L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait.
Ce que nous appelons hasard, c'est peut-être la logique de Dieu.
Ce sont les démocrates qui font les démocraties, c'est le citoyen qui fait la république.
Il est beau de s'élever au-dessus de la fierté. Encore faut-il l'atteindre.
On ne saurait être déçu sans être injuste.
L'opinion moyenne des hommes moyens est une plante fragile, faite pour les beaux jours, et qui se flétrit au premier souffle de la tempête.
Ce que la voix peut cacher, le regard le livre.
Il n'est pas d'incident si négligeable où ne s'inscrit la volonté de Dieu comme toute l'immensité du ciel dans une goutte d'eau.
Etre capable de trouver sa joie dans la joie de l'autre : voilà le secret du bonheur.
L'homme c'est bien malaisé à définir. Admettons que ça reste un enfant. Gentil et câlin à ses heures, mais plein de vices.
Les imbéciles ne prêtent attention qu'à ce qui leur fait peur.
Un ami, rien qu'un ami, c'est aussi précieux qu'une vie.
On a peur, on s'imagine avoir peur. La peur est une fantasmagorie du démon.
La prière est, en somme, la seule révolte qui se tienne debout.
Le désespoir est la charité de l'enfer. Il sait tout, il veut tout, il peut tout.
Le diable est un grand artiste perdu par le goût du cocasse et du monstrueux.
Le mal, comme le bien, est aimé pour lui-même et servi.
Ce qu'exige tôt ou tard le plus fort, ce n'est pas qu'on soit à ses côtés mais dessous.
Si notre Dieu était celui des philosophes et des savants, même s'il se réfugiait au plus haut des cieux, notre misère l'en précipiterait.
J'ai glissé cette lettre dans mon imitation, un vieux livre qui appartenait à maman, et qui sent encore la lavande, la lavande qu'elle mettait en sachet dans son linge, à l'ancienne mode.
La masse des catholiques que nous voyons à la messe chaque dimanche ne désire, au fond, savoir de la religion que ce qui peut les confirmer dans la bonne opinion qu'ils ont d'eux-mêmes.
Hasard dit-on. Mais le hasard nous ressemble. La véritable humilité, c'est d'abord la décence.
L'intellectuel est si souvent imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel jusqu'à ce qu'il nous ait prouvé le contraire.
L'homme de ce temps a le coeur dur et la tripe sensible.
L'idée de grandeur n'a jamais rassuré la conscience des imbéciles.
Le cerveau de l'imbécile n'est pas un cerveau vide, c'est un cerveau encombré où les idées fermentent au lieu de s'assimiler, comme les résidus alimentaires dans un colon envahi par les toxines.
On parle toujours du feu de l'enfer, mais personne ne l'a vu. L'enfer, c'est le froid.
L'audacieux préfère son risque à la vie, et même à la gloire.
Il est désormais possible de renverser l'opinion comme un mécanicien de locomotive renverse la vapeur.
La trahison qui coûte aux uns rapporte aux autres.
Le monde est au risque. Le monde sera demain à qui risquera le plus, prendra plus fermement son risque.
Le mépris tourne vite à l'éloquence.
L'enfer, c'est de ne plus aimer.
La vie, même avec la gloire qui est la plus belle chose humaine, est une chose vide et sans saveur quand on n'y mêle pas toujours absolument Dieu.
Quand les sages sont au bout de leur sagesse, il convient d'écouter les enfants.
Il est plus facile que l'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier.
Comprendre, c'est déjà aimer.
L'imbécile est d'abord d'habitude et de parti pris.
Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin.
Les beaux militaires, depuis un siècle, remplissent merveilleusement leurs culottes, mais ils ne remplissent pas leur destins.
Le monde moderne n'a pas le temps d'espérer, ni d'aimer, ni de rêver.
Le monde va être jugé par les enfants.
Que le péché qui nous dévore laisse à la vie peu de substance.
Se connaître est la démangeaison des imbéciles.
Le péché entre en nous rarement par force, mais par ruse.
J'aime mieux être fouetté par le rabbin d'Alger que faire souffrir une femme ou un enfant juif.
L'expérience est une invention des vieux qui met les jeunes en colère.
On ne refera pas la France par les élites, on la refera par la base.
Ne flatte pas le peuple qui veut.
Nous voulons tout ce que Dieu veut, mais nous ne savons pas que nous le voulons, nous ne nous connaissons pas, nous ne rentrons en nous que pour mourir, et c'est là qu'il nous attend.
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