Ce qui importe, c'est de travailler avec quelques rares bons amis, des gens que vous respectez, dont vous savez que, si les choses tournaient mal, vous vous tiendriez les coudes.
Sache souffrir. Mais ne dis rien qui puisse troubler la souffrance des autres.
La bonne éducation consiste à cacher tout le bien que nous pensons de nous-mêmes et le peu de bien que nous pensons des autres.
Dieu a aussi son enfer : c'est son amour des hommes.
La religion catholique est la seule à honorer des saintes. Cela dit tout.
Les hommes devraient être comme des kleenex : doux, forts et jetables.
Quand ils sont au gouvernement, ils ne trouvent pas de solution, vous les mettez dans l'opposition et tout d'un coup ils ont des idées !
En politique comme ailleurs, y compris en amour, le succès est à ceux qui savent jouer, sur la scène publique, des rôles de composition et connaissent les lois de l'éloquence.
La place pour les enfants ne manque pas, dans le malheur des grands.
J'attends rien des hommes à part Shenmue.
La musique seule a une place dans le monde actuel, précisément parce qu'elle ne prétend pas dire des choses déterminées.
La maîtresse qui nous quitte quand nous l'aimons le mieux nous épargne des mois et des années de menues désillusions.
Je n'ai pas encore assez oublié pour avoir des souvenirs.
Se plaindre de sentir des ennuis et des peines, C'est se plaindre d'être un homme et non arbre ou rocher.
Les yeux des femmes ont la particularité de distinguer un cheveu sur le veston de leur mari, à cinq mètres, et de ne pas distinguer la porte du garage, à un mètre.
Nous nous inquiétons si peu des malheurs de nos frères que notre sympathie à leur égard n'est souvent que pure courtoisie.
Pour qu'il y ait un bouche-à-oreille positif, il faut des bouches avant des oreilles !
La littérature ne peut vivre que si elle se fixe des objectifs démesurés.
Broche - Instrument de cuisine que des femmes attachent à leur corsage.
Les écrivains qui ont de l'influence ne sont que des hommes qui expriment parfaitement ce que les autres pensent, et qui réveillent dans les esprits des idées ou des sentiments qui tendaient à éclore.
L'Histoire nous a appris que la vertu ne peut rien contre le vice et que, pour triompher des cyniques, il s'agit d'être plus cynique encore.
Il est des blessures qui ne s'ouvrent qu'à la nuit à l'heure où l'âme a froid et fait trembler le corps.
Évitez de critiquer les autres, surtout si vous n'êtes pas sûr des faits que vous rapportez, car les paroles ne restent jamais sans conséquences. Si vous calomniez quelqu'un, vous éveillez le mal soit en lui, soit en vous, soit en celui qui vous écoute.
Oui, c'est bon d'avoir des amis qui aident à nettoyer nos dégâts. Mais chaque ménagère sait que dès qu'un problème est réglé, un autre apparaît. Et nous pouvons nous trouver là où tout a commencé...
La jeunesse et la beauté sont partout des idoles qui nous font plier le genou.
Imite le moins possible les hommes dans leur énigmatique maladie de faire des noeuds.
Quand on ne travaillera plus les lendemains des jours de repos, la fatigue sera vaincue.
La chair contre la chair produit un parfum, mais le frottement des mots n'engendre que souffrance et division.
Quand vous venez d'ailleurs, vous voyez des choses que ceux qui sont plus familiers avec l'environnement ne remarquent plus.
Par le mythe vulgaire du bonheur, on peut faire des hommes à peu près ce que l'on veut, et tout ce que l'on veut des femmes.
Notre phallus devrait avoir des yeux ; grâce à eux nous pourrions croire un instant que nous avons vu l'amour de près.
L'Evangile est un livre qui ne se fermera jamais et qui s'écrit tous les jours dans le coeur des contemplatifs.
C'est l'extrême sensibilité qui fait les médiocres acteurs ; c'est la sensibilité médiocre qui fait la multitude des mauvais acteurs ; et c'est le manque absolu de sensibilité qui prépare les acteurs sublimes.
Le malheur est l'unique cause des maladies psychosomatiques et le bonheur son seul remède.
Il est des moments, dans la vie d'un homme, où il se sent à l'abri de Dieu lui-même.
Une politique qui se borne à brasser des rêves les trompe tous. Une politique qui les ignore se trompe sur la nature de ceux qu'elle prétend conduire.
La peur peut faire faire des choses bien plus dangereuses que la colère.
Le bonheur consiste dans l'égalité des désirs et des forces.
Notre vie difficile et troublée a plus que jamais besoin d'images sereines. Plus que jamais nous aimons un certain romanesque scientifique, figuré sur les pages des belles entomologies, avec tous les attraits d'une féerique vérité.
Toute révolution a pour corollaire le massacre des innocents.
La prison est une blessure pour les corps, pour les esprits ; aucun texte ne lui fait injonction d'être le mouroir des espoirs.
Un poète c'est tout en intériorité, ça se révèle dans la fluidite des mots, ce n'est pas une image qui dit regarde-moi dans les yeux sur le pont.
On reporte souvent sur le passé une sorte de magie qui n'a rien à voir avec la réalité de ce qu'on a vécu mais est la simple prise de conscience de la fuite du temps et des deuils à faire.
La peinture peut être traduite, comme la musique, comme les objets, comme tout ce qui n'appartient pas au langage. Mais traduite par équivalences, par des mots, des rythmes, des sonorités.
Les mensonges fluctuants du journalisme et des mass media, le jargon trivial utilisé par les discours publics et socialement approuvés ont fait de presque tout un jargon vide, un verbalisme cancéreux.
La télévision, reflet du monde, est à la fois source et miroir des informations.
La politesse est sage : la grossièreté, par conséquent, stupide. Se faire, sans nécessité et avec intention, des ennemis en commettant des impolitesses, c'est de la frénésie, tout comme de mettre le feu à sa maison.
Dieu n'est jamais rassasié de la vie des humains.
Le public ne sait pas que derrière les paillettes et le maquillage se cachent parfois des batteries d'anxiolytiques, des hospitalisations discrètes, des ulcères et des crises, des errances... des malaises cardiaques avant cinquante ans.
La séduction des yeux. La plus immédiate, la plus pure. Celle qui se passe de mots, seuls les regards s'enchevêtrent dans une sorte de duel, d'enlacement immédiat, à l'insu des autres, et de leur discours : charme discret d'un orgasme immobile, et silencieux.