Il est de certains êtres comme de certains pays, on n'en revient pas. Longtemps après les avoir quittés, leurs paysages et leur langue nous habitent encore.
Quand j'étais jeune devenir acteur était le moyen d'échapper à la vie et de vivre dans un rêve.
Vivre consciemment implique d'être authentique; il s'agit d'écouter et répondre aux autres honnêtement et ouvertement ; cela implique d'être dans le moment.
Une nation forte, comme une personne forte, peut se permettre d'être douce, ferme, réfléchie et sobre. Elle peut se permettre de tendre la main aux autres. C'est une nation faible, comme une personne faible, qui doit se comporter avec fanfaronnade, vantardise, témérité et autres signes d'insécurité.
Le gouvernement n'a pas de richesse et lorsqu'un homme politique promet de vous donner quelque chose en échange de rien, il doit d'abord vous confisquer cette richesse - soit par des impôts directs, soit par l'impôt cruellement indirect de l'inflation.
Ma mission est la guérison, pure et simple.
Et à moins que vous ne portiez des voiles et un gouvernail sous votre jupon, ce qui m'étonnerait, le jeune Wiliam Turner sera déjà mort.
La femme vit spirituellement dans les imaginations qu'elle hante et qu'elle féconde.
Généralement les gens demandent des conseils et puis ils ne les suivent pas !
La gloire ou le mérite de certains hommes est de bien écrire ; et de quelques autres, c'est de n'écrire point.
Il faut n'aimer que Dieu et ne haïr que soi.
Les hommes ont inventé la guerre pour y être sans les femmes et entre hommes.
Le temps et l'espace sont infinis, et pourtant on n'en a jamais assez.
Les vrais philosophes passent leur vie à ne point croire ce qu'ils voient, et à tâcher de deviner ce qu'ils ne voient point.
Il faut tant, et tant de larmes Pour avoir le droit d'aimer.
J'ai regardé dans le registre des maladies et n'y ai point trouvé les soucis ni les pensées tristes. Cela est fort injuste.
Les nations les plus fortes sont celles qui partirent de petits commencements et furent assez peu fières pour se mettre aux pieds de l'étranger et tout apprendre de lui.
Ça se retourne un pot, et nos pensées de même !
La justice n'a rien à voir avec la loi parce que la loi est au-dessus de tout et qu'il y a juste les incapables qui essaient de la changer en justice pour ne pas avoir à y faire face.
Par exemple, j'ai ouï dire qu'il y a des choses qui entrent par une oreille et qui sortent par l'autre. Je n'ai jamais rien vu entrer par une oreille et encore moins en sortir !
On naît livré au hasard et c'est en se créant qu'on se livre, en créant sa vie.
Nous plaçons régulièrement la classe politique sous le plancher de la cave dans notre estime collective, et au bout du compte, nous allons tout de même courir la réélire.
En amour, il suffit de se plaire par ses qualités aimables et par ses agréments. Mais en mariage, pour être heureux, il faut s'aimer, ou du moins, se convenir par ses défauts.
Les magistrats les plus compétents et les plus intègres sont souvent incapables de venir à bout de leurs propres conflits familiaux.
L'insensé est tout à l'instant, il ne voit pas l'avenir. Le chanceux aura sa part. Celle du téméraire sera confisquée et dispersée.
Les colères des amants sont comme les orages d'été, qui ne font que rendre la campagne plus verte et plus belle.
Quand on a connu une jeune fille de dix-huit ans et qu'on la retrouve mariée trente-cinq ans plus tard, on a peine à imaginer que c'est un seul homme qui a pu faire tant de dégâts.
Toutes les pièces qui ont été écrites, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, n'ont jamais été que policières. Le théâtre n'a jamais été que réaliste et policier. Toute pièce est une enquête menée à bonne fin.
Tenir les comptes de nos anciens scores, et chercher à les améliorer, nous rend moins performants que nous ne le sommes.
Au bord du monde, quelle que soit la force qui nous pousse vers le vide, beaucoup d'entre nous se retournent et veulent faire durer le plus longtemps possible cet instant de suspension.
Il suffit de mettre un pied devant l'autre et de continuer. Mettez des oeillères et labourez droit devant.
Le bonheur est la fin dernière de l'homme et est au sommet des biens ; plus une chose est proche de cette fin, plus élevé est son rang parmi les biens humains.
Dieu est absent des champs de bataille et les morts du début de la guerre, ces pauvres petits pioupious en pantalon rouge garance oubliés dans l'herbe, faisaient des taches aussi nombreuses mais pas plus importantes que des bouses de vache dans un pré.
Un fanatique est quelqu'un qui ne peut pas changer d'avis et qui ne veut pas changer de sujet.
D'un chagrin secret la sombre et dure loi m'y fait voir des malheurs qui ne sont que pour moi.
Le métier que je fais est bouleversant et ravageur. Mais il m'apporte un bonheur incommensurable
De deux choses l'une : ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m'étonnerait tout de même un peu, ou bien Jacques Séguéla n'est pas un con, et ça m'étonnerait quand même beaucoup.
Je n'ai jamais pensé à mes bijoux en tant que trophées. Je suis là pour en prendre soin et les aimer, car nous ne sommes que des gardiens temporaires de la beauté.
Mademoiselle ! Je vous aimaisMes sens et mon coeur sont bien à vousMes désirs ne se sont point calmésMais l'amour s'est bien offert à nous.
Le poète se consacre et se consume à définir et à construire un langage dans le langage.
Si le vin disparaissait de la production humaine, il se ferait dans la santé et dans l'intelligence un vide, une absence plus affreuse que tous les excès dont on le rend coupable.
On excuse les vices du riche, et on ne supporte pas les défauts du pauvre.
La vraie liberté consiste à réaliser et accepter le fait qu'il n'existe pas de réponse parfaite.
Les mots et les faits s'oublient ; ce sont les impressions qui restent.
La valeur du don tient à deux choses : l'effort qu'il faut toujours recommencer et la liberté de le faire ou de ne pas le faire.
Et si c'est cela la vie : retrouver son enfance, alors, à ce moment-là, lorsque la vieillesse l'a rejointe un beau jour, la petite ronde doit être presque finie, la fête terminée.
Chaque poète se taille un langage dans le langage comme s'il découpait un étendard dans le parquet de l'univers, un tapis volant, un autre monde, un Mexique, un lexique. Mais c'est l'ensemble du langage ainsi, qu'il pervertit, déroute, exalte et restitue.
Plus on connaît l'amour, et plus on le déteste.
Le peuple fait bien les langues. Il les fait imagées et claires, vives et frappantes. Si les savants les faisaient, elles seraient sourdes et lourdes.
Le désert est une nonne, aucun homme ne le courtise, il a fait voeu de silence à travers les âges, serein, immuable, au-delà de toute poursuite, et de tout abandon. Le désert ne connaît pas les larmes.