Lorsque les armes se taisent, leur bruit est remplacé par les lamentations des morts, relayées par les soupirs des survivants.
On oublie vite les morts. On oublie très vite, aussi, les circonstances où l'on a été malheureux... Il ne faut pas s'en scandaliser : s'il en était autrement, la vie serait un cauchemar.
De tous les morts dont la chaîne innombrable constitue notre trésor de gloire, ceux-là plus qu'aucuns autres incarneront, dans sa pure gratuité, l'esprit de sacrifice.
Dieu est absent des champs de bataille et les morts du début de la guerre, ces pauvres petits pioupious en pantalon rouge garance oubliés dans l'herbe, faisaient des taches aussi nombreuses mais pas plus importantes que des bouses de vache dans un pré.
Les vivants ne sont pas des ombres. Ce sont peut-être des morts enveloppés de vêtements et qui brillent.
Les étoiles, c'est les yeux des anciens morts, chaque fois qu'il y a quelqu'un qui claque, son regard monte là-haut et ça fait une étoile de plus.
Quand les passions retombent tout le mal est déjà fait, les morts, les destructions, et les survivants ont mal à l'âme, pour toujours.
Les statues sont plus belles que l'homme et les poèmes aussi. Il n'y a donc qu'à penser aux morts pour penser plus haut que soi.
Il n'y a que les morts qui ne reviennent pas.
Que l'humanité vienne à disparaître, elle tuera ses morts pour de bon.
En attendant les souliers des morts, on peut aller longtemps pieds nus.
De toutes les morts, la mort atomique est la moins chère...
La tradition, c'est la démocratie des morts.
C'était une bonne chose que cette habitude ancienne de transmission des portraits de famille. Les morts n'étaient enterrés que jusqu'à la ceinture.
Il n'est de souvenir douloureux que des morts. Or ceux-ci se détruisent vite, et il ne reste plus autour de leurs tombes mêmes que la beauté de la nature, le silence, la pureté de l'air.
L'inaction morne de certains hommes rebelles à tout effort ne diffère pas sensiblement du repos de la tombe. Ces morts vivants n'ont de la vie que l'apparence.
En art, comme en politique, les imbéciles sont un obstacle plus gênant que les morts : on a plus de peine à se frayer un chemin à travers leurs rangs.
Les chiens morts ne mordent pas.
Les morts se taisent, les vivants ne veulent pas entendre et les survivants ne peuvent pas parler.
Les Anglais aiment rouler lentement lorsqu'ils sont vivants mais filent à toute allure en Rolls lorsqu'ils sont morts.
Une mère qui annonce les temps modernes, qui pleure ses enfants morts, s'angoisse quand ils sont malades, se sent coupable de tout ce qui les concerne, et coupable aussi de toutes leurs difficultés.
J'ai presque cent ans, et je n'ai pas d'ennemis... ils sont tous morts.
Quand des amis s'en vont, morts au champ d'honneur, quelque chose de profond se réveille en nous tous.
Chaque génération pense qu'elle est plus forte que la génération précédente. Ils pensent, "Cela ne peut pas m'arriver." Dans le passé, des gens sont morts en faisant la même erreur.
Chuck Norris a déjà participé à l'Île de la Tentation : 12 morts, 12 grossesses.
Quoique les morts aient dit de leur vivant, c'est en définitif aux vivants de choisir.
Gabin est mort, Blier est mort, Dalban est mort, Carmet est mort, Simonin est mort, Ventura est mort : ils sont tous morts ! Mon carnet d'adresse, c'est un vrai cimetière !
Les vivants ont des cartes de visite imprimées ; les morts seuls en ont de gravées.
Le lâche aime à faire la chasse aux tigres morts.
Les chambres de ceux qui sont morts jeunes sont le sanctuaire de leur absence, mais aussi le refuge de la lâcheté des vivants.
Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront, mais les morts ne savent rien du tout.
Le mort saisit le vif, les morts veulent hériter des vivants, de tous sans exception.
Moi j'ai survécu. Regina. Comment t'appelais-tu ? Non. Toi Regina. Comment t'appelais-tu, toi, soldat sans nom ? J'ai survécu. Vous, vous êtes morts. Moi j'ai survécu
La vérité historique est faite du silence des morts.
C'est un fait que les morts les plus chers, au bout de quelques mois, seraient, s'ils revenaient, des intrus dans l'existence des vivants.
Je n'ai pas pleuré à la mort de mon père, de ma mère, de Carmet, de Barbara et de Truffaut. Car, pour moi, tous ces gens que j'ai aimés ne sont pas morts. Ils sont là, sans arrêt, autour de moi, et nous nous parlons.
Il n'existe qu'un seul ordre parfait : celui des cimetières. Les morts ne réclament jamais et ils jouissent en silence de leur égalité...
Celui qui invoque l'histoire est toujours en sécurité, les morts ne se lèveront pas pour témoigner contre lui.
Les morts de tous les jours sont à leur vie fidèles.
La pire des morts, c'est de mourir pour rien.
Tombeau. Endroit où l'on place les morts, dans l'attente des étudiants en médecine.
Les larmes ne sécheraient jamais si l'on n'oubliait pas les morts.
La route du passé se mesure par les morts qu'on a laissés tout au long.
On ne restaurera pas l'ancienne France. On doit honorer les morts, on peut s'inspirer de leur exemple; on ne les ressuscite pas. Une tradition peut se prolonger dans son esprit, mais personne ne parviendra jamais à couler la réalité présente [...] ► Lire la suite
Il y a des livres qu'on voudrait pouvoir envoyer à ceux qui sont morts.
La responsabilité des fautes se met très volontiers au compte des morts.
Un historien est un babillard qui fait des tracasseries aux morts.
Nous avons vécu la certitude d'être vivants. C'est présomptueux. C'est gratuit. C'est insensé. Les morts aussi ont cette certitude.
Chaque jour, je me rappelle que ma vie intérieure et extérieure est basée sur le travail d'autres hommes, vivants et morts, et que je dois faire tout ce qui est en mon pouvoir pour donner dans la même mesure que ce que j'ai reçu et que je reçois encore.
Les poussins ont suivi les canetons, ils sont morts noyés.