Quand on connaît le défaut d'un homme à qui l'on veut plaire, il faut être maladroit pour n'y pas réussir.
Un au-delà ? Pourquoi pas ? Pourquoi les morts ne vivraient-ils pas ? Les vivants meurent bien.
Un Dieu ne devient dieu qu'au moment où il devient forme. C'est vrai. Mais il est vrai aussi, qu'au moment il devient forme, il commence de mourir.
Dieu a créé des hommes inachevés dans un monde inachevé pour les laisser être. Les hommes doivent se réaliser eux-mêmes.
Une ville ressemble à un animal. Elle possède un système nerveux, une tête, des épaules et des pieds. Chaque ville diffère de toutes les autres : il n'y en a pas deux semblables. Et une ville a des émotions d'ensemble.
Il vaut mieux dater d'un siècle que d'une saison.
Pourquoi après une mort, y a-t-il un espace systématique de mensonge sur la vertu et la valeur du disparu ? Pourquoi ce qui valait avant ne vaudrait-il pas après ?
C'est un mot obscur que celui de l'amour. Il résonne dans nos coeurs comme le nom d'un pays lointain dont, depuis l'enfance, on a entendu vanter les cieux et les marbres.
Il ne manque jamais quelqu'un de trop.
Le comble de la célébrité, c'est de donner naissance à un adjectif. En employant "hugolien", "moliéresque" ou "brechtien", la postérité rend hommage à des écrivains et leur applique une petite couche d'immortalité.
L'action est la négation de tous les possibles moins un.
Snobisme. C'est un partage savant entre ce qui doit se faire et ce qui ne doit pas se faire. C'est une étiquette permanente. Le bon mot, le geste qu'il faut, quand il faut.
Un cinéaste se trouve face à trois options : embrasser le système et en devenir l'esclave ; l'ignorer et le combattre ; ou l'utiliser à son avantage.
Un gilet pare-balles ne protège justement pas les balles.
Quand le public n'est pas là, il manque un personnage.
Il y a, par les temps qui courent, tant de personnages honorables mis en examen qu'il serait inconvenant de souhaiter "bonne santé" à quelqu'un qui risque de s'y retrouver prochainement.
L'homme n'est qu'un supplément négligeable dans cet Eden dont il aspire à sortir.
Je crois qu'il n'y a pas un seul sujet qui soit en dehors des limites pour un metteur en scène.
Les cinq sens des handicapés sont touchés mais c'est un sixième qui les délivre, Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction,Ce sixième sens qui apparait, c'est simplement l'envie de vivre.
Je meurs d'une petite fièvreAvec un prénom sur mes lèvresEt quelques souvenirs heureuxQuelque part au fond de mes yeux.
Si un grand calao tue ton grand-père, tu te sauveras dès que tu verras quelque chose de noir.
Si tu grimpes à un bel arbre, tu recevras sans doute un coup de main.
Mais la couleur de la peau d'un nègre le rend facilement reconnaissable, le rend suspect, le transforme en cible sans défense.
Pour gagner des applaudissements, il faut écrire des choses si simples qu'un cocher pourrait les chanter.
Je ne suis pas un oiseau ; et aucun filet ne me prend au piège ; Je suis un être humain libre avec une volonté indépendante.
Je ne suis pas un cynique comme d'aucuns le prétendent, non, je suis un romantique, je l'ai toujours été. Tout jeune garçon, j'étais timide et romantique. Je ne suis devenu cynique qu'au contact de mes prochains qui m'agressaient sur ma laideur et sur ma franchise.
De la force à l'injustice, il n'y a qu'un pas.
Ah, oui, divorce... du mot latin signifiant arracher les parties génitales d'un homme à travers son portefeuille.
Un grand pays aux performances économiques aussi exceptionnelles que l'Allemagne ne peut oublier qu'il doit en partie son succès à la demande d'autres pays européens.
C'est aux femmes de porter un autre regard sur elles-mêmes.
Passer pour un abruti, ça me fait rire...
On rend bandant les rêves les plus tartes, à force de billets verts, de toc, de plaqué, de paillettes, jusqu'à ce que le dernier des humains se prenne pour un empereur et devienne son propre dieu...
Personne n'est obligé à être un génie. Mais tout le monde devrait essayer d'en être un.
Les gens qui prétendent que le temps guérit tous les maux n'ont jamais attendu indéfiniment dans le salon d'un médecin.
La religion est moins un sujet de sanctification qu'un sujet de disputes qui appartient à tout le monde.
On continue à s'entre-tuer pour un dieu, une rivière, la couleur de la peau. Il ne faut pas avoir la peau basanée là où il faut avoir la peau blanche, la peau blanche là où il faut l'avoir basanée, il ne faut jamais croire au dieu qui n'est pas le bon.
Deux catégories de raseurs : ceux qui ont un sujet qui leur tient à coeur et ceux qui n'ont absolument pas besoin de sujet.
Se marier est une sottise, mais lorsqu'un homme le fait à l'époque où ses forces physiques diminuent, elle devient mortelle...
La charité est un plaisir dont il faut savoir se passer.
La psychanalyse est un examen où on est sûr de se faire étendre.
Mais que peut faire un dieu d'autre chose qu'un "monde" ?
Plus un peuple est intelligent plus ses divisions sont graves.
Je crois en définitive, que l'homme est un être si libre que l'on ne peut lui contester le droit d'être ce qu'il croit qu'il est.
Est-il donc vrai que dans tout amour, il y a une souffrance en éclosion ? Pourquoi devons-nous toujours payer d'une incertitude, d'un doute, d'une angoisse même, nos plus petits bonheurs ?
Les vagabonds qui, il y a une dizaine d'années, étaient presque tous illettrés, savent maintenant pour la plupart lire, écrire et compter. Quelques-uns semblent même avoir reçu une instruction supérieure. C'est un grand progrès.
Si tu as été aimé, si tu as donné du bonheur ou de l'espérance, il se trouvera forcément quelqu'un, au jour de ta mort, pour te fermer les yeux, quelqu'un pour rassembler tes amis, organiser une veillée et t'entourer de tes souvenirs les plus chers.
Un ministre compromis dans un scandale reparaît sur la scène politique : il est blanchi. Il ne reparaît pas : il est nettoyé.
Cette candeur des bêtes. Cette merveilleuse inconscience qu'elles promènent aux quatre coins du monde comme un message.
L'amour humain c'est un mystère, comme celui qui lie Dieu à l'humanité. Aimer, c'est la seule vraie force de l'homme et de la femme, quels qu'ils soient...
L'avenir n'est pas réel. Un rêve qui peut se réaliser ou pas. Le passé seul existe vraiment.