La mixité généralisée de tous les espaces (jusqu'aux stades de football), mais surtout à l'école, anesthésie la virilité des petits hommes qui ont besoin de s'arracher à leur mère (...) Nous vivons dans une époque de mixité totalitaire, castratrice.
Nous devrions garder le silence sur ceux qui sont au pouvoir ; en dire du bien implique presque de la flatterie ; dire du mal d'eux de leur vivant est dangereux, et quand ils sont morts, c'est lâche.
Je ne crois pas que ce soient les ordinateurs eux-mêmes qu'il faille redouter, mais bien plutôt la façon dont la culture digérera leur présence.
Les Français sont satisfaits à peu de frais, un peu de familiarité dans les manières leur semble de l'égalité.
Les peuples conquis se résignent rarement et ils finissent toujours par reconquérir leur liberté.
La nature, le soleil, l'enfance poursuivent leur chemin sans se soucier de nos souffrances.
Tous les pères sont les mêmes ! Vient toujours un moment où ils ne voudraient pas être regardés par leur fils avec les yeux qu'ils leur ont faits.
Les grandes oeuvres sont toutes des vengeances, les chefs-d'oeuvre sont tous des revanches. Je crois que c'est la loi de fer des écrivains : ils ne réussissent leurs livres que dans la mesure où ils ont raté leur vie.
Les gens en savent déjà trop pour leur ignorance.
Notre crainte des autres vient de ce qu'ils cherchent à nous transformer en objets pour assurer leur propre liberté.
Les historiens ressemblent à ces gens sourds qui entreprennent de répondre à des questions qui ne leur ont pas été posées.
Les généraux ont cessé d'aller goûter la soupe depuis que les politiciens en ont fait leur plat préféré.
Ceux qui sont à la tête des grandes affaires ne trouvent pas moins d'embarras dans leur parti, que dans celui de leurs ennemis.
Les hommes ne sont pas très rares qui aiment à faire payer les services qu'on leur rend.
Il y a des gens si insignifiants qu'on ne les voit pas devant leur ombre.
Mars, Vénus, Saturne, ce qui m'étonne ce n'est pas qu'on ait découvert tous ces astres lointains, c'est qu'on connaisse leur nom.
Que les femmes donnent ou qu'elles refusent, elles sont toujours heureuses qu'on leur demande.
La plupart des compétences peuvent être apprises, mais il est difficile de former les gens sur leur personnalité.
Le sexe des garçons, il leur sert à tout. Ca sert à faire la guerre, président de la République, directeur, aviateur. Ca sert à penser, à tout commander ; à décréter ; à légiférer. Accessoirement, ça sert à faire des enfants et même à faire pipi.
Les êtres heureux sont graves. Ils portent en eux attentivement leur coeur comme un verre plein, que le moindre mouvement peut faire déborder ou briser.
Aux femmes il est donné de ressembler leur vie durant aux enfants que nous étions.
Il est des gens si bêtes que si une idée apparaissait à la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiée de solitude.
Est-ce que vous voyez maintenant d'où viennent la haine et la peur des livres ? Ils montrent les pores sur le visage de la vie. Les gens installés dans leur tranquillité ne veulent que des faces de lune bien lisses, sans pores, sans poils, sans expression.
Les gens ont différentes raisons de vivre leur vie. Vous ne pouvez pas mettre les raisons de tout le monde dans la même case.
Pas la peine de faire leur procès aux mots. Ils ne sont pas plus creux que ce qu'ils charrient.
Souvent, les critiques ont tendance à chanter des oraisons funèbres plutôt que de pratiquer leur vrai métier.
Les hommes appellent "filles" des femmes à qui ils n'ont eu le courage ou l'esprit de donner ni le titre de mères, ni celui d'épouses, quoiqu'ils leur en fassent tenir l'emploi.
Le théâtre, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les outils de la tyrannie.
Et puis il ne voulait plus penser aux femmes, leur parler encore moins.
Si vous ne voulez pas perdre vos amis, n'allez pas leur raconter vos ennuis, ne vous plaignez pas. Pensez à ne partager que de bonnes choses avec votre entourage, votre paix, vos joies : cela contribuera à vous alléger, à vous libérer.
Il n'existe aucun être, aucune substance mais, non plus, aucune institution humaine qui ne finisse par vieillir. Cependant, chaque institution doit se croire éternelle, sous peine de s'abandonner elle-même. L'acier le plus dur s'amollit, tous les éléments se désagrègent. Aussi surement que la terre aura sa fin, toutes les institutions trouvent un jour la leur.
Philosophe, tout homme l'est. Mais la plupart des humains sont des hommes collectifs, qui abdiquent en autrui la responsabilité de leur être.
Les économistes pensent que les pauvres ont besoin d'eux pour leur dire qu'ils sont pauvres.
Les pays sont comme les astres, ils peuvent étinceler et éclairer des siècles après leur extinction.
On devrait pouvoir dire qu'il n'arrive aux hommes que ce qu'ils veulent qu'il leur arrive.
La littérature et la gastronomie sont inséparables, l'une est la fille de l'autre. La gastronomie est née le jour ou de grands écrivains ont consacré leur talent aux choses de la table. L'oeuvre des cuisiniers n'a de raison de durer... qu'autant que les gourmets en parlent et en écrivent.
Les fonctionnaires du fisc sont des personnes qui croient précisément le double de ce qu'on leur dit.
Tout le monde a de bons parents, il suffit de leur parler.
Les flics à l'école : il était temps, ça va leur faire du bien, certains en avaient vraiment besoin...
Tu es un bon camarade et tes idées sont saines. Mais le drame dans tout ça, c'est que tu ne pourras plus trouver de travail nulle part désormais. Ces bourgeois vont conspirer pour te faire crever de faim. C'est leur façon de faire. N'attends aucune pitié des riches.
Oublie un peu tout ces idiots, ils verront jamais que ce qu'ils veulent voir, même si tu voulais tout changer en toi, tout ce que tu es, ça ne leur suffirait pas, ils se foutent que tu changes.
Malheureusement, l'idéal de gloire et de patriotisme des polonaises, souvent réveillé par les velléités héroïques qui les entourent, est plus souvent encore déçu par la légèreté de caractère des hommes que l'oppression et l'astuce du conquérant démoralisent et corrompent systématiquement, sauf à écraser quiconque leur résiste.
Le Ciel cache à toutes les créatures le livre du destin, excepté la page nécessaire, celle de leur état présent.
La vraie patrie des hommes, c'est leur désir.
Nous devons le prix de nos plus belles minutes à leur évanescence...
L'ennui avec les révolutions, c'est qu'à peine l'une terminée, il faut vite préparer la suivante afin de chasser du pouvoir ceux qui s'en sont emparés pour le bien de tous et en ont fait leur profit exclusif.
Elle est comme ces gens en exil, qui rêvent de leur pays d'origine et ne le reconnaissent plus quand ils peuvent enfin y retourner : rien n'est comme dans leur souvenir.
L'aube apprend de l'amour son nom qui toujours tremble et lui cachant sur quelles mers elle a dormi monte aux yeux désolés qui la cherchent ensemble éblouir leur exil aussi nu que l'oubli.
Les États-Unis doivent goûter à leur propre poison.
Laissons les gens vivre leur vie et le faisons et ils l'entendent.