On se fait communément une étrange idée de ce que c'est qu'une opinion neuve et hardie. C'est toujours une opinion vieille comme les rues, mais expliquée.
Il vaut mieux escompter le pire. Nous n'aurons plus que de bonnes surprises.
La société, plus marâtre que mère, adore les enfants qui flattent sa vanité.
Aucune mâchoire de bouledogue n'est plus tenace que les doigts d'une femme qui hait.
L'Ecriture nous dit que les années de l'homme sur la terre sont de soixante-dix. Il faut en conclure qu'au-delà, c'est du temps emprunté à l'éternité.
Le danger, c'est quand on se met à composer sa vie comme une oeuvre d'art. Le danger, c'est quand l'imagination n'écoute plus que sa propre poésie...
De quelle espèce sont donc tous ces gens, dont l'âme n'a pour assise que l'étiquette, dont toutes les pensées et tous les efforts ne tendent pendant des années qu'à avancer d'un siège vers le haut bout de la table ?
Efforc-toi de faire que ton livre remplisse un besoin et que cette utilité t'améliore. Ainsi seulement, il est achevé.
Dieu : celui que tout le monde connaît, de nom.
Les radios généralistes, quel que soit leur statuts, ont une vocation de service public qui suffirait à justifier leur permanence dans le paysage médiatique.
Je pense que si vous pensez que je pense à ce que vous pensez, nous ne sommes pas très loin de nous comprendre.
Singulier monde, que celui du rêve ! Les pensées, les paroles intérieures, en dedans, se pressent, fourmillent. Tout ce petit monde se hâte de vivre avant le réveil, qui est sa fin, sa mort à lui.
Comprendra-t-on cette importance que prend pour vous toute chose si nul autre que vous ne l'a décidée, menée à bien ?
A voir ce que l'école exige aujourd'hui de nos fils, je me demande combien de pères seraint capables d'être des enfants.
Combien de ce que nous sommes est inscrit dans notre chair et nos os, mais caché aux yeux du monde par notre vêture.
On me dit : mange, toi, et bois ! Sois heureux d'avoir ce que tu as !Mais comment puis-je manger et boire, alorsQue j'enlève ce que je mange à l'affamé,Que mon verre d'eau manque à celui qui meurt de soif ?Et pourtant je mange et je bois.
Il est plus difficile de maintenir l'équilibre de la liberté que de supporter le poids de la tyrannie.
L'idiot savant écrit son non-sens dans un meilleur langage que l'ignorant, mais c'est toujours un non-sens.
Le suicide n'est pas abominable parce que Dieu l'interdit; Dieu l'interdit parce qu'il est abominable.
Il n'y a pas de nation aussi puissante que celle qui obéit à ses lois non pas par des principes de peur ou de raison, mais par passion.
Quand vous croyez que vous aimez une personne plus qu'elle ne vous aime, ça peut vous rendre dingue.
Il y a 50 ans que le peuple et les intellectuels sont séparés. Il faut qu'ils ne fassent plus qu'un.
Contentez-vous de ce que vous avez et faites-en bon usage.
On ne réalise vraiment qu'une femme contient de la dynamite que le jour où on la laisse tomber.
Voyager, c'est demander d'un coup à la distance ce que le temps ne pourrait nous donner que peu à peu.
Encore eut-il phallus que je la connasse pour que je la susse !
Le mal que nous faisons ne nous attire pas tant de persécution et de haine que nos bonnes qualités.
Quand le déshonneur est public, il faut que la vengeance le soit aussi.
On ne doit jamais demandé à un homme d'être ce qu'il n'est pas, ni de n'être que ce qu'il est.
Soyons aussi distants que si nous avions été mariés pendant longtemps et aussi bien élevés que si nous n'étions pas mariés du tout.
Les femmes galantes ressemblent à ces torrents qui changent très souvent de lit et que les hasards grossissent dans leur course.
Que le péché qui nous dévore laisse à la vie peu de substance.
Un travail utile est l'une des choses essentielles de la vie que nous négligeons à nos risques et périls.
Que faire dans son enfance sinon contracter la mauvaise habitude de vivre ?
Il y a devant l'amour trois sortes de femmes : celles qu'on épouse, celles qu'on aime et celles que l'on paie. Ca peut très bien être la même : on commence par la payer, on se met à l'aimer, puis on finit par l'épouser.
Chaque fois que tu allumeras une cigarette, médite. Ou bien tu fumeras moins, ou bien tu vas beaucoup méditer.
Il est tout de même curieux que l'écrivain se délivre d'une réalité en créant une autre réalité.
Il a fallu que l'intelligence de l'homme fût obscurcie par l'amour pour qu'il ait appelé beau ce sexe de petite taille, aux épaules étroites, aux larges hanches et aux jambes courtes.
Le lecteur vulgaire s'assied face au texte et il ne voit rien que la sotte apparence des choses. Le critique au contraire se recule et se penche, rien ne lui échappe du contexte.
Cette espèce de solitude disponible que les gens appellent souvent liberté.
Les passions que construit l'acteur avec son corps et sa voix évoquent l'extase de la transe ou de la possession.
Ce que les cours de nos écoles négligent presque totalement est ce qui intéresse le plus : la question de la vie.
Il y a un moment dans la peinture où le peintre sait que son tableau est fini. Pourquoi, il ne saurait le dire, simplement reconnaître son incapacité soudaine à y modifier quoi que ce soit.
La paresse a cela de mortel que, dès qu'on en triomphe, on la sent qui renaît.
Que redoute-t-on quand un homme fixe sa vie avant d'avoir "mené la vie de garçon" ? On craint que la solidité du mariage ne résiste pas au déchaînement subit de l'instinct viril. Juste crainte, mais qui n'est pas moins fondée pour la femme.
La politique, c'est faire que chaque citoyen soit un créateur.
Est-ce que c'est parce que la planète se réchauffe que les politiques font tout pour finir à l'ombre ?
Que représente la paternité face à ce poids, cette certitude, qu'est la maternité ?
On se prend à rêver Que les mots ne sont pas A l'aval de ce fleuve, fleuve de paix, Trop pour le monde.
Ma solitude est mon palais. C'est là que j'ai ma chaise, ma table, mon lit, mon vent, mon soleil. Quand je suis assise ailleurs que dans ma solitude, je suis assise en pays trompeur.