Si l'on avait su garder ce patrimoine en France, si l'on n'avait pas exporté cette pratique vers la perfide Albion, si l'on ne s'était pas résigné à abandonner ce sport aux étudiants de la ville de Rugby qui en firent la renommée, peut-être parlerions-nous aujourd'hui du Mortagne-au-Perche à XV, ou du Briouzeman Julien Bonnaire.
La supériorité de la télévision sur la radio : vous n'entendez pas seulement les parasites, vous les voyez.
Les dimanches ratés tournent en robe grise au rythme languissant des valses de l'ennui.
L'historien qui se mêle de juger le passé fait du journalisme dans un autre siècle.
L'esprit de l'homme accroît ses forces en proportion des difficultés que lui oppose la nature.
L'authentique et indiscutable bourgeois est nécessairement borné dans son langage à un très petit nombre de formules.
Incapable de s'accomplir dans la solitude, l'homme dans ses rapports avec ses semblables est sans cesse en danger : sa vie est une entreprise difficile dont la réussite n'est jamais assurée.
Le cri du pauvre monte jusqu'à Dieu mais il n'arrive qu'à l'oreille de l'homme.
Certaines femmes font le malheur de dizaines d'hommes. D'autres s'acharnent sur un seul : ce sont les femmes fidèles.
Un livre tout entier d'argot est plus ennuyeux qu'un rapport de la Cour des comptes.
Qui de nous en tout temps est fidèle à soi-même ?
Les auteurs qui ont écrit sur le mépris de la gloire ont mis leur nom en tête du traité.
Les touristes ont horreur de regarder. L'appareil regarde pour eux. Quand ils ont fait clic-clac, ils sont apaisés, ils ont amorti leur voyage. Les piles de photos qu'ils conservent sont autant de diplômes certifiant qu'ils se sont déplacés.
L'âme la plus pénétrée d'amour ne peut pas s'empêcher de pousser de petits cris de souris.
A quoi bon poursuivre de vains fantômes ? Le sort se plaît à faire échouer les plus ardents projets des hommes.
Dire qu'on peut vivre des années auprès de quelqu'un et qu'il reste quand même un étranger. Est-ce qu'il faut mourir pour que les autres s'aperçoivent qu'on a existé ?
Il ne s'agit pas seulement de faire ce qu'on doit, il faut faire plus qu'on ne doit : ne pas se borner à exécuter le minimum de ce qu'on a à faire, car ce minimum risquerait de s'abaisser de jour en jour.
Sans doute nous ne battons plus la table contre laquelle nous nous cognons, mais pour des coups différents, quoique de nature analogue, nous avons inventé le mot destin, que nous nous entendons à accuser.
C'est là un livre dont on dit : « Lisons-le tout de suite pour n'avoir pas à le lire plus tard».
En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Les journaux sont forcément injustes, on montre ses cartes, il y a des versions de tout, [...] ► Lire la suite
Le rire le plus célèbre du quartier restera sans le moindre doute celui de Raymond Queneau
ChanterCe n'est pas ce qu'on vous proclameChanterIl faut s'y jeter à tue-têteA bras le coeur à fendre l'âmeAvec un seul point au programmeCelui de n'être sûr de rienCelui de n'être sûr de rien.
Sans y prêter attention, comme l'oreille s'habitue à un tic-tac d'horloge, on entend le canon. Quand ce sont les 75 de la gare qui tirent, on dirait que leur miaulement traverse la place.
Seul compte l'opinion de mes amis, ma famille, les autres je m'en fiche.
Passé quarante ans, tout le monde ressemble à une ville bombardée. Il tombe amoureux quand elle éclate de rire - au désir s'ajoute une promesse de bonheur, une utopie de tranquillités emboîtées -, il suffira qu'elle tourne la tête vers lui et se laisse embrasser, et il accèdera à un monde différent.
Quand on se retrouve à côté des pestiférés, une fracture nette sépare votre monde de celui des épargnés. On ne veut ni charité, ni empathie. De chaque côté des frontières, les mots n'ont plus le même sens.
Il y a des batailles aériennes d'ondes qui... tourbillonnent entre ciel et terre comme le regret indestructible du suicidé qui à mi-chemin de sa chute du sixième étage, soudain ne voudrait plus mourir.
Si tu n'étais pas morte... Ces mots ne dansent pas sur mon cahier, mais blessent le silence de la marge.
Le vent faillit me faire tomber de la passerelle, dès j'y eus posé le pied. Il venait du désert, libre et sauvage. Il remplit mes bronches d'un seul coup, à éclater de chaleur, d'oxygène et de lumière. Depuis plus de vingt-quatre heures, j'étais mort à toute sensation, sauf à celle-là : l'appel de la vie.
La vie a été un enfer ces dernières années. On se tuait, on se volait, on s'assassinait. Tout le monde se livrait au brigandage. Beaucoup sont devenus fous ou se sont suicidés. Tout ça pour l'or, et cet or, s'est transformé en eau-de-vie...
Il faut de l'âge pour savoir au juste ce que l'on aime.
Nous frapperons l'air neuf de nos têtes cuirasséesNous frapperons le soleil de nos paumes grandes ouvertesNous frapperons le sol du pied nu de nos voix.
Tout le monde a besoin de se sentir supérieur à quelqu'un" dit-elle. Mais d'habitude on présente une petite preuve avant de présenter ce privilège.
Les attentats contre la personne sont une autre sorte de délits que les attentats contre les biens. Les premiers doivent être incontestablement punis de peines corporelles : ni les grands ni les riches ne doivent pouvoir expier à prix d'argent [...] ► Lire la suite
Un gros con à moustache à son fils qui regarde la devanture d'un magasin de chaussures :« Prends-en des costauds avec une coque en fer, pour filer des coups de pied aux couilles, c'est mieux. »
Si tu attrapes un beau bonheur, un papillon rare, sans l'abîmer, si tu le prends dans ta paume et que tu la refermes pour l'emprisonner, il ne reste que de la poussière de bonheur sur les doigts, si tu le piques sur un bois il meurt.
Telle était la fatigue de son long voyage qu'il s'endormit, malgré le trouble extrême de sa pensée, de ce sommeil obscur de la bête recrue, où il n'y a plus place même pour le rêve.
Pourquoi la vie spirituelle est-elle devenue presque un luxe, alors qu'il n'y a rien de plus essentiel au monde ?
À tout bavard, il faut une tribune, faute de quoi il est frustré.
Ne pas s'inquiéter du lendemain, oui, mais à condition de penser à aujourd'hui, de bien vivre aujourd'hui, sinon vous passerez chaque lendemain à réparer les conséquences des fautes commises la veille.
Dans tout ce que vous faites, vous pouvez toujours vous efforcer d'agir de façon à préserver l'ordre et l'harmonie.
Qui travaille avec des ignorants ne recueille jamais de coton.
Qui de vieux se chausse, de peu se hausse.
Les mensonges font le tour de la terre tandis que la vérité essaie toujours de mettre ses chaussures.
Ce n'est pas le moment de s'offrir le luxe de se rafraîchir ou de prendre la drogue tranquillisante du gradualisme.
Une petite rébellion de temps en temps... est un remède nécessaire à la bonne santé du gouvernement.
Les riches, au fond, ne sont jamais qu'une minorité de pauvres qui ont réussi !
Les insultes ne sont que des mots, les crachats ne sont que de l'eau.
J'en ai vu des choses dans ma carrière de danseur étoile !
La deuxième vague est là. Nos services de réanimation sont sous pression. Sans mobilisation collective, ils seront rapidement saturés. Préserver notre système de santé et nos soignants, protéger les Français : tel est le sens des mesures que nous prenons.