Ce qui n'a jamais été articulé en mots finit par devenir trop nébuleux pour s'inscrire dans la mémoire.
La moquerie est le langage du mépris, et l'une des manières dont il se fait le mieux entendre : elle attaque l'homme dans son dernier retranchement, qui est l'opinion qu'il a de lui-même.
Le premier devoir de l'amitié n'est point de donner de stériles regrets à l'ami disparu, mais de garder la mémoire de ses volontés et d'exécuter ses recommandations.
Possède ton sujet, et les mots suivront.
Il faut savoir oublier pour goûter la saveur du présent, de l'instant et de l'attente, mais la mémoire elle-même a besoin de l'oubli. Il faut oublier le passé récent pour retrouver le passé ancien.
Didier Daeninckx, rédacteur de fiche de police, graphomane incontinent qui écrit effectivement avec ses pieds, dopé au conspirationnisme, D.D. comme la marque de chaussettes, sycophante, garde rouge du capital, un exemplaire prototypique de ce que P.-A. Taguieff a appelé la maladie de la gauche folle.
Oui, Boulanger entendait que le parlementarisme est un poison du cerveau comme l'alcoolisme, le saturnisme, la syphilis, et que, dans les verbalismes et la vacuité de ce régime, tout Français s'intoxique.
C'est en pleine ville qu'on écrit les plus belles pages sur la campagne.
De mon temps, les rues menaient au marécage.Le langage me dénonçait au bourreau.Je n'avais que peu de pouvoir. Mais celui des maîtresEtait sans moi plus assuré, du moins je l'espérais.Ainsi se passa le tempsQui me fut donné sur terre.
L'écrivain est à l'écoute des mots qui tracent son avenir.
Tout a été dit. Sans doute. Si les mots n'avaient changé de sens ; et les sens, de mots.
Devenir attentif aux pièges des mots est une précaution philosophique de base.
L'histoire s'écrit et se réécrit comme un livre. Elle est faite de mémoire et d'intuition.
Plus la joie est extrême et plus elle est fugitive ; mais j'en garde pourtant la mémoire si vive, que mon plaisir perdu n'est pas du tout passé.
J'agite mes mots dans mes paragraphes comme un pinceau dans un godet.
Le texte de jouissance est absolument intransitif.
J'ai écrit un roman qui tient en une seule phrase ! C'est la vie d'un moine racontée par lui-même : Il était une foi... la mienne.
Le songe est peut-être à l'être humain ce que les cavernes sont à la terre : le refuge d'une mémoire qui s'invente au fur et à mesure.
Je laisse principalement mon imagination être ma réalité. La fantaisie est ma réalité.
Déguiser sous des mots bien choisis les théories les plus absurdes, suffit souvent à les faire accepter.
La reconnaissance a la mémoire courte.
Les mots peuvent assassiner tout autant que les armes.
Ceux qui ont créé les mots croyaient au délire.
Vouloir écrire l'amour, c'est affronter le gâchis du langage : cette région d'affolement où le langage est à la fois trop et trop peu, excessif (par l'expansion illimitée du moi, par la submersion émotive) et pauvre (par les codes sur quoi l'amour le rabat et l'aplatit).
Ci-gît celui dont le nom fut écrit dans l'eau.
Et si les baisers dans ces mots pouvaient aussi voyager, Madame, vous liriez cette lettre avec vos lèvres.
L'aridité du texte n'exprime pas la désinvolture, mais le respect.
On s'entretuera pour l'honneur des nôtres, la mémoire d'nos oubliés.
Beaucoup de jeunes séducteurs savent les mots qu'il faut dire aux femmes, mais ils ne savent pas reconnaître les femmes à qui il faut les dire.
Le visage est ce qui nous interdit de tuer. Le visage est signification, et signification sans contexte.
Face à la croissance explosive des techniques de communication de l'information, les capacités de notre cerveau d'acquérir, de stocker, d'assimiler et d'émettre de l'information sont restées inchangées.