- Prier, toujours prier, ça sert à quoi ? La réponse est sans hésitation :- Ça sert à prier.
La flatterie ne fait vraiment du tort qu'à ceux qui l'acceptent et s'en délectent.
S'accepter comme colonisateur, ce serait essentiellement [...] s'accepter comme privilégié non légitime, c'est-à-dire comme usurpateur. L'usurpateur, certes, revendique sa place et, au besoin, la défendra par tous les moyens. Mais, il l'admet, il revendique une place usurpée. C'est dire qu'au moment même où il triomphe, il admet que triomphe de lui une image qu'il condamne.
Rappelons que l'état est le système qui détermine où et comment la coercition est systématiquement appliquée.
Tout ce qui survit d'élémentaire dans l'homme moderne revient irrésistiblement à la surface : ces molécules pulvérisées se regroupent suivant des principes qui correspondent à ce qui subsiste d'essentiel dans les couches populaires les plus profondes.
Partout la jalousie est un monstre odieux : rien n'en peut adoucir les traits injurieux, et plus l'amour est cher qui lui donne naissance, plus on doit ressentir les coups de cette offense.
J'essaie de prêcher l'idée que si nous ne prêtons pas attention à l'histoire, nous sommes destinés à la répéter.
Ne sous-estime jamais la vanité d'un écrivain, et particulièrement celle d'un écrivain médiocre.
Mes enfants aiment ma mère et je dis à mes enfants que ce n'est pas la même femme avec laquelle j'ai grandi. Dorénavant, c'est une vieille femme qui essaie d'entrer au paradis.
J'ai toujours cru que les femmes ne sont pas des victimes. Nous sommes des agents du changement. Nous sommes les moteurs du progrès. Nous faisons la paix. Mais nous avons besoin qu'on nous donne une chance [de le prouver].
Murmure, murmure, murmure... On a presque l'impression qu'Alison est encore là.
Supporter de vivre jusqu'à la mort.
Il n'y a point de grandeur dans un pays sans la guerre.
Si l'homme réalisait la moitié de ses désirs, il doublerait ses peines.
A la toute première ligne, Sade explique que, quelque dégoût et quelque horreur qu'il éprouve à l'égard de tout ce qu'il va raconter, l'homme de lettres doit être assez philosophe pour dire la vérité.
Comme toutes les conceptions trop étroites des écoles socialistes qui nous ont précédés, devrait à présent être dépassée, puisqu'elle ne crée que de la confusion dans les esprits et qu'elle a été remplacée par des conceptions plus précises et répondant mieux aux réalités.
On voit ainsi se manifester à la fois la "rage de lire" des femmes et la réprobation de leurs contemporains masculins. L'adolescente qui s'adonne à la lecture de romans - mais la poésie peut être tout aussi pernicieuse - renie son innocence première et se fabrique un paradis artificiel.
Comment peut-on être si lourde de tant de rien impudent, magnifié ? Toujours ouverte sur les marchés de l'été, la pastèque s'exhibe en recours absolu contre une soif qui jamais ne s'étanche.
Je suis convaincu que nul homme ne comprend jamais tout à fait ses propres esquives et ruses pour échapper à l'ombre sinistre de la connaissance de soi.
Décrire appartient à la peinture. La poésie peut aussi, en cela, s'estimer heureuse, en comparaison de la musique ; son domaine n'est pas aussi limité que le mien ; mais, en revanche, le mien s'étend plus loin dans d'autres régions ; et l'on ne peut pas atteindre si facilement mon empire.
On écrit moins sur la Chine, au fond, que sur soi-même face à la Chine: elle est révélatrice encore plus que révélée.
L'intelligence, c'est l'amour avec la liberté.
Les peuples d'Occident ont l'esprit préoccupé par la matière. Ils s'arrêtent aux choses présentes ; ils vivent dans l'obsession de l'argent, des biens matériels de la puissance et de la domination sur les autres.
Roulez ! Montez sur tous les obstacles et gagnez la course.
La réponse impromptue est précisément la pierre de touche de l'homme d'esprit.
La médiocrité est ma plus grande peur. Je n'ai pas peur de l'échec total parce que je ne pense pas que cela arrivera. Je n'ai pas peur du succès parce que ça vaut mieux que l'échec. C'est être au milieu qui me fait peur.
La sagesse conventionnelle peut nous causer beaucoup de problèmes, surtout en tant qu'artistes.
Ma voix avec l'âge a descendu. Ce que j'ai gagné en grave, je l'ai perdu en aigu. Je veux me protéger et surtout ne pas faire l'album et la tournée de trop.
Pourquoi les gens qui veulent la vérité ne la croient jamais quand ils l'entendent?
On ne se touche plus car tout contact est sexualisé, et aussi car on n'a plus besoin d'engager le corps de l'autre pour communiquer avec lui, à cause de la technologie.
Il y a une grande analogie entre la tyrannie de tous et la tyrannie d'un seul.
Mais moi quand je dis une chose, je dis la vérité!
Géographe. Individu qui peut vous dire à brûle-pourpoint la différence qu'il y a entre l'extérieur et l'intérieur du globe.
La haine n'est pas un bas sentiment, si l'on veut bien réfléchir qu'elle ramasse notre plus grande énergie dans une direction unique, et qu'ainsi, nécessairement, elle nous donne sur d'autres points d'admirables désintéressements.
Le vent tout seul ne fait pas de bruit, c'est quand il souffle dans les branches qu'on l'entend., autant dire que c'est la branche qui fait le vent, il lui doit tout...
Une émotion passagère ne peut se manifester que parce qu'il existe chez le sujet une potentialité durable, un non-manifesté dont elle est l'expression. La prétendue cause extérieure n'est que le facteur excitant d'une émotion qui était déjà là à l'état latent.
La vie, pour être vaste et pleine, devait, à chaque moment du présent, contenir le soucis du passé et de l'avenir. Notre tâhe quotidienne doit être accomplie pour la gloire des morts et pour le bien de ceux qui qui viendront après nous.
Je ne l'ai pas connue à ses débuts mais cela fait tout de même quarante ans que nous nous fréquentons : la télévision aura été - est encore- l'une de mes occupations favorites. J'ai pour elle plus d'amour que de détestation.
J'aimerais t'emmener au pays aymara dans le nord Chili. Là-bas, derrière les nuages qui ne quittent jamais la mer et n'arrosent jamais la terre, il y a des villes comme des bateaux ensablés.
Ce qui unit les humains et les chats, au-delà des caresses, c'est le sommeil. Où qu'ils soient, les petits félins vous invitent à l'assoupissement, dans la chaleur de leur fourrure soyeuse. Pouvoir dormir côte à côte, des heures durant, sans bouger est une forme d'intimité plus profonde que le langage ou les jeux.
L'homme de la nature est le chef et le roi.
Rêver : que la beautéSoit vérité, la mêmeÉvidence, un enfantQui avance, étonné, sous une treille.Il se dresse et, heureuxDe tant de lumière,Tend sa main pour saisirLa grappe rouge.
Appris une curieuse monstruosité. Il y a des femmes qui se font endormir pour échapper aux douleurs de l'enfantement. Cela me rappelle la grande dame du XVIIIe siècle, qui se soûla pour mourir. Mais cette nouveauté est peut-être plus démoniaque.
Sur ce qu'il vient d'écrire dans la journée, il a des peurs nocturnes. La nuit, fantastiquement, ramène tout à l'imaginaire de l'écriture : l'image du produit, le potin critique (ou amical) : c'est trop ceci, c'est trop cela, ce n'est pas assez... La nuit, les adjectifs reviennent, en masse.
En France, on compterait entre 1 et 2 millions de végétariens, soit entre 1,5 et 3% de la population. Les végétariens seraient donc aussi nombreux, sinon plus, que les chasseurs (1,2 millions environ). Pourtant, ils intéressent beaucoup moins les hommes politiques, car leur pouvoir de lobbying est bien moins fort.
Il y a peu encore, il pensait que les collabos s'étaient eux-mêmes retranchés de la communauté des hommes. Ils avaient un visage différent. Ils seraient exécutés le jour de la libération. Et maintenant, à sa grande stupeur, ils lui apparaissaient comme des hommes.
Un texte est composé d'une forme, d'un contenu et d'un sens. Les gens ordinaires s'arrêtent à la forme. Les gens intelligents comprennent le contenu. Et les Sages en saisissent le sens.
La faim enseigne l'art du pain.
Rêver est une chose, et travailler à la réalisation du rêve est une chose, mais travailler avec des attentes à l'esprit est très voué à l'échec.
Il y a une mélancolie qui vient de la grandeur.