Tout anti-intellectualisme finit dans la mort du langage, c'est-à-dire dans la destruction de la sociabilité.
L'imbécile est d'abord un être d'habitude et de parti pris. Arraché à son milieu il garde, entre ses deux valves étroitement closes, l'eau du lagon qui l'a nourri. Mais la vie moderne ne transporte pas seulement les imbéciles d'un lieu à un autre, elle les brasse avec une sorte de fureur.
Mais toute protection de la vie sauvage est vouée à l'échec, car pour chérir, nous avons besoin de voir et de caresser, et quand suffisamment de gens ont vu et caresser, il ne reste plus rien à chérir.
La théorie du vortex [de l'atome] n'est qu'un rêve.
Je crois que la vie est une série de quasi-accidents. Une grande partie de ce que nous attribuons à la chance n'est pas du tout de la chance. C'est saisir le jour et accepter la responsabilité de votre avenir. C'est voir ce que les autres ne voient pas et poursuivre cette vision.
Elle avait appris la leçon du renoncement et était aussi habituée à voir chaque jour échouer ses désirs, qu'à voir chaque soir se coucher le soleil.
Le raisonnement est le passe-temps de toute ma maison, et tout ce raisonnement a chassé la Raison.
Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse.
La minute où vous n'apprenez pas, je crois que vous êtes mort.
Dites toujours la vérité, et prenez le plus grand soin de servir les gens autour de vous autant que possible.
Mes trois dépendances sont la nourriture, l'amour et le travail.
Quand je fais de la comédie, je perds toute inhibition et introspection.
Je ne pense pas qu'il faille attacher plus d'importance que cela n'en vaut la peine à quelques enragés.
Pour tous, il faudra faire de la création une ambition, de l'invention une exigence, du nouveau une nécessité !
Fêter le troisième millénaire : que cela puisse nous faire grand bien si c'est là pour chacun d'entre nous l'occasion de faire le bilan de notre vie.
C'est de l'intérieur de soi que vient la défaite. Dans le monde extérieur il n'y a pas de défaite. La nature, le ciel, la nuit, la pluie, les vents ne sont qu'un long triomphe aveugle.
Pour un homme, recevoir le pouvoir, c'est un peu, comme pour un champ, recevoir la grêle. Pour les deux, l'important est de savoir si la culture, après, s'en remettra.
Encre. Vil composé de tanin, de noir de fumée, de gomme arabique et d'eau, principalement utilisé pour faciliter la contagion de la bêtise et promouvoir le crime intellectuel.
Le cerveau est la tripe de la tête. Penser est un couteau !
Il est curieux que ce soit toujours la femme qui "accorde ses faveurs" à l'homme. Ce n'est pourtant que l'échange de bons procédés.
L'humanité n'a jamais dépassé l'étape de la chenille, elle pourrit à l'état de chrysalide et n'aura jamais d'ailes.
J'ai de la peine à quitter la ville parce qu'il faut me séparer de mes amis ; et de la peine à quitter la campagne parce qu'alors, il faut me séparer de moi.
L'ambition est la seule maîtresse dont l'homme ne se lasse jamais ; elle lui rend le goût de lui-même. Et quand même elle nous trompe, on ne se résout pas à la tromper.
La nature paraît se servir des hommes pour ses desseins, sans se soucier des instruments qu'elle emploie ; à peu près comme les tyrans qui se défont de ceux dont ils se sont servis.
On ressemble à la vie qu'on a menée.
La pub, c'est le triomphe de la complaisance, c'est le miroir aux alouettes dans lequel se reflètent les croyances et les élans d'une nation s'accrochant à ses lieux communs.
Les tromperies dominantes de l'époque sont en passe de faire oublier que la vérité peut se voir aussi dans les images.
La vie : chacun de nous en fait une expérience nouvelle, personnelle et toute expérience, dure ou douce, l'homme doit en tirer du bien.
Comment peut-on être au monde sans se poser la question de l'après ?
Au coin d'une rue, la fille est belle et la robe légère, le vent bourrasques fait le malin et nous voilà par terre. On croyait la vie finie et nous voilà guéris de toute envie noire.
On ne fait pas la sauce avant de pêcher le poisson.
Ce que je vends, c'est de la musique, pas le bout de plastique qu'il y a autour.
La pensée est l'une des armes les plus importantes pour faire face aux problèmes.
Quelqu'un a décrit Providence comme le nom de baptême du hasard ; sans doute quelque pieux rétorquera que le hasard est le surnom de la Providence.
La danse est le pur langage de l'âme - elle nous accompagne depuis le tout début.
Il a peut-être toujours été vrai que la recherche de la paix est la forme de leadership la plus difficile de toutes.
Tout ce que nous faisons dans la vie est basé sur la peur, en particulier l'amour.
À la pauvreté, toute porte est fermée.
La beauté s'enfuit, la sagesse demeure.
Qui se donne de la peine ne connaît point le besoin.
En tant qu'enfant, à l'adolescence, je n'avais pas le droit de porter des vêtements à la mode.
La principale chose que vous pouvez changer est de savoir comment vous vous percevez. Arrêtez de regarder dans le miroir et réalisez que vous vivez pour vous, pas pour les autres.
J'ai vraiment aimé vivre à la Maison Blanche, mais cela ne me manque pas du tout.
Nous devons nous éloigner d'une société obsédée par la consommation et le consumérisme, alors peut-être devons-nous revoir notre mode de vie et considérer comment nos actions et notre vie quotidienne affectent notre monde.
La culture peut être aussi du divertissement, pourvu qu'il ne vise point bas.
Lorsqu'elle n'est pas à base de dédain, la résignation est à base de paresse.
La politique est l'art de capter à son profit les passions des autres.
Un bon gouvernement n'est que la garantie des intérêts.
On naît avec la guerre en soi. Comment donc vouloir même essayer d'en délivrer le monde. La guerre... C'est la respiration des hommes.
Lorsque le peuple régnera dans la poésie, il sera près de régner dans la politique aussi.