Que le péché qui nous dévore laisse à la vie peu de substance.
L'expérience est une invention des vieux qui met les jeunes en colère.
On peut faire très sérieusement ce qui vous amuse, les enfants nous le prouvent tous les jours...
Ne flatte pas le peuple qui veut.
On ne refera pas la France par les élites, on la refera par la base.
Il en est peu d'entre nous qui n'aient été tentés à un moment donné de prendre pour la paix de leur conscience le confort et la sécurité de leur derrière.
Nous voulons tout ce que Dieu veut, mais nous ne savons pas que nous le voulons, nous ne nous connaissons pas, nous ne rentrons en nous que pour mourir, et c'est là qu'il nous attend.
L'anticléricalisme, comme la vérole, a d'abord été chez nous une maladie bourgeoise.
On dirait que les survivants de ces générations formées par le plaisir, en ne se refusant rien, ont appris à se passer de tout.
Les idées sont comme les jolies filles : elles peuvent aussi mal tourner.
Il n'y a rien de plus sot qu'un journal, tout ce qu'on écrit de sincère est niais.
De tous les embarras de l'âge, l'expérience n'est pas le moindre.
Dieu nous préserve des saints !
Il n'existe pas de race française. La France est une nation, c'est-à-dire une oeuvre humaine, une création de l'homme.
Lorsqu'un homme crie : "Vive la Liberté !" il pense évidemment à la sienne.
Les vérités sont malades, les mensonges le sont aussi.
Il y a dans tout homme une énorme capacité de résignation, l'homme est naturellement résigné. C'est d'ailleurs pourquoi il dure.
A partir d'un certain âge, la gloire s'appelle la revanche.
Les autres, hélas ! C'est nous.
On n'échappe pas au ridicule par une affectation de gravité.
Il y aura toujours des pauvres parmi vous, c'est pour cette raison qu'il y aura toujours des riches, c'est-à-dire des hommes avides et durs qui recherchent moins la possession que la puissance.
Le monde est dévoré par l'ennui.
Il n'y a pas de vérités moyennes.
Pas de pitié pour qui refuse la grâce, pas d'excuse aux péchés de l'esprit !
Les peuples ne peuvent se passer d'honneur, nous paierons cher d'avoir cru en nous plutôt qu'en lui.
L'optimisme n'est que l'alibi sournois des égoïstes.
On ne va jamais jusqu'au fond de sa solitude.
Pour manquer utilement à sa parole, encore faut-il avoir une parole !
Et ce chaume croulant, au milieu des belles tuiles vernies, c'est encore un autre mendiant, un autre homme libre.
L'imbécile est d'abord un être d'habitude et de parti pris. Arraché à son milieu il garde, entre ses deux valves étroitement closes, l'eau du lagon qui l'a nourri. Mais la vie moderne ne transporte pas seulement les imbéciles d'un lieu à un autre, elle les brasse avec une sorte de fureur.
L'impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d'autrui.
Le goût du suicide est un don, un sixième sens, je ne sais quoi, on naît avec.
Le berceau est moins profond que la tombe.
Les démocraties ne peuvent pas plus se passer d'être hypocrites que les dictatures d'être cyniques.
Chacun de nous est tour à tour, de quelque manière, un criminel ou un saint.
Il est très difficile de se mépriser sans offenser Dieu en nous.
La prieure : Quand les sages sont au bout de leur sagesse, il convient d'écouter les enfants.
Le pessimisme est excusable, quand il est la protestation impuissante d'une vie manquée.
Qui dit conservateur dit surtout conservateur de soi-même.
Il faut pleurer, parce que c'est la seule réponse efficace à certaines contradictions plus féroces, à certaines incompatibilités essentielles de la vie, simplement enfin parce que l'injustice existe, et qu'il est vain de la nier.
On fait sa part à l'ennui, au vice, au désespoir même, mais on ne fait pas à l'orgueil sa part.
Je ne crois qu'à ce qui me coûte. Je n'ai rien fait de passable en ce monde qui ne m'ait d'abord paru inutile, inutile jusqu'au ridicule, inutile jusqu'au dégoût.
Les dictateurs font de la force le seul instrument de la grandeur.
On ne plaît qu'aux sots, qu'on rassure.
Personne ne vous empêche de calculer la procession des équinoxes ou de désintégrer les atomes. Mais que vous servira de fabriquer la vie même, si l'on a perdu le sens même de la vie !
Le plus dangereux de nos calculs sont ceux que nous appelons des illusions.
On ne se met aisément qu'à la place de ses égaux.
Les consciences se soulagent comme des ventres.
C'est dans le regard, non dans la voix, que se trahit la crainte.
Nous sommes toujours injustes dès que nous jugeons qui que ce soit.
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