Une fois la passion tournée en ridicule, tout est défait hormis l'argent et le pouvoir.
Il en est peu d'entre nous qui n'aient été tentés à un moment donné de prendre pour la paix de leur conscience le confort et la sécurité de leur derrière.
Il y a deux buts dans la vie : obtenir d'abord ce que l'on désire, ensuite en jouir. Les sages seuls atteignent le second.
En France, nous avons nos réserves d'imbéciles comme les réserves de Peaux-Rouges en Amérique : ce sont les intellectuels. On est sûr de ne jamais en manquer.
En ce qui concerne le sexe, les simples gens sont trop simples et les gens intelligents ne le sont pas assez.
Haïr quelqu'un c'est encore le porter en soi...
Ne cultivons pas notre peine, L'éternité s'en chargera.
De tous les sentiments dont le coeur de l'homme est capable, il n'y a que l'amour de Dieu par où l'homme puisse rendre en quelque manière la pareille à Dieu.
La vertu fascine mais il y a toujours en nous l'espoir de la corrompre.
Ce sont les gens carrés en affaires qui les mènent souvent le plus rondement.
Un roman n'est intéressant que si son auteur se remet en question et s'expose à ce qu'on lui dise : " C'est illisible".
Les mots en ont toujours un pour rire.
La civilisation boutiquière s'obstinait. On disait qu'elle craquait. Mais tout en craquant elle s'obstinait.
Il n'y a pas de pensée sans corps, mais en même temps, il n'y a pas non plus de corps sans pensée.
Lorsqu'on cesse de boire à la source des rêves, le développement ne se fait qu'à moitié. En haut, quelque chose manque.
Je déteste le piano. Surtout quand quelqu'un en joue.
Si une société est une unité dans la diversité, il s'en faut de beaucoup que cette unité soit automatique.
Le cinéma n'est pas fait pour gagner de l'argent, mais pour en perdre.
Faites attention de ne pas perdre la substance en empoignant les ombres.
Il y a de bons moments dans notre travail, d'autres très longs ou qui sombrent dans une écrasante banalité. Il y a les bonds en avant, les régressions les jours où sentant qu'il est trop agité je l'emmène promener. Parfois nous allons voir des musées, des expositions ou des magasins qui ne l'effraient pas.
Car la vie, j'en suis convaincu, est faite de poésie. La poésie n'est pas étrangère à la vie.
C'est une telle expérience de dingue d'être chaque soir face au public. Rien ne peut remplacer ça, cette remise en question quotidienne.
Je suis libre d'avoir une opinion - et c'est déjà très beau - mais je voudrais bien être libre aussi de n'en pas avoir.
En art, toute répétition est nulle.
Qui crie à la naissance, en mourant comprend pourquoi.
Ce n'est pas en remettant au lendemain que l'on remplit sa grange.
Il faut toujours dire beaucoup de choses en peu de mots.
La seule façon de conserver un avantage sur l'adversaire, c'est d'attaquer en premier.
L'un des grands avantages d'un voyage (en Afghanistan), c'est que, si l'on sait attendre, il se produit quelque chose.
Ce qui me terrifie le plus chez les vieux c'est de savoir qu'un jour j'en serai un.
En faisant l'acteur, on devient une espèce d'animal intuitif.
C'est après-demain la grande immigration. L'écliptique deviendra une petite spirale violette. La terre aura deux chignons de verdure et une ceinture de chasteté en glace.
Elle était riche d'un passé tumultueux, hésitant. Elle avait la souplesse d'un animal et la liberté offerte. Elle semblait, en ces instants, une vague heureuse, épuisée, dirait Camus, qui s'abandonne sur la grève. Elle était femme des turbulences et cherchait un abri. Elle était rieuse et douloureuse à la fois, c'est-à-dire doulourieuse.
Mon coeur est tout pareil à ces matins voilésD'automne où le soleil des beaux jours en allés,Vaporeux à travers le ciel mélancolique,Épanche une langueur de lumière angélique...
Un artiste est quelqu'un qui se lève le matin et se couche le soir en pensant à l'art.
En affectant non seulement santé et hôpitaux, mais transports, commerces, écoles, réunions, perturbant économie mondiale et économies nationales, le virus (Coronavirus) révèle la complexité des interdépendances et inter-rétroactions de notre monde humain.
Nous vivons aujourd'hui une crise aiguë des langues. Jadis tenues pour trésors, elles tombent en mésestime, chacun saccage la sienne, comme on a fait de la terre.
- Plutôt dur pour un valet, ce gars-là. Il ressemble plus à un flic. - Je crois qu'il l'a été. [Le valet en question les rattrape] - Oh merde merde !!
C'est faire en homme sage de ne parler jamais en superlatifs, car cette manière de parler blesse toujours, ou la vérité, ou la prudence.
Il est plus facile d'aimer l'humanité en général que d'aimer son voisin.
Est-ce que Dieu existe ? Si tu crois en lui, il existe ; si tu n'y crois pas, il n'existe pas.
Un soldat en temps de paix est comme une cheminée en été.
Tout n'est pas perdu quand on a fait une grosse bêtise. Il reste a en tirer vanité.
Certains qui ont vu clair doivent souvent s'en tirer en feignant d'être aveugles.
Je fais l'amour mais c'est de telle sorte Que seulement du plaisir j'en rapporte, N'engageant point ma chère liberté.
En politique, il n'y a pas de traîtres, il n'y a que des perdants.
En essayant de donner de soi-même, on se rend compte que l'on n'est rien.
Il en est des paysages comme des hommes : il faut un peu les vivre pour pénétrer leurs secrets.
L'univers est peut-être une "machine à faire des dieux". Mais la vraie foi consiste à parier que l'espèce humaine est capable d'incarner Dieu, de le réaliser, "d'en finir avec lui" en inventant sa propre humanité.
Quand un homme est amoureux, il ne lui vient pas à l'idée que la femme ne s'en est pas aperçu : il croit l'avoir dit nettement par un ton de voix, un frôlement de main.