Seulement à l'oreille grossière de quelqu'un qui est tout à fait indifférent, le chant d'un oiseau semble toujours le même.
L'imagination est aussi vaste qu'une nébuleuse et peut se révéler aussi époustouflante.
Les gens courent toujours après le temps, mais c'est toujours le temps qui les rattrapent.
Le hasard est la liberté des choses, l'impression que nous avons de la pluralité et de l'indifférence des solutions.
Il est grisant de pouvoir tout dire à qui peut tout entendre.
L'ambition est comme un médicament, il faut en prendre la dose prescrite, car elle peut être soit bénéfique, soit nocive.
Si on pouvait recouvrer l'intransigeance de la jeunesse, ce dont on s'indignerait le plus c'est de ce qu'on est devenu.
L'ennemi le plus dangereux d'un souverain, c'est sa femme, si elle sait faire autre chose que des enfants.
Un homme est toujours la proie de ses vérités.
C'est une perfection de n'aspirer point à être parfait.
Il est à peu près évident que ceux qui soutiennent la peine de mort ont plus d'affinités avec les assassins que ceux qui la combattent.
Oui : ce seul mot qui cimente tous les mariages n'est peut-être si court que parce qu'on craint la réflexion.
Le lagon est à la lagune ce que chacun est à sa chacune.
J'ai été riche et j'ai été pauvre... Croyez-moi, riche, c'est mieux !
La littérature est un métier où il faut sans cesse recommencer la preuve qu'on a du talent pour des gens qui n'en ont aucun.
Entre deux hommes qui n'ont pas l'expérience de Dieu, celui qui le nie en est peut-être le plus près.
Dieu n'est que l'image de quelque chose, principe, force, idée, esprit, volonté, que nous ne pouvons concevoir ni nommer.
C'est notre faiblesse qui dose de démence nos espoirs.
La joie, c'est comme le malheur, ça vous tombe dessus sans ménagement.
C'est dans le mépris du lecteur qu'on fait des oeuvres qui le respectent.
Celui qui réclame pour tous, reçoit pour soi. Et celui qui réclame pour soi, est frustré de tous. C'est la loi.
La volonté de Dieu est dans les événements.
L'interminable débat sur la peine de mort n'est pas juste à l'égard de celui qui prémédite un meurtre.
Qu'est-ce que la sagesse, sinon ce que l'on a retenu de son passé et que l'on ne veut pas répéter.
Le premier péché est celui du regard. Il s'agit de se faire complice.
Travail et amour, c'est deux roues énormes sur lesquelles roule le chariot du monde.
Les parents ne devraient jamais se réjouir d'avoir des enfants trop sages. Ce n'est jamais qu'une façon de déserter.
Le commerce est le plus grand de tous les intérêts politiques.
S'instruire, c'est jeter de l'argent et le récupérer plus tard.
Le théâtre est le seul lieu où il y a une rencontre entre l'écriture et l'oral - ce que n'offrent ni le cinéma, ni la télévision.
Le sport est l'espéranto des races.
Il faut rendre à César ce qui est à cézigue.
Londres est une ville de brouillards et de charbon de terre : au bout de huit jours, une chemise n'y est plus mettable.
On n'est pas moins injuste en en faisant pas ce qu'on doit faire qu'en faisant ce qu'on ne doit pas faire.
Pour certains journalistes, l'humour est une langue étrangère. Ils ont besoin de sous-titres.
Le sport est élémentaire : objet, objectif, mettre objet dans objectif et gueuler comme des écartés.
L'amour et la beauté sont les noms humains de Dieu, les éprouver c'est avoir la sensation du divin.
L'homme se fait ; il n'est pas tout fait d'abord, il se fait en choisissant sa morale, et la pression des circonstances est telle qu'il ne peut pas ne pas en choisir une.
Tous les humains et toutes les civilisations ont besoin de mythes. C'est ce qui les branche sur l'immensité de la condition humaine.
Rien n'est pire que le rêve qui ne débouche sur rien.
Le goût est tout en art, qui nous retient d'écrire une chose moins bien que telle autre.
Le peintre qui s'apprête à peindre le soleil fait des théories, et, quand il veut commencer, le soleil n'est plus là.
Quand tout le monde veut la même chose, c'est qu'il y a une raison.
L'oeuvre est plus complète quand on n'en retranche point tout le faible et le mauvais.
L'adolescence est le temps où il faut choisir entre vivre et mourir.
La légende, qu'est-ce, sinon une ligne qui, partie d'une vérité, revient à cette vérité après avoir fait le tour du ciel ?
La beauté n'est pas dans les choses, elle est dans nos yeux.
Être sans étiquette, c'est être sans visage.
Il en est des générations des hommes ainsi que des feuilles sur les arbres.
L'intensité du regard d'un bébé qui tète est vraiment poignante, c'est l'intensité de l'être qui est conscient qu'il contribue au vivre du monde entier.