Pour tous ceux qui n'ont pas réussi, gâcher le bonheur des autres, c'est réussir un peu.
Le printemps venu, la femelle du coucou, au lieu de construire un nid, s'en va déposer ses oeufs dans les pendules.
Les apparences suffisent largement à faire un monde.
Le cinéma semble devoir toujours osciller entre deux tendances : la capture plus ou moins brute du réel (le document) et la construction d'un espace imaginaire (le rêve).
La faim est un droit pour tous ceux qui n'ont d'autre loi que l'appétit.
Un homme d'esprit fait toujours quelque profit de mal qu'on dit de lui.
C'est bien plus facile de noter ses états d'âme dans un journal secret que de les exprimer ouvertement. Quelle belle fuite du réel !
L'apparente immobilité d'un livre nous leurre : chaque livre est aussi la somme des malentendus dont il est l'occasion.
Moins un journal a d'abonnés, plus il est libre.
Un fou ne saurait être égalé en perfection sur le point où il déraisonne.
Le temps est un fleuve où l'homme va à contre-courant. Il croit avancer tant qu'il peine sur la rame, Car ce qui flotte à l'entour le dépasse vers l'arrière.
Le boeuf n'est pas particulièrement intelligent, c'est un ruminant, ses pensées sont nourries de foin.
J'ai fait un régime. J'ai dû en suivre deux à la fois, parce qu'un seul ne m'aurait pas assez nourri.
Une vieille dame qui s'amuse ne se déplace pas dans l'espace comme une vieille dame que la vie pousse sans raison, ainsi qu'un joueur blasé son pion sur l'échiquier.
Aider un homme est une entreprise solitaire, à chacun particulière, chaque fois irremplaçable.
Dans tous les cas, le jour qui se lève est l'aube d'un nouveau pas sur le chemin de l'évolution, de la croissance de l'être et - qui sait ? - de la sagesse.
Pour écrire, il faut avoir un imaginaire qui tend vers les autres.
Une fille qui, par le peu qu'elle laisse voir à un homme, le fait devenir curieux de voir le reste, a déjà fait trois quarts du chemin qu'il lui faut faire pour le rendre amoureux.
Un critique, ce n'est jamais qu'un individu qui a des goûts personnels.
Tromper un sot est un exploit digne d'un homme d'esprit.
Mais si le sport fortifie, il apaise également. À condition de demeurer un adjuvant et de ne point devenir un but, il sait produire l'ordre et clarifier la pensée.
Si les défauts de certaines personnes vous dérangent tellement, voilà une raison de plus pour développer l'indulgence, la patience, en posant sur eux un bon regard.
Désormais, tout le monde a un droit de parole, il s'agit de savoir qui est entendu.
Lorsqu'un seul côté d'une histoire est entendu et souvent répété, l'esprit humain en devient insensiblement impressionné.
L'absence de ceux que nous aimons est le moi de soi - un bannissement mortel.
Les hommes à un moment donné sont maîtres de leur destin. La faute, cher Brutus, ce n'est pas à nos étoiles, mais à nous-mêmes, d'être des sous-fifres.
La communication électrique ne remplacera jamais le visage de quelqu'un qui, avec son âme, encourage une autre personne à être courageuse et vraie.
Les livres me donnaient confiance et force. Confiance en mon avenir, force pour résister au poids accablant d'être née femme. Un être humain de seconde zone.
Qui s'engage avec un fou est plus fou que le fou.
J'espère ne pas mourir le même jour qu'un rocker !
Si le destin souhaite votre rencontre, vous vous retrouverez. Fussiez-vous séparés par des milliers de lieues. Mais si le destin s'oppose à la rencontre, vous aurez beau être là, face à face, vous resterez étrangers l'un à l'autre.
Essayez d'être oublié. Allez vivre à la campagne. Restez en deuil pendant deux ans, puis remariez-vous, mais choisissez quelqu'un de décent.
Un enfant ne remet jamais au lendemain ce qui l'empêche d'aller se coucher le soir même.
Il faut se ressembler un peu pour se comprendre, mais il faut être un peu différent pour s'aimer.
Un jeune garçon est une théorie, un vieil homme est un fait.
L'erreur que commentent la plupart des gens est de penser que l'homme politique est un homme, alors que c'est un homme politique.
Que de pas restent à faire ! La femme pauvre est aussi bien esclave et vendue en orient qu'en occident. Seulement elle a de plus la flétrissure et la misère. Le lupanar n'est autre chose qu'un sérail en commun.
Il est des entreprises pour lesquelles la vraie méthode est un désordre intentionnel.
L'amour est un repos laborieux.
Une chose à ne jamais oublier en sortant de chez soi - un cigare.
Ne plus aimer n'est qu'un malheur, ne pas le dire est une injure.
Aucune garniture n'est aussi fascinante que les livres, même si vous ne les ouvrez jamais, même si vous n'en lisez jamais un simple mot.
Que peut changer un mot ? Une phrase ? Une lettre ? On ne devrait pas écrire. Le décalage est trop grand entre le moment où on écrit une lettre et celui où elle est lue.
Conservateur, voilà un mot qui commence bien mal.
Chez un homme, ce sont les mains qui mentent le mieux, ce sont elles aussi les plus romantiques.
On ne se méfie jamais assez des ambitieux qui gravitent autour d'un chef. Bien souvent, ce sont eux qui infléchissent ses actions et qui, à force de le protéger, finissent par l'isoler dangereusement.
Mais, si dépourvues de matière qu'elles paraissent, les pensées aussi ont besoin d'un point d'appui, faute de quoi elles se mettent à tourner sur elles-mêmes dans une ronde folle.
Quand un homme ne veut plus faire de faute, le Repentir de celles qu'il a faites lui sert d'excuse, et de lumière pour n'en plus commettre.
A l'ère de l'immédiat, un tweet chasse l'autre, mais ces instantanés diffusent une réalité sans filtre, sans décanter le vrai du faux, l'essentiel de l'inutile.
Elevé dans un lupanar, entremetteur dès l'adolescence, outrage public à l'âge adulte, cet homme a une tendance innée à ne connaître que le droit commun.