Comment exercer sa mémoire pour savoir oublier ?
De mémoire de rose, il n'y a qu'un jardinier au monde.
Puis-je défendre ma mémoire contre l'oubli,Comme une seiche qui s'enfuit à perdre sang, à perdre haleine ?
Il n'y a pas de différence entre le rêve et le souvenir. Par la mémoire nous croisons devant des rivages que nos yeux ignorent mais que notre coeur reconnaît pour les avoir visités avec la chaleur et la sincérité de notre jeunesse.
La mémoire, comme le coeur, se laisse abuser, et souvent pas celui-ci comme de juste.
Nous portons tous la mémoire du passé même si, parfois, nous ne savons plus clairement ce que nous nous rappelons.
L'ordinateur a de la mémoire mais aucun souvenir.
Les mots sont des symboles qui postulent une mémoire partagée.
Avec de la mémoire on se tire de tout.
Ma mémoire est fantasque - et parfois il m'arrive de parler très fort à l'oreille d'un myope.
La mémoire, ce passé au présent.
Les souvenirs sont des enfants du hasard, seuls les truqueurs ont leur mémoire en ordre.
Il faut que les buts que tu te fixes soient clairs et précis dans ton esprit avant de chercher à les atteindre. Garde-les en mémoire jusqu'à ce qu'ils deviennent une seconde nature.
Nous nous étions fait don de l'innocence,Elle a brûlé longtemps de rien que nos deux corps,Et nos pas allaient nus dans l'herbe sans mémoire,Nous étions l'illusion qu'on nomme souvenir.
Les arcanes de notre mémoire sont comme d'immenses souterrains où la lumière de l'esprit ne pénètre jamais mieux que lorsqu'elle a cessé de briller au-dehors.
La mémoire la plus profonde est une mémoire de toute notre destinée.
Je crois que pour en faire une oeuvre littéraire, il faut tout simplement rêver sa vie - un rêve où la mémoire et l'imagination se confondent.
L'oubli économise la mémoire.
Quand on use ses jours à écrire, c'est qu'on y est contrainte par je ne sais quelle force occulte. On est sommée de continuer sa mémoire comme si on était déjà morte.
Un des plus beaux présents que la nature puisse faire à un comédien, c'est la mémoire : si elle lui est infidèle, le personnage qu'il représente disparaît ; on ne voit plus que l'acteur.
Peut-être qu'en dormant on s'entraîne à mourir ? A moins que l'on ne dorme en mémoire des morts ?
La mémoire tue et ce n'est que dans l'amour que tout redevient présent...
On a toujours tort de se suicider trop tôt. C'est manquer de mémoire. Ou d'imagination.
Je suis distrait. Je n'ai de mémoire que dans le coeur.
La mémoire est vraiment bizarre : elle nous permet de nous souvenir de ce qu'on n'a pas vécu.
L'amour a besoin de la mémoire pour s'approfondir et durer.
Je remontais dans ma mémoire jusqu'à l'enfance, pour retrouver le sentiment d'une protection souveraine. Il n'est point de protection pour les hommes. Une fois homme on vous laisse aller.
L'imparfait est le temps de la fascination : ça a l'air d'être vivant et pourtant ça ne bouge pas : présence imparfaite, mort imparfaite ; ni oubli ni résurrection ; simplement le leurre épuisant de la mémoire.
L'attention est le burin de la mémoire.
Ce carnet était en partie fait de mémoire, les choses qui m'ont le plus touchée n'y sont pas toutes, je n'ai pas osé tout dire.
La mémoire est l'ennemie presque irréconciliable du jugement.
Nous suivons, nous nous suivons. Cette théorie d'animots que je suis ou qui me suivent partout et dont la mémoire me serait inépuisable, je ne vous en imposerai pas une exhibition. Loin de l'arche de Noé, la chose tournerait au cirque, quand un montreur d'animaux y fait défiler ses sujets tristes, le dos bas.
La mémoire rend les êtres et les lieux impalpables.
Quelle pitoyable hypocrisie de dire : elle vivra toujours dans ma mémoire ! VIVRE ? C'est précisément ce qu'elle ne fera plus.
Ce qui n'a jamais été articulé en mots finit par devenir trop nébuleux pour s'inscrire dans la mémoire.
Toute proposition littéraire est fondée sur des malhonnêtetés intermédiaires : la mémoire, la culture, le désir, le langage.
Il faut que tous braves menteurs soient gens de bonne mémoire, pour se garder de méprendre.
M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un mondeQui chante au fond de moi au bruit de l'océanM'en voudrez-vous beaucoup si la révolte grondeDans ce nom que je dis au vent des quatre ventsMa mémoire chante en sourdine: Potemkine.
L'amour, cette absence de mémoire, ne retient de nous que notre éternité.
Les pense-bêtes sont les porte-clefs de la mémoire.
La mémoire est le désir satisfait.
Soixante-trois ans. Vouloir la vie comme si j'en avais trente. Un sac à dos épuisant. Des bouts de santé qui foutent le camp. Etre au mieux avec la mémoire. En couleurs ou noir et blanc. Selon le bouleversement.
C'est la mémoire qui soude les choses à sa façon.
Chacun a sa mémoire ; la meilleure est souvent la pire.
Nos amis sont notre miroir, notre mémoire ; on n'exige rien d'eux, si ce n'est qu'ils astiquent de temps en temps ce miroir pour que l'on puisse s'y regarder.
Aucun souvenir dans notre mémoire ne nous laisse moins de satisfaction qu'une tentation à laquelle nous avons résisté.
Je pense et parle toujours d'une mémoire contiguë alors que je ne fais peut-être qu'évoquer une vie brutalement interrompue il y a des siècles: le temps immédiat ressemble au plus lointain, entre les deux se dressent les marais de l'oubli.
Le contexte et la mémoire jouent un rôle puissant dans tous les vrais bons repas de la vie.
Je cherche ma mémoire mais ne la trouve plus. J'ai perdu quelques bouts ou bribes de ma mémoire.
Seuls les enfants jouissent du présent ; leurs aînés vivent soit de la mémoire du passé, soit de l'espoir de l'avenir.