La première composante de la personnalité humaine soluble dans l'alcool, c'est la dignité.
C'est plus facile pour un bon ouvrier de devenir un bon bourgeois que pour un bon bourgeois de devenir un bon ouvrier.
Je me demande si la guerre n'éclate pas dans le seul but de permettre à l'adulte de faire l'enfant, de régresser avec soulagement jusqu'à l'âge des panoplies et des soldats de plomb.
Quand on a pris l'habitude de brûler au feu de la politique, si le foyer s'éteint, on reste infirme.
Les hommes de génie font la grandeur intellectuelle d'une nation mais rarement sa puissance.
Les prisons sont bâties avec les pierres de la Loi, les bordels avec les briques de la Religion.
La supériorité de l'allaitement au sein sur le biberon réside essentiellement dans le fait que son emballage est plus agréable à l'oeil.
Les prétentions sont des lettres de change tirées sur l'amour-propre du voisin qui les renvoie toujours protestées.
Les généraux n'ont pas le goût du sang, mais de la tactique. Ce n'est pas du tout la même chose.
Il y a tellement de rebondissements dans mes livres qu'on les croirait en caoutchouc.
La liberté n'est que la femelle de l'honneur.
Les hommes qui ne parviennent pas à être maîtres chez eux et qui ne sont pas le principal objet de sollicitude de leur femme sont toujours des malchanceux.
Peut-être sommes-nous solidaires de ceux qui nous aiment ? L'admiration qu'ils ont pour nous grandit. Qu'on les déprécie, nous sommes dépréciés un peu.
L'homme vit souvent avec lui-même, et il a besoin de vertu ; il vit avec les autres, et il a besoin d'honneur.
De nos jours, la parole est devenue flottante tout comme les devises.
Dieu tient-il tellement à ce que nous parlions de lui ? Ne préfère-t-il pas être un secret à une divulgation ?
On ne peut dicter un aphorisme à une machine à écrire. Cela prendrait trop de temps.
Peut-être bien qu'en ce monde, il y a de plus en plus de gens et de moins en moins de personnes.
Essayer coûte que coûte de n'être qu'un, c'est ignorer nos propres contradictions et vivre dans le mensonge. Alors qu'en exprimant nos contradictions, nous ne nous en portons que mieux !
Nous vivons dans un monde où des activités de plus en plus nombreuses et pressantes concurrencent toujours plus durement celle qui consiste à se préoccuper de la poésie, que ce soit dans les livres ou dans le rapport à soi.
Toutes nos phrases sont dictées par les nécessités et les illusions de notre situation concrète.
Il y avait eu en effet chez Beigbeder, pour autant qu'il s'en souvienne, quelque chose qui pouvait susciter l'affection (...) ; quelque chose qui n'existait pas chez Houellebecq, et chez lui pas davantage : comme une sorte de familiarité avec la vie.
Le pouvoir qui a la main de fer dans un gant de velours, a la peur de la spontanéité, du génie propre, du naturel de la jeunesse. Elle dérange parce qu'elle porte à remettre en question un certain nombre de valeurs reçues et le système.
La première démarche qui s'impose est de prendre conscience que l'amour est un art, tout comme vivre est un art.
S'aimer les uns, les autres, s'aimer tous. Non pas à des heures fixes, mais toute la vie. Aimer les pauvres gens, aimer les gens heureux, aimer l'inconnu, aimer le prochain qui est au bout du monde, aimer l'étranger qui est tout près de chez vous. Aimer.
Nous attendions notre plaisir de ses péripéties enchaînée, campés hors du temps, dans la fumée des pipes et les relents du marc brutal dont les femmes remplissaient nos verres.
La France est tellement le premier des peuples que tous les autres, quels qu'ils soient, doivent s'estimer honorablement partagés lorsqu'ils sont admis à manger le pain de ses chiens.
Sans crier gare, on vient m'arracher tout droit du mitard. La lumière du matin m'éblouit... un peu comme un hibou sorti de son tronc d'arbre en plein jour.
La force d'un homme se mesure à la force de ses amis.
La clé est de tomber amoureux de quelque chose, n'importe quoi. Si votre coeur y est attaché, alors votre esprit y sera attaché.
J'ai toujours beaucoup travaillé et puis j'ai une base de danseuse. (...) Quand je dois danser, je danse. Je ne suis pas paralytique, je marche.
J'ai toujours senti le besoin de dénoncer avec mes photos, les injustices que l'on rencontre.
La moitié de la vérité est souvent un grand mensonge.
Je n'aime pas lire de fiction. J'aime apprendre quelque chose quand je lis.
Avec trois jours de travail par semaine, nous aurions plus de temps pour nous détendre ; pour la qualité de vie.
L'univers tout entier n'est que l'empreinte de la bonté divine.
Il y a juste quelque chose à propos de la danse. C'est comme une chose primordiale en chacun de nous.
Pour une raison quelconque, tous les artistes ont des problèmes d'estime de soi.
La division des hommes en acteurs et spectateurs est le fait central de notre temps.
Tout écrivain peut être heureux d'entendre un écho à ce qu'il a fait, même s'il ne visait pas à cela d'abord. Comme on sait, je suis plutôt quelqu'un qui doute de lui-même et de ce qu'il écrit. Ces échos, en [...] ► Lire la suite
Dans une épidémie que par définition on ne connaît pas : il ne peut y avoir qu'une seule stratégie, celle de la protection maximum.
J'ignore tout de la vie, que saurais-je de la mort ?
Celui qui est rempli de joie prêche sans prêcher.
Un mètre de vert est plus vert qu'un centimètre.
Je pense que j'ai dépassé l'âge de me perdre.
Le sens de soi, et la façon dont on l'associe, est peut-être le cadeau le plus précieux et poétique dans l'arsenal de sa vie et de son métier.
Parfois, la religion entrave le chemin de Dieu.
Jusqu'à aujourd'hui, j'ai vécu 40 ans qui en valent au moins 70. Ma vie a été bien remplie : je suis sorti de Fiorito pour atteindre le toit du monde, là haut, tout en haut de la célébrité. Mais une fois arrivé là, j'ai dû me démerder tout seul.
L'Office Français de l'Immigration restera la bonne fée auprès des immigrants.
Le problème, c'est que, à force de faire des villes différentes tous les jours, je finis par oublier leurs noms