Désirer tout et le désir lui-même.
Aucun chrétien ne peut être pessimiste, car le christianisme est un système d'optimisme radical.
Le mépris tourne vite à l'éloquence.
Un véritable réaliste, s'il est incrédule, trouve toujours en lui la force et la faculté de ne pas croire, même au miracle, et si ce dernier se présente comme un fait incontestable, il doutera de ses sens plutôt que d'admettre le fait.
Les touristes découvrent sur leurs photos les sites qu'ils avaient renoncé à regarder pour trouver le temps de les prendre.
Le plus souvent, on se querelle pour vivre, pour se prouver qu'on existe, qu'on est encore capable de lutter, de tenir une idée, même folle.
C'est le pays qui engendre ses enfants et non l'inverse. Chaque fois que dans l'histoire un homme a voulu dépasser le pouvoir de son pays, il n'a réussi qu'à installer le chaos et la catastrophe.
Un homme qui réussit son suicide est bien au-delà de la mort car il s'est mesuré à Dieu, en choisissant son heure, et a eu le dernier mot.
Ce n'est jamais le même homme qu'on arrête, et puis qu'on juge, et puis qu'on tue ou qu'on libère.
L'esprit le plus pénétrant a besoin du secours du temps pour s'assurer, par ses secondes pensées, de la justice des premières.
On est toujours dans son époque, on ne peut pas faire autrement que décrire son époque, même si superficiellement on a l'air de décrire le passé.
Comment le désir de voir et d'aimer peut-il naître sans la protection de la connaissance, éventuellement par pure ignorance ?
La petite chose niaise qu'est le symbole, qu'on nous cache avec tant de soin !
Celui qui prie avec des larmes Voit moins le temple que le Dieu.
Le désespoir n'est qu'un manque d'imagination.
Le hasard aime à servir celui qui suit toujours une même pensée.
La vraie révolution de l'Education nationale n'est pas de doubler le budget mais de changer la mentalité des fonctionnaires.
Je dois être entré dans la phase de cristallisations des souvenirs, dont parte Stendhal. Mes souvenirs continuent à briller comme les étoiles mortes. Le passé me semble parfait, le futur n'est pas très sur, je préfère conjuguer l'irréel du présent.
Bien des hommes cachent, autant qu'il le peuvent, la noirceur et la méchanceté de leur coeur.
Quand le venin de la malveillance s'insinue dans un coeur, il double le fardeau de celui qui nourrit ce mauvais sentiment: il sent le poids de ses propres malheurs et la vue du bonheur d'autrui le fait gémir.
L'usage du vin est affaire de modération. Le vin réchauffe et réjouit, on en donne aux faibles pour les conforter mais aux malades enfiévrés. La sobriété n'est pas abstinence, c'est la mesure de cette boisson délicieuse.
Le patriarcat n'est pas un simple système d'oppression sexuelle. Il est aussi l'expression d'un système politique qui a pris appui, dans nos sociétés, sur une théologie.
Assis ou debout, le crapaud est toujours le même.
Le bonheur dépend plus du cadre interne de l'esprit d'une personne que des aspects externes du monde.
Nous sommes sur un terrain dangereux lorsque le gouvernement choisit les gagnants et les perdants dans l'économie en subventionnant les produits et les industries favorisés.
Peu importe la manière dont on l'appelle... Le soleil reste le soleil. Sa lumière reste sa lumière.
Parfois, les enfants doivent montrer le chemin à leurs parents.
Je vais le ramener à la maison !
Le passé est le passé. Ne le laisser pas vous tuez.
Un singe américain, après s'être saoulé au cognac, ne le toucherait plus jamais et est donc beaucoup plus sage que la plupart des hommes.
Il n'y a rien de cliniquement mauvais avec moi, seulement un déséquilibre émotionnel - je passe trop vite de l'enthousiasme le plus fou au désespoir le plus noir.
Je suis le champion de la décontraction apparente.
J'ai le sentiment que j'ai toujours fait ce que je voulais tout au long de ma vie.
J'accuse les équipes de droite depuis 2002 de démolir sciemment et méthodiquement le système éducatif républicain pour orienter les gens vers les systèmes privés.
Ô vous qui croyez ! Le jeûne vous a été prescrit comme il l'a été à ceux qui vous ont précédés : puissiez-vous être craintifs et pieux !
Je suis habitué aux mots depuis très longtemps. Je sais que même le mot "amour" est comme tous les autres : juste une forme pour combler un vide.
On a le droit de dire du mal des femmes ; on n'a pas le droit de dire du mal d'une femme.
Dieu Tout-Puissant planta tout d'abord un jardin. Et, vraiment, c'est le plus pur des plaisirs humains.
On n'est pas né pour la gloire, lorsqu'on ne connaît pas le prix du temps.
L'expérience s'achète par le malheur.
S'il est important de bien conduire un mouvement revendicatif, il faut aussi savoir le terminer.
Qu'est-ce que la fiction sinon ce retour sur soi et, par conséquent, cette nouvelle histoire des rapports avec les autres tels que le récit les découvre. Ainsi gagne sur la vie la littérature.
Le savoir sans le savoir, c'est ce qu'on appelle l'instinct.
Les certitudes valent bien le temps qu'on y met quand elles vous servent pour toute une vie.
Ce qu'aucun oeil humain n'est capable d'attraper, aucun crayon, pinceau, plume de fixer, ta caméra l'attrape sans savoir ce que c'est et le fixe avec l'indifférence scrupuleuse d'une machine.
Aimer n'est pas, ne peut pas être le seul objectif d'une vie. Ce n'est qu'une sorte de vanité déguisée.
Les préjugés sont comme un cheveu sur la joue. Vous ne pouvez le voir, vous ne pouvez le toucher, mais vous essayez toujours de l'enlever car c'est une sensation irritante.
Le gouvernement est comme toutes les choses du monde ; pour le conserver il faut l'aimer.
Il existe, dans le domaine sentimental, une virginité des mots ; ils la perdent non d'être prononcés, mais entendus une première fois.
Le meilleur moyen d'éviter la propagande, les mensonges, les faussetés, c'est de cesser de lire.