes rebelles à tout effort ne diffère pas sensiblement du repos de la tombe. Ces morts vivants n'ont de la vie que l'apparence.
Une mère qui annonce les temps modernes, qui pleure ses enfants morts, s'angoisse quand ils sont malades, se sent coupable de tout ce qui les concerne, et coupable aussi de toutes leurs difficultés.
Les vivants ont des cartes de visite imprimées ; les morts seuls en ont de gravées.
Moi j'ai survécu. Regina. Comment t'appelais-tu ? Non. Toi Regina. Comment t'appelais-tu, toi, soldat sans nom ? J'ai survécu. Vous, vous êtes morts. Moi j'ai survécu
Les morts se taisent, les vivants ne veulent pas entendre et les survivants ne peuvent pas parler.
Les morts sont plus nombreux que les vivants. Leur nombre augmente. Les vivants sont rares.
Je n'ai jamais eu aucune imagination. J'ai écrit petitement, avec ma petite vie de femme, de chaque jour. Avec mes drames, avec mes morts, avec mes amours, déchirées, heureuses (1970).
Quand des amis s'en vont, morts au champ d'honneur, quelque chose de profond se réveille en nous tous.
La pire des morts, c'est de mourir pour rien.
C'est un fait que les morts les plus chers, au bout de quelques mois, seraient, s'ils revenaient, des intrus dans l'existence des vivants.
Les larmes ne sécheraient jamais si l'on n'oubliait pas les morts.
Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront, mais les morts ne savent rien du tout.
Tombeau. Endroit où l'on place les morts, dans l'attente des étudiants en médecine.
La vérité historique est faite du silence des morts.
Le lâche aime à faire la chasse aux tigres morts.
Il n'existe qu'un seul ordre parfait : celui des cimetières. Les morts ne réclament jamais et ils jouissent en silence de leur égalité...
Chuck Norris a déjà participé à l'Île de la Tentation : 12 morts, 12 grossesses.
Gabin est mort, Blier est mort, Dalban est mort, Carmet est mort, Simonin est mort, Ventura est mort : ils sont tous morts ! Mon carnet d'adresse, c'est un vrai cimetière !
La responsabilité des fautes se met très volontiers au compte des morts.
L'on doit se taire sur les puissants : il y a presque toujours de la flatterie à en dire du bien ; il y a du péril à en dire du mal pendant qu'ils vivent, et de la lâcheté quand ils sont morts.
Je n'ai pas pleuré à la mort de mon père, de ma mère, de Carmet, de Barbara et de Truffaut. Car, pour moi, tous ces gens que j'ai aimés ne sont pas morts. Ils sont là, sans arrêt, autour de moi, et nous nous parlons.
Celui qui invoque l'histoire est toujours en sécurité, les morts ne se lèveront pas pour témoigner contre lui.
Le mort saisit le vif, les morts veulent hériter des vivants, de tous sans exception.
Un historien est un babillard qui fait des tracasseries aux morts.
Il n'est de souvenir douloureux que des morts. Or ceux-ci se détruisent vite, et il ne reste plus autour de leurs tombes mêmes que la beauté de la nature, le silence, la pureté de l'air.
On oublie vite les morts. On oublie très vite, aussi, les circonstances où l'on a été malheureux... Il ne faut pas s'en scandaliser : s'il en était autrement, la vie serait un cauchemar.
Les poussins ont suivi les canetons, ils sont morts noyés.
Il y a des livres qu'on voudrait pouvoir envoyer à ceux qui sont morts.
Savoir ce qu'on sera, c'est vivre comme les morts.
Dieu est absent des champs de bataille et les morts du début de la guerre, ces pauvres petits pioupious en pantalon rouge garance oubliés dans l'herbe, faisaient des taches aussi nombreuses mais pas plus importantes que des bouses de vache dans un pré.
Nous avons vécu la certitude d'être vivants. C'est présomptueux. C'est gratuit. C'est insensé. Les morts aussi ont cette certitude.
On ne restaurera pas l'ancienne France. On doit honorer les morts, on peut s'inspirer de leur exemple; on ne les ressuscite pas. Une tradition peut se prolonger dans son esprit, mais personne ne parviendra jamais à couler la réalité présente [...] ► Lire la suite
Les morts de tous les jours sont à leur vie fidèles.
La gloire est un vêtement de lumière qui ne s'ajuste bien qu'aux mesures des morts.
Il importe peu aux morts d'obtenir de somptueuses funérailles ; ce n'est qu'une vaine pompe qui flatte l'orgueil des vivants.