Ou la vérité donne la force, ou la vérité déséquilibre, accentue les dissymétries et fait pencher finalement la victoire d'un côté plutôt que de l'autre : la vérité est un plus de force, tout comme elle ne se déploie qu'à partir d'un rapport de force.
Au début, on se raconte tout, j'imagine. Après quelques années, on n'a plus rien à se dire, on se contente d'analyser les moindres inflexions perçues dans la voix de l'autre.
La sensibilité pour les malheurs qui ne sont pas personnels est d'une mince épaisseur !
À quoi la musique fait appel en nous, il est difficile de le savoir. Ce qui est certain, c'est qu'elle touche une zone si profonde que la folie elle-même n'y saurait pénétrer.
Waddington a raison : L'homme est un animal porté à croire. Il lui faut sécréter de la certitude comme le colimaçon de la coquille : pour s'enfermer dedans.
C'est au contraire du fait que nous sommes humains, et que nous vivons dans la sombre perspective de la mort, que nous connaissons la violence exaspérée, la violence désespérée de l'érotisme.
Huysmans tasse des idées dans un seul mot et commande à un infini de sensations de tenir dans la pelure étriquée d'une langue despotiquement pliée aux dernières exigences de la plus irréductible concision.
Le psychotique vit dans la crainte de l'effondrement.
Le passé est indistinct de la culture, et celle-ci indistincte de la mémoire.
J'ai toujours fait en sorte que, même en employant des métaux et des choses un peu bizarres, que la femme belle, qu'elle soit une déesse, comme une extraterrestre, comme un rêve.
La chose la plus importante que j'ai apprise est que les soldats observent ce que font leurs chefs. Vous pouvez leur donner des cours et leur donner des conférences pour toujours, mais c'est votre exemple personnel qu'ils suivront.
L'industrie de la télévision est écrasante, destructrice de talents et destructrice d'êtres humains.
La télévision, c'est l'anti-spectacle. Remarquez : ça permet aux grincheux de se soulager.
L'indulgence c'est la forme aristocratique du dédain.
La liberté n'est jamais si bonne à vivre que lorsqu'elle arrive sans être annoncée.
Si l'homme avait des yeux tout autour de la tête, "devant" et "derrière" n'existerait pas pour lui.
Les hommes n'aiment pas la mort, parce qu'ils n'aiment pas la paix.
Il y a tout lieu de s'inquiéter quand la police est "sur les dents" : la position ne permet pas d'attraper grand-chose.
La Tombe est une boîte où l'on en place une autre.
La propriété littéraire est une propriété.
Les filles, l'homme parfait n'existe pas, je vous le dis tout de suite, c'est fini, il est mort ! Alors, j'ai décidé de monter une brigade. Ouais ! Parce qu'il y a plus que des bâtards. C'est la Brigade Anti Bâtards ! Je déclare la guerre aux hommes sales et aux portefeuilles secs !
Tous les voyeurs morbides entrent par la petite porte et sortent par l'entrée. Il paraît que tout ce qu'ils voient d'elle, c'est qu'elle a l'air toute vieille et mitée, et son nez a déjà pourri... (parle de la mort d'Édith Piaf)
La façon dont les gens vous traitent est en grande partie hors de votre contrôle. La façon dont vous réagissez est entièrement sous votre contrôle.
Quand la télévision daigne diffuser une pièce de théâtre de qualité, elle le fait tard, à l'heure du porno.
Ce qui instruit les sots, ce n'est pas la parole, mais le malheur.
La littérature est une blessure par où jaillit l'indispensable divorce entre les mots et les choses. Par cette plaie, nous pouvons perdre tout notre sang.
- Berk ! Les humains s'embrassent avec la langue.- C'est pas sale. Eux ne se lavent pas le cul avec.- Quoi !? Tu veux dire qu'en plus, quand ils s'embrassent, ça n'a pas de goût ?
Inventée pour permettre à son propriétaire d'aller où il veut, à l'heure et à la vitesse de son choix, la bagnole devient, de tous les véhicules, le plus serf, aléatoire, imprévisible et incommode.
Je trouvais intéressant de me restreindre et de n'opérer des modifications qu'à hauteur de 3% parce que je ne veux pas d'une autre chaussure. Je veux pouvoir reconnaitre la chaussure que j'ai déjà.
La raison vole En suivant les sens, sur les ailes coupées.
Quand vous échappez à un piège, vous avez droit déjà à une bonne nouvelle; et après une fois que vous avez échappé à ce piège et bien il va falloir travailler pour transformer l'essai (...): comment on évite à l'Europe de s'embourber dans la crise économique et sociale ?
Nous sommes tous motivés par la simple conviction que le monde tel qu'il est ne suffira pas - que nous avons l'obligation de nous battre pour le monde tel qu'il devrait être.
La vieillesse ne m'empêche pas de penser à l'avenir.
Les paroles [de la Marseillaise] sont d'un ridicule ! Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont sous l'Arc de triomphe, et on est en train d'abreuver nos sillons d'un sang impur!
Pendant des années, j'ai surfé sur la logo mania notamment avec la Griffe du tigre de Ted Hardy, Von Dutch, Ed Hardy plus Tatoo et Christian Audigier, beaucoup plus bling-bling. Là, je suis devenu un peu plus sage... Il faut s'adapter à ce qu'il se passe dans le monde avec la crise !
J'ai grandi avec une maison pleine de chiens. Ma mère était une grande amoureuse de la nature et nous a appris à avoir presque un sens religieux du respect pour le monde naturel.
Réaliser, c'est bien plus que savoir faire un champ-contrechamp il me semble, non ? Et là je les vois tous devenir cinéastes, les Lellouche, les Dujardin, etc. Est-ce que c'est là qu'ils sont le plus intéressants ? Je ne crois pas.
Il m'est apparu une fois de plus qu'il y a dans la douleur autant de regrets pour ce que l'on n'a jamais eu que de tristesse pour ce qu'on a perdu.
Il y a ceux qui posent la question et ceux qui y répondent en la déplaçant.
Irréfléchi. Insensible à la valeur de votre conseil.
Souvent les héritiers qui ont grandi dans la richesse ne savent forger leur volonté.
La télévision n'est pas faite pour être regardée mais pour qu'on y passe.
Oui, la vérité éthique est commune. La lecture de la Bible, même si elle est diverse, exprime dans sa diversité ce que chaque personne apporte à la Bible. La condition subjective de la lecture est nécessaire à la lecture du prophétique.
Au cours de la première année, j'étais le chouchou des metteurs en scène. Ils me confiaient en général les rôles principaux. Je commençais à me dire que j'étais de la graine dont on fait les vedettes.
Ce que nous demandons au cinéma, c'est l'impossible, c'est l'inattendu, le rêve, la surprise, le lyrisme qui effacent les bassesses dans les âmes et les précipitent enthousiastes aux barricades et dans les aventures.
Quant à la gestuelle des textos, elle crée dans les rues, les transports, les bureaux, une chorégraphie digitale de clones que je suis la seule à trouver grotesque. La ville est peuplée d'autistes qui parlent tout seuls sans se regarder.
Que la confiance s'étiole, la crise couve ; qu'elle grandisse, l'argent circule, l'industrie s'anime, le rendement de l'ouvrier s'accroît, les relations commerciales deviennent faciles et rapides, on gagne du temps et la collectivité s'enrichit.
Nous avions quitté le monde des femmes, de la campagne de la bienvaillance, nous entrions dans celui de la ville, des hommes, de leurs combats, de leur rage à se mesurer les uns aux autres, désormais les dangers nous cernaient de toute part.
La peur et la joie suscitées par les scandales du Panama avaient dans cet après-midi tragique pour résultat et pour sommet l'ivresse de Reinach. Un homme saturé d'émotions violentes s'enfonce dans une sorte de stupeur qui, chez un heureux, s'appelle extase, et qui, chez celui-ci, doit s'appeler hébétude.
Si loin que je recule dans mes souvenirs, j'entends mon père me raconter l'épouvante que ce fut dans Colmar quand on sonna le tocsin pour la défaite de Woerth. Tout petit, j'avais l'impression d'avoir souffert pour la France.