Ma mère était extrêmement contrôlée, en quelque sorte irréprochable. Et j'ai toujours tendance à être un peu plus hippie.
Il y avait une forme d'aliénation, qui fait que, je le crois, il faut un minimum de liberté pour aimer. Et ma mère, en définitive, n'a aimer qu'une personne au monde et c'est mon père.
La violence à l'égard des femmes est une violation effroyable des droits humains. Mais ce n'est pas une fatalité. Nous pouvons mettre un terme à cela.
Je me définis comme le plus normal et honnête possible. Je ne suis pas un artiste, je suis un artisan.
Chaque artiste est un cannibale, chaque poète est un voleur, tous tuent pour l'inspiration, puis chantent le chagrin.
Je suis quelqu'un d'assez à l'aise dans un groupe.
Dire que c'est en faisant exactement la même chose qu'un homme honore une femme ou la déshonore !
Un trait fondamental de la modernité : les barbares sont au-dedans. Le dehors est devenu interne.
Il y a un sentiment très fort, presque effrayant parfois, que la musique vous dépasse et ne peut être domptée.
C'est très beau d'aller vers un solitaire, cela donne des frissons comme d'approcher un animal sauvage et doux. Le malheur c'est que, si vous réussissez à attraper un solitaire, vous le perdez : il n'est plus seul.
Un rhume de cerveau fait bien plus souffrir qu'une idée.
C'est commode un enterrement. On peut avoir l'air maussade avec les gens. Ils prennent ça pour de la tristesse.
Les sentiments viennent parfois d'un travers de l'esprit.
Pour un avare, éjaculer est un gaspillage.
Il n'y a pas d'homme qui puisse être, à lui tout seul, aussi méprisable qu'un corps. Il n'y a point de corps qui puisse être aussi méprisable que le public.
Qui veut être riche en un an, au bout de six mois est pendu.
Savoir pour pouvoir, telle fut ma pensée. Etre à même de traduire les moeurs, les idées, l'aspect de mon époque, selon mon appréciation ; être non seulement un peintre mais encore un homme ; en un mot faire de l'art vivant, tel est mon but.
Quelque chose de beau doit nous arriverQuelque chose de fort doit nous emporterQuelque chose qui nous ferait vivre du jour au lendemainQuelque chose pour quoi tendre les mainsQuelque chose de beau doit nous transporterQuelque chose de fort doit nous faire changerQuelque chose qui nous ferait suivre un tout autre cheminCommençons ce rêve demain.
La forme la plus exquise du comportement politicien consiste à utiliser un fait vrai pour en faire un mensonge.
L'homme oublie qu'il est un mort qui converse avec les morts.
Seule la montagne a vécu assez longtemps pour écouter avec discernement le hurlement d'un loup.
Un général doit être un charlatan.
Mais certes tous les hommes, tant qu'ils ont quelque chose d'homme, devant qu'ils se laissent assujétir, il faut l'un des deux, qu'ils soient contraints ou déçus(...).
On dit d'un homme seul qu'il n'apprécie pas la vie en société. C'est comme dire qu'il déteste la randonnée parce qu'il n'aime pas marcher dans une forêt épaisse par une nuit noire.
Un fauché dépouille un mort.
Je ne diffère des morts que par la faculté de suffoquer quelques moments de plus ; leur existence en un sens me paraît plus assurée que la mienne.
Dieu a les deux bras étendus. L'un est assez fort pour nous entourer de justice, l'autre assez doux pour nous entourer de grâce.
J'ai dû lire Wuthering Heights pour l'anglais et je n'ai jamais aimé un livre dans ma vie autant que celui-là.
Je suis un homme traditionnel. Je suis un produit d'un homme traditionnel. Il a tout sacrifié pour sa famille.
Vous devez penser que nous, qui ne sommes pas de la ville, nous sommes de drôles de cinglés. Et bien, je suppose que vous avez raison. Ha ha ha ha, oui nous dansons un furieux ennui.
L'adolescence c'est quand on passe un samedi soir à la maison assis à ne rien faire et que, lorsque le téléphone sonne, on espère que ce ne soit pas pour nous.
Il y a des gens tellement malchanceux qu'ils se jettent dans des accidents qui allaient arriver à quelqu'un d'autre.
Mon enfance, c'est un poison que j'ai dans le sang et y a que quand je serai morte que j'en souffrirai plus.
Tous les hommes ont un père : il faut bien comprendre cela, qui n'est pas une évidence.
A traiter en égal un inférieur, on est le dupe, s'il nous en retire le profit en se sentant notre égal.
D'un auteur, seules comptent les oeuvres.
Un instant de tendre abandon ne diffère d'un attentat à la pudeur que par l'absence de gendarme.
La coquetterie est un défaut nécessaire.
Chez nous, les intellectuels n'ont plus d'influence dans la société, sauf quand ils émettent des slogans. Les intellectuels ont de l'influence en France lorsqu'ils flattent un vague "politiquement correcte".
On ne travaille pas un rôle, on est travaillé par lui.
La vie n'est qu'un flux et un reflux perpétuel de contradictions.
Il est con comme un iceberg, trois fois plus con que ce qu'on voit !
La culture est d'autant plus intéressante qu'elle sert à corriger la nature. La nature est rude, ennemie, tandis que la culture permet à l'homme d'agir avec un gain d'effort et de temps. La culture libère le corps de l'esclavage du travail, elle le dispose à la contemplation.
Pendant des années on se résigne à l'idée que les gens ne se souviennent pas, ne se soucient pas réellement de vous ; et puis un jour on comprend que c'est Dieu qui ne se soucie pas de vous ; [...] ► Lire la suite
Il fut un temps où je pensais que je pourrais peut-être me créer une image comme une oeuvre d'art. Mais je n'avais pas l'énergie nécessaire.
Écrire le corps des femmes. Les ombres. Son ventre et son génie, la nuque douce qui déboule, coule, jusqu'au bas du dos. Les épaules pour s'agripper l'un à l'autre, le ventre écrasé contre les fesses rondes et chaudes. Animal.
Jamais la mesure du temps ne porte sur la durée en tant que durée ; on compte seulement un certain nombre d'extrémités d'intervalles ou de moments, c'est-à-dire, en somme, des arrêts virtuels du temps.
Tout être vivant normalement constitué n'est qu'un organe de reproduction.
C'est sans doute parce qu'elle les paye souvent mal et toujours anarchiquement, que notre société gratifie ses acteurs d'un pourboire qui ne lui coûte rien, sous forme de quelques mythes sublimes.
Les planeurs, les voiliers, ce sont de merveilleuses machines volantes. C'est ce qui se rapproche le plus d'un oiseau.