Le plus important n'est pas ce que nous faisons, mais l'esprit qui nous meut. Faire la lessive ou écrire un roman, bien souvent le romancier sera moins grand et méritant que la femme qui bat son linge.
Avant tout, les artistes sont des hommes qui veulent devenir inhumains.
Aujourd'hui, un artiste doit se démerder seul face à une société qui lui est contraire.
L'amour qui ne rend pas meilleur est maudit.
Maintenant le public écoute l'orchestre, cherche à suivre les mille dessins qui s'enchevêtrent, le jeu chatoyant des sonorités ; il oublie pour cela d'écouter ce que disent les acteurs sur la scène, et perd de vue l'action.
J'aime la simplicité qui s'accompagne d'humilité. J'aime les gens qui savent sentir le vent sur leurs propres peaux, sentir les arômes des choses, en capturer l'Âme. Ceux qui ont leur chair au contact de la chair du monde. Car là, est la vérité. Là, est la douceur. Là, est la sensibilité. Là, est l'Amour.
Celui qui a le bâton a le buffle.
Qui fait mal, pense mal.
Sans Elvis, je ne sais pas où serait la musique populaire. C'est lui qui a tout déclenché et ce fut certainement le début pour moi.
S'il y a un auteur qui m'a influencé - et il n'y en a qu'un - c'est Charlie Chaplin. Et il n'a jamais gagné un Oscar.
Il y a des hommes qui sont sources.
Ce qui me révolte : l'égoïsme. Chez les autres. Pas chez moi. Et le céleri. Chez moi. Pas chez les autres.
Une fois sur deux, un ami qui se marie est un ami perdu.
Ce qui, en français, a l'air de sonner bien traduit en russe peut être très vilain.
Les premières couronnes de la gloire sont aussi les plus brillantes, c'est le premier baiser qui donne l'ivresse la plus douce.
Un psychiatre est un individu qui va aux Folies-Bergère et qui regarde le public.
Qui souffre mal fait souffrir.
La faiblesse qui conserve vaut mieux que la force qui détruit.
Faire des sottises au lieu d'en dire, voilà trop souvent ce qui distingue l'homme d'esprit du sot.
Les baisers servent d'entractes aux scènes d'amour, mais il en est qui trouvent les entractes meilleurs que la pièce.
Les seules révolutions qui réussissent sont celles qui parviennent à conserver quelque chose.
L'histoire : une collection de faits qui n'étaient pas obligés de se produire.
En général, ce qui s'est consumé en nous continue de nous noircir.
L'information peut tout nous dire. Elle a toutes les réponses. Mais ce sont des réponses à des questions que nous n'avons pas posées, et qui ne se posent sans doute même pas.
Les choses dites sont moins incertaines que celles qui ne le sont pas.
Les gens qui ont du courage et du caractère semblent toujours sinistres aux autres.
Le pire de tous les chemins, c'est pour ceux qui n'ont pas été aimés, mais seulement éduqués.
Etre seul sans solitude. Devenir à la fois l'île et le bateau qui rêve d'île. Tenir l'espace sans bouger, arrêter le temps sans cesse d'avancer. Heureux, désespéré, heureux, brûler, geler. Garder l'enfance. Lire.
Tout a changé de réalité depuis. Les années qui ont suivi cet amour m'ont fait devenir un grand lecteur et j'ai compris vite, trop vite peut-être, la vérité d'une parole de Tagore : "que le rêve est une réalité aussi importante que la vie."
Il admirait cette grande bourgeoise qui avait dédié sa vie aux déshérités. Quand la plupart se précipitent sur les plages turquoise, voguent sur des yachts, elle côtoyait les bidonvilles, les va-nu-pieds.Elle était la beauté au service de la bonté.
Le charme : cette part de romanesque qu'une personne propage autour d'elle et qui la rend à nulle autre pareille.
Qui perd sa lèvre supérieure, perd son caractère.
Les planeurs, les voiliers, ce sont de merveilleuses machines volantes. C'est ce qui se rapproche le plus d'un oiseau.
Les princes nés dans des palais peuvent-ils ressentir la misère de ceux qui habitent dans des chalets ?
Les gens auront un problème avec tout ce que vous faites. À la fin de la journée, personne ne peut déterminer ce que vous devez faire pour réussir et pourquoi voudriez-vous écouter quelqu'un qui ne réussit pas vous dire ce que vous devez faire ?
C'est drôle de voir comment, même longtemps après que vous ayez accepté le chagrin de perdre quelqu'un que vous aimez et que vous viviez vraiment dans votre vie, de temps en temps, quelque chose se présente, qui joue "gotcha", et pendant un instant le tissu cicatriciel se sépare et la plaie est à nouveau brute.
Oh, comme il est misérable de n'avoir personne pour partager vos chagrins et vos joies et, lorsque votre coeur est lourd, de n'avoir aucune âme à qui vous pouvez verser vos malheurs.
La civilisation est ce qui vous rend malade.
Il y a cet homme que je n'ai pas connuIl y a cet amour que je n'ai pas reçuIl y a cette vie que je n'ai pas vécueIl y a ces mots d'amour qui m'ont déçus.
Il n'y a qu'une affaire qui aujourd'hui pique ma curiosité : l'étrange affaire de Mrs. Hudson, fantomatique logeuse. Je me suis intéressé à ses allés-et-venus qui s'avèrent des plus... sinistres.
Dans tout fait divers, il y a des trous ; et ce qui est intéressant, c'est la façon dont le scénariste et le réalisateur comblent ces vides.
On a la chance de vivre dans un pays où depuis Rabelais, on a une grande liberté. La Révolution a aussi provoqué la naissance de la presse, qui a engendré le dessin de presse et décoincé des choses.
Qu'est-ce qu'un penseur ? Un homme qui se pose encore des questions quand les autres ne s'en posent plus.
Epouser une femme qu'on aime et qui vous aime, c'est parier avec elle à qui cessera le premier d'aimer.
Tous nous avons peur ; c'est la peur qui nous guide, mais la plupart d'entre nous l'ignorent.
Ce qui caractérise les réalistes, c'est qu'ils se trompent systématiquement sur le réel.
Ses gestes ont une élégance quasi rectiligne ; puis, tout à coup, ses bras font des signes implacables qui arrachent des mugissements aux trombones et affolent les cymbales... C'est très impressionnant et tient du thaumaturge ; le public ne sait plus comment manifester son enthousiasme.
L'exilé, ce n'est pas celui qui part, puisque celui qui part va toujours découvrir un autre monde qu'il ne connaît pas et qui pourrait apporter un certain excitant à sa vie ; l'exilé, c'est celui qui reste.
Et dans le jour mourant qui frotte d'un éclat glacé le dos ciré des chaises, il me semble que je vais voir, penchées sur lui, toutes les ombres de nos morts, pour qui l'horloge égrène son rosaire.
Si elle était possible, chacun de nous voudrait que les pactes qui lient les autres ne le lient pas lui-même ; tout homme se regarde comme le centre de toutes les combinaisons du globe.