Je ne serai pas heureuse avant d'être devenue aussi célèbre que Dieu.
La longue absence en amour ne vaut rien; mais, si l'on veut que son feu s'éternise, il faut se voir et se quitter par reprise : un peu d'absence fait un grand bien.
Le tyran broie ses esclaves et ils ne se rebellent pas contre lui, ils écrasent à leur tour ceux en-dessous d'eux.
On ne sait jamais, devant les nouveau-nés, quelle raison de pleurer leur fournira l'avenir.
L'amour, c'est l'âme qui ne meurt pas, qui va croissant, montant comme la flamme.
Amitié qui se peut finir Ne fut jamais bien commencée.
Quand je suis né, j'ai crié ; ébloui par la lumière j'ai crié. Chassé du ventre de ma mère, pour le meilleur ou pour l'enfer.
On ne peut parler d'amour et de théâtre qu'à bâtons rompus.
Appartenir à l'élite, cela ne dépend pas de la fonction, mais du caractère, de la valeur spirituelle de l'homme.
Il n'est, je le vois bien, si poltron sur la terre, Qui ne puisse trouver un plus poltron que soi.
Il n'y a guère de gens qui ne soient honteux de s'être aimés, quand ils ne s'aiment plus.
Oubli : une éponge qu'on ne trouve jamais quand on en a besoin.
Les trois quarts des folies ne sont que des sottises.
L'éternel n'est que l'infini de l'instant. Dieu se rejoint dans le quotidien ; sa présence ne saurait se trouver ailleurs. Et même si c'était absurde, il faudrait être humain.
Les paradoxes sont les robes que la vérité endosse pour quitter son puits et ne pas se promener indécemment chez les hommes.
L'intelligence a beaucoup moins d'applications pratiques que vous ne le pensez.
Le fait d'être né augure mal de l'immortalité.
L'église ne reconnaît qu'une sorte de laïcs : les siens.
Jouir sans interruption, c'est ne jouir de rien.
Quand nous tombons dans un puits, ce ne sont pas nos oreilles qui arrêtent la chute.
Quelqu'un peut lire les ouvrages de Marx, les savoir par coeur, les réciter à l'envers, mais s'il n'aime pas le peuple laborieux, rustre, inculte, et qu'il se croit supérieur aux travailleurs, il ne sera pas du tout marxiste.
On dirait qu'une fois que les gens ont grandi, ils ne savent plus ce qui est cool.
Il y a des places qu'il faut laisser désertes. Il y a des actes qu'on ne peut faire sans être aussitôt défait par eux.
Le regard du nouveau né est plus sage que celui du grand savant, il faut parfois désapprendre pour mieux appréhender l'essentiel.
Un corps verbal ne se laisse pas traduire ou transporter dans une autre langue. Il est cela même que la traduction laisse tomber. Laisser tomber le corps, telle est même l'énergie essentielle de la traduction.
Les livres les plus faciles à adapter sont ceux qui, une fois enlevée la littérature, continuent de tenir debout. Il y en a moins qu'on ne le croit. Souvent, la beauté de la littérature vous fait prendre des vessies pour [...] ► Lire la suite
Il ne faut jamais avoir pénétré dans un asile pour ne pas savoir qu'on y fait les fous tout comme dans les maisons de correction on fait les bandits.
La photographie n'est jamais qu'un chant alterné de "Voyez", "Vois", "Voici" ; elle pointe du doigt un certain vis-à-vis, et ne peut sortir de ce pur langage déïctique.
Il ne faut pas attendre l'idée géniale ou le produit parfait. Procédez par ajustements, jusqu'à fournir un service dont vous pouvez être fier. N'attendez pas demain et lancez-vous aujourd'hui.
Seules les personnes stupides ne changent pas d'avis.
Ne jamais dire jamais - dans la mode et la vie.
Si on accepte les différences, tout type d'influence, le fait qu'on est fait de plein de choses, à ce moment-là on n'a plus de danger, on est prêt à accepter même des choses que l'on ne comprend pas. Une chose que je ne comprends pas, je l'accepte mille fois plus qu'une chose que je comprends.
Celui qui se voue aux lendemains qui chantent ne sait pas chanter l'aujourd'hui.
A un sourire on ne peut répondre que par un sourire.
Beaucoup de jeunes séducteurs savent les mots qu'il faut dire aux femmes, mais ils ne savent pas reconnaître les femmes à qui il faut les dire.
La parole n'est qu'un bruit et les livres ne sont que du papier.
Celui qui veut gouverner doit entendre et ne pas entendre, voir et ne rien voir.
La fortune ne sourit aux méchants que pour mieux les perdre.
Les acteurs rateraient très souvent, presque toujours, leurs entrées en scène, s'ils n'avaient pas, étant en coulisse, cette pensée constante : Il me semble qu'il y a bien longtemps qu'on ne m'a vu !
On ne choisit pas plus son esprit que son visage. On ne s'attache pas moins à l'un qu'à l'autre.
Il ne faut pas craindre les pièces ennuyeuses ; quand le public s'ennuie, il croit qu'il pense, et ça le flatte.
Les peintres ne doivent pas oublier qu'en règle générale l'oeil est un brave organe, sans malice, crédule, toujours prêt à ajouter foi à ce qu'on lui dit, si on le lui dit avec assez d'assurance.
Si l'Evangile promet infiniment plus qu'un parti n'oserait le faire, il est vrai aussi qu'il réclame de chacun beaucoup plus que ce qu'une propagande éclairée ne se permettra jamais de demander à ses électeurs.
Si la presse n'existait pas, il faudrait ne pas l'inventer.
Longévité : entêtement à ne pas déménager.
On ne bâtit pas sa maison avec des dictionnaires.
Si l'amour ne vous est rien, c'est que vous ne l'aurez jamais véritablement connu.
Les mots dissimulent plus qu'ils ne dévoilent.
Chacun lutte comme il peut contre l'angoisse de la mort et la solitude ; tracer des mots pour les écarter ne constitue pas l'un des plus mauvais moyens inventés par l'Homme.
Il faut que l'auteur dramatique sache mettre lui-même sa pièce en scène. Une pièce de théâtre ne peut être bien pensée, bien faite, bien dialoguée, bien répétée, bien jouée, que sous les auspices et par les soins d'un seul homme.