Un seul nuage suffit à éclipser tout le soleil.
Le rêve n'épargne rien, et pourtant il n'oblige jamais.
Le commandement appartient naturellement au meilleur.
Plein d'agrément est le vieillard qui sait à la fois plaisanter et parler sérieusement.
Le sourire appartient aux enfants, et aux hommes qui leur ressemblent.
En un mot, il ne s'agit pas tant pour la religion de s'ouvrir que de se dresser, et le véritable attrait qu'elle exerce sur les âmes fortes est bien plus dans l'effort qu'elle leur demande que dans la facilité où elle s'abaisse.
Sans spiritualité, on prend le risque d'être rattrapé par un sentiment de manque, de vide, de solitude à certains moments de notre vie. Et pas de chance, ce seront souvent les moments les plus importants : adversité, maladie, épreuve, deuils...
L'amour est une affaire intime, étrange et pleine de contradictions. On peut aimer quelqu'un parce qu'on s'aime soi-même, par égoïsme, convoitise, par désir ou par besoin de dominer l'objet de cet amour, le soumettre ou, à l'inverse, se livrer à lui.
Qui veut comprendre le poète, écrit Goethe, doit se rendre au pays de la poésie. En général, ce n'est pas le poète qui est incompréhensible ou obscur.
Les livres que l'on a écrits dans le passé réservent deux surprises : on ne pourrait plus les écrire et on ne le voudrait pas.
Beaucoup peut être fait, mais tout le monde ne réussit pas tout de suite.
Qui met à profit le temps n'en perd pas une minute.
Tel que vous envoyez l'écho dans le bois, l'écho vous le renvoie.
Par beau temps tout le monde veut gouverner le vaisseau.
Par trop de soucis, nous vieillissons avant le temps.
Sur le point d'achever un livre, il vous semble que celui-ci commence à se détacher de vous et qu'il respire déjà l'air de la liberté
Il y aura, chez le romancier, le regret de n'avoir pas été un pur musicien et de n'avoir pas composé Les Nocturnes de Chopin.
Le cinéma est le plus totalitaire des arts.
Le bonheur n'est pas dans les événements. Il est dans le coeur de ceux qui les vivent.
Le monde est bien plus passionnant quand on ne voit pas seulement de lui ce qu'il daigne nous montrer, mais aussi ce qu'il nous cache.
Le moi est haïssable... mais il s'agit de celui des autres.
Il revient à chacun de privilégier le droit à la dignité plutôt que le droit d'être le plus fort.
Dans le cocufiage mutuel le seul problème réel est un problème d'horaire.
Penser sur des maximes c'est se reconnaître et reprendre le gouvernement de soi.
Le seul domaine où le divin soit visible est l'art, quelque nom qu'on lui donne.
Pour éteindre le remords, il n'est que de renouveler souvent l'acte qui l'a fait naître.
Un jour vient où vous manque une seule chose et ce n'est pas l'objet de votre désir, c'est le désir.
Ne soyez jamais un précurseur : c'est toujours au premier chrétien qu'échoit le plus gros lion.
Serment de maquerelle, on le pèse sans peine. Serment de maquereau pèse une araignée d'eau.
Chat. Automate doux et indestructible fourni par la Nature pour prendre des coups de pied quand quelque chose ne va pas dans le cercle familial.
Beaucoup de ses mérites, le saint les doit à son expérience comme pécheur.
Qu'un homme est méprisable, à l'heure du trépas, Lorsque, ayant négligé le seul point nécessaire, Il meurt connu de tous et ne se connaît pas.
C'est déjà un malheur d'être le premier à annoncer un malheur.
Le mariage, c'est comme la poussière, ça se fait tous les jours !
Si le monde tolère un malheur, n'est-ce pas pour le façonner à son usage, en tirer profit, le bâter, lui mettre un mors, une housse, le monter, en faire une joie ?
Il faut parfois faire ce que nul ne vous demande ni n'attend de vous. Pour se prouver à soi-même que l'on existe, que l'on est homme, que le monde a un sens.
Le plus aigu du mal vient de la peur.
Le propre des apothéoses est, hélas, de déboucher sur le déclin.
L'envie et le mépris sont des alliés naturels.
Quand on est sur le point d'abandonner, c'est le moment de continuer.
Le bon voyageur n'a pas d'itinéraire et n'a pas l'intention d'arriver.
Si tu veux vraiment faire plaisir aux pauvres, montres-leurs que le bonheur existe.
Le théatre est un problème social comme toutes les questions artistiques.
Faire du vélo, aller danser, pouvoir siffler, regarder le monde, me sentir jeune et libre : j'ai soif et faim de tout ça et il me faut tout faire pour m'en cacher.
Le théâtre est né de l'Histoire. Mais l'Histoire, elle, doit tant au théâtre !
Il neige au fond de soi, dans un hiver inaccessible où le léger l'emporte sur le lourd.
- Pourquoi doit-on se lever pour écouter un hymne international ?- Parce que si tu restes assis, t'entends rien. Les hymnes nationaux ont cette particularité qu'ils s'écoutent avec le trou du cul...
Comme un départ au loin sur les oiseaux qui tremblent...Comme une incertitude où bout le mimosa...Comme une lèvre détachée de son vieux rire...Comme une transparence aux trois miroirs brisés...
Si t'as le bec fin,S'il te faut du vinD' premièr' classe,Va boire à Passy,Le nectar d'iciTe dépasse.Mais si t'as l' gosierQu'une armur' d'acierMatelasse,Goûte à ce velours,Ce petit bleu lourdDe menaces.
Si Dieu avait eu besoin d'être adoré, il n'eût créé que des chiens : le chien est plus apte que l'homme à l'amour.