Les lauriers se trouvent beaucoup mieux à leur place dans un civet de lièvre que sur la tête d'un glorieux.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds ne sont pas des poètes : ce sont des dactylographes.
Tous les comités de miss sont aux femmes la liberté et le bonheur de leur plus belle expression : « Au nom de la beauté de toute femme ».
Etre un homme marié est une occupation à temps complet. Voilà pourquoi tant de maris échouent. Ils ne peuvent y consacrer toute leur attention.
Les chiens sont, en tant qu'espèce, éminemment méprisables, aussi bien pour l'écoeurante banalité de leur affection que pour leur extraordinaire faculté de caporalisation.
Les sociétés n'aiment pas les ermites. Elles ne leur pardonnent pas de fuir.
Toutes les idées qui triomphent courent à leur perte, et les autres ne valent que par ce que l'on y aura mis soi-même de fièvre et d'espérance.
Les hommes ne sont pas nés du caprice ou de la volonté des dieux, au contraire, les dieux doivent leur existence à la croyance des hommes. Que cette foi s'éteigne et les dieux meurent.
Le pire, chez les militaires, c'est qu'on dirait des enfants, tout l'honneur que leur rapportent les guerres se résume en une chose : pouvoir les expliquer.
Les vieux amis sont comme les vieux vins qui, en perdant de leur verdeur et de leur montant, gagnent en chaleur suave.
Il ne faut jalouser personne ; car les hommes de bien ne méritent pas d'être jalousés, et les hommes mauvais, plus leur fortune est bonne, plus ils se corrompent eux-mêmes.
La vérité est le nom que les plus forts donnent à leur opinion.
Autour de nous, les étoiles continuaient leur marche silencieuse, dociles comme un grand troupeau ; et par moments je me figurais qu'une de ces étoiles, la plus fines, la plus brillante, ayant perdu sa route, était venue se poser sur mon épaule pour dormir.
Il y en a encore ceux-là dont la patience a conduit à quelque chose de meilleur. Oui, leur confiance continue à communiquer l'espoir d'un avenir prometteur.
À la place de leur offrir la liberté, je leur offre la mort.
Les prêtres et les magistrats ne dépouillent jamais leur robe entièrement.
La vanité qui veut s'exercer trouve toujours matière : je sais des gens fiers de leur constipation !
La plupart des époux ne trompent leur femme que pour mieux la désirer.
Quoiqu'on dise des intellectuels, il y en a d'honnêtes, ceux qui peuvent encore faire leur autocritique.
Affirmer que nous voulons faire la révolution dans d'autres pays, nous immiscer dans leur vie, c'est dire des mensonges et ce que nous n'avons jamais préconisé.
Je ne vois pas pourquoi les gens attendent d'une oeuvre d'art qu'elle veuille dire quelque chose alors qu'ils acceptent que leur vie à eux ne rime à rien.
Les gens qui manipulent commencent toujours leur phrase par : « Vous souffrez ? Quelle est votre souffrance ? ». Et ensuite ils vous l'invente et sauront même la créer.
Quand les sages sont au bout de leur sagesse, il convient d'écouter les enfants.
L'égalité ne peut régner qu'en nivelant les libertés, inégales de leur nature.
Les lois de la guerre permettent aux vainqueurs de traiter à leur gré les vaincus.
Il y a des types qui croient ressembler à Napoléon parce que leur femme s'appelle Joséphine.
J'ai appris à quel point il est important de divertir les gens et de leur donner une raison de venir vous voir jouer.
On peut croire que l'on aime, mais cela ne suffit pas pour réunir un homme et une femme. Ils doivent vivre leur amour pour qu'il existe vraiment, ils doivent le mériter.
Les hommes ont inventé le langage pour leur satisfaire leur envie de se plaindre.
Nous existons en fonction des autres. Sans cesse, nous sollicitons leur alliance, ou leur cherchons querelle, souvent pour obtenir le même résultat: un échange et une reconnaissance. Et comme nécessairement ils nous déçoivent, nous tâchons d'en corriger l'image, nous les [...] ► Lire la suite
En sortant leur vérité du puits, les indiscrets répandent l'eau partout.
Dans leur vaste majorité, les jeux vidéo n'autorisent qu'un seul échange social, le tir à vue.
Le repas d'enterrement de la vie de garçon a un triple but : boire plus que la raison, permettre aux amis mariés du futur époux d'échapper à leur femme pour une soirée et passer quelques heures à jouir du malheur imminent du pauvre bougre.
Quand vous mourez, on passe vos films. C'est pour ça que les gens font du cinéma. Pour rendre leur vie importante.
Je ne mange des escargots de Bourgogne qu'en Bourgogne. Ailleurs, il leur faut trop de temps pour arriver.
Les hommes sont impossibles et pensent qu'ailleurs, leur vie est à recommencer. Ils rêvent constamment d'un paradis perdu.
Les hommes publics sont comme les filles publiques, incapables de prendre leur retraite à temps.
Les traductions sont des domestiques qui vont porter un message de la part de leur maître et qui disent tout le contraire de ce qu'on leur a ordonné.
Une partie importante de la sagesse et de la connaissance consiste à ne plus vouloir transformer les gens en ce qu'ils ne sont pas, mais à accepter ce qu'ils sont, à comprendre leur expérience de vie.
Il y a des gens niais qui se connaissent, et qui emploient habilement leur niaiserie.
Celui qui connaît les femmes, ne connaît pas leur âme ; il ne connaît même pas leur corps ; il ne connaît que leurs nerfs.
Les gens à qui tout réussit sont souvent déconcertés et lâches dans l'adversité. Leur coeur n'est pas fait pour l'échec.
Les gens riches n'intimident que par leur manque de culture et leur ressemblance avec leurs domestiques.
Les faibles vivent suivant le bon plaisir du monde, et les forts, selon le leur.
Les pays ne sont pas cultivés en raison de leur fertilité mais en raison de leur liberté.
Pour certains citadins la campagne est intolérable parce que son silence rejoint leur vide intérieur.
Bien des hommes agissent contre leur bonheur pour être fidèles à l'image qu'ils ont montrée à leurs amis...
Les femmes s'accommodent assez bien d'une part de mépris dans leur amour.
Car leur tort, c'est de dormir, dans une sécurité trompeuse dont les réveille trop tard le coup de foudre de la maladie.
Avoir l'expérience du malheur ne suffit pas, car on est toujours malhabile avec les autres. Leur souffrance n'est jamais comparable à la nôtre.