L'art de plaire consiste simplement en deux choses : ne point parler de soi aux autres et leur parler toujours d'eux-mêmes.
Puisque nous ne savons pas à l'heure actuelle comment rendre les ordinateurs sages, nous ne devons pas leur confier de tâches demandant de la sagesse.
Ceux qui écrivent le français sans savoir leur langue n'en ont que plus de mérite.
Si les femmes sont les plus fortes, c'est que les hommes ne peuvent oublier qu'elles leur ont donné la vie, et parfois l'élan pour avancer, seuls comme des grands. Et que le «seul» pose problème.
Lorsque les vents soufflants tiennent les flots, On ne peut les empêcher, toute la terre est A leur merci, toute la mer : ils abîment même les nuages du ciel Et remuent des feux rouges sous leurs coups sauvages.
Les vieillards ont ceci de commun avec les enfants que lorsqu'on leur donne la main, il faut marcher un peu moins vite.
Il faudrait être sot pour croire que l'on meurt à cause d'une déficience qui nous est personnelle, ce sont les autres qui nous tuent par leur entêtement à vivre...
La publicité pousse les gens à ne pas se fier à leur jugement ; elle leur apprend à être stupides.
Si les hommes doivent attendre leur liberté jusqu'à ce que l'esclavage les ait rendus sages et bons, ils risquent bien d'attendre toujours !
Il arrivera, donc, ce moment où le soleil n'éclairera plus, sur la terre, que des hommes libres, et ne reconnaissant d'autre maître que leur raison.
Yeux : il leur arrive d'être fermés pour cause de décès.
Quant à ceux qui ne croient pas à leur Seigneur, leurs oeuvres ressemblent aux cendres dont s'empare la vent dans un jour de tempête. Ils seront sans pouvoir sur ce qu'ils ont accompli.
Un historien qui suppose à ses personnages des discours qu'ils n'ont pas tenus, peut aussi leur supposer des actions qu'ils n'ont pas faites.
Ce qu'il y a d'horrible avec les femmes, c'est que leur esprit est encore une manière de résister.
Certains êtres sont comme des sables mouvants ; n'entrez pas dans leur intimité de peur d'être engloutis.
Les puissants des cieux, comme ceux de la terre n'accordent leurs faveurs qu'à ceux qui leur renvoient l'image de leur propre gloire.
La plupart des gens n'ont qu'une imagination émoussée. Ce qui ne les touche pas directement, en leur enfonçant comme un coin aigu en plein cerveau, n'arrive guère à les émouvoir.
Il faut être indulgent avec les acteurs, les défauts qu'on leur reproche ne s'appliquent jamais à celui que l'on croit.
Que de gens, avant le grand sommeil, traversent leur vie en somnambules.
La mort a ceci d'heureux qu'elle permet aux être irremplaçables de céder leur place à d'autres.
Pour moi, l'art n'est pas un plaisir solitaire. C'est un moyen d'attiser le plus grand nombre d'hommes en leur fournissant une image privilégiée de nos joies et de nos malheurs communs.
On qualifie souvent de raisonnables des gens qui n'ont pas eu assez l'appétit du bonheur pour commettre des sottises qui leur fussent bienfaisantes.
Certains ont grand appétit : si on leur donne à téter, ils boivent le lait puis dévorent le sein.
La plupart des hommes passent la meilleure partie de leur vie à rendre le reste misérable.
Plus la démocratie sociale se développe, grandit et devient plus forte, plus les masses éclairées des travailleurs prendront leur propre destin, la direction de leur mouvement et la détermination de sa direction dans leurs propres mains.
Le public exige d'être traité comme les femmes auxquelles il ne faut surtout rien dire que ce qu'il leur plaît d'entendre.
On répète les médisances, en citant leur auteur, pour s'en donner le plaisir sans danger.
Les êtres cachés et fuyants oublient de fuir quand le poète les appelle par leur vrai nom.
Pour mieux nous leurrer et nous tenir sous leur joug, nos ennemis de classe nous ont seriné que la justice immanente n'a que faire de la force.
Les femmes sont comme les chevaux, il faut leur parler avant de leur passer la bride.
La barbarie de la course au pouvoir est vieille comme le monde, mais certains de mes adversaires me haïssent vraiment. M'écarter de la présidence ne leur suffit pas. Ils ne seront satisfaits que lorsque j'aurai été emprisonné, écartelé et rayé [...] ► Lire la suite
Rien de plus facile que d'effrayer un spectateur. On peut littéralement l'affoler, car la plupart des gens ont dans quelque partie de leur être une peur toute prête à éclore.
Aucun des deux n'avait la moindre connaissance des choses sexuelles, aussi ne firent-ils rien pendant leur nuit de noces sinon prier Dieu qu'il les conseille. Le résultat ne fut pas concluant.
Les femmes espèrent tellement qu'on va tout leur donner. Et les hommes souhaitent tellement qu'ils vont tout recevoir. Marché de dupes.
La performance physique n'est tant pas une métaphore de la puissance sexuelle qu'une représentation du désespoir triomphal des hommes, du bond qu'il leur faudrait faire pour n'être plus mortel.
La plupart des gens ne jugent des hommes que par la vogue qu'ils ont, ou par leur fortune.
Déprimer les spectateurs, c'est les inciter à la passivité. Les amuser, c'est retenir leur attention.
Je n'aime pas les maisons neuves : leur visage est indifférent.
Le théâtre sert à créer une dialectique, pour que les gens réfléchissent à leur vie, à son sens : pourquoi est-on là et à quoi cela sert-il ?
On a souvent parlé de la couleur et de la saveur des mots. Mais on n'a jamais rien dit de leur tension, de l'état de tension de l'esprit qui les profère, dont ils sont l'indice et l'index, de leur chargement.
Pour rétablir la confiance, il faut que les citoyens perçoivent qu'on a bien identifié avec eux ce qu'ils vivent. Le meilleur moyen, c'est encore de leur demander ce qu'ils en pensent. Je crois, moi, à l'expertise citoyenne.
Sondage A : 92 % de Français s'estiment heureux. Sondage B : 2 millions d'analphabètes en France. A mon avis, dans les 92 %, il y en a qui ne connaissent pas leur malheur.
Toutes les directions ne se valent pas ; ceux qui cherchent leur chemin le savent bien.
Il y a des gens si insignifiants qu'on ne les voit pas devant leur ombre.
La plupart des hommes emploient la meilleure partie de leur vie à rendre l'autre misérable.
Si vous voulez plaire aux femmes, dites-leur ce que vous ne voudriez pas qu'on dise à la vôtre.
Les adultes craignent l'enfance, symbole de leur mort.
Pour leurs parents, les enfants sont de belles fleurs d'hiver ; ils leur font oublier le chagrin, ils sont les guides, les béquilles, les soutiens de leur père ; par eux la vieillesse refleurit.
C'est à travers les relations avec autrui, et par leur intermédiaire, qu'on prend conscience de son propre vieillissement ; soi-même, on a toujours tendance à se voir sous les espèces de l'éternité.
L'amour est le lieu de rencontre de l'esprit et de la matière et le seul domaine où tous les deux puissent se manifester dans leur plus extrême liberté.