Qu'est-ce que la théâtralité ? C'est le théâtre moins le texte, c'est une épaisseur de signes et de sensations qui s'édifient sur la scène à partir de l'argument écrit.
Le théâtre est ce qui fait que le rouge d'une robe est le même que le bruit d'un décor qui tombe.
Si vous voulez réellement aider le théâtre, ne devenez pas actrice. Faites partie du public.
Toutes les pièces qui ont été écrites, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, n'ont jamais été que policières. Le théâtre n'a jamais été que réaliste et policier. Toute pièce est une enquête menée à bonne fin.
Le théâtre en tant que forme d'art ne peut pas disparaître, pour la simple raison que les gens en ont besoin.
Le théâtre de boulevard est un genre, léger, vif, un théâtre de divertissement.
Il ne faut pas oublier que le théâtre est un plaisir de société.
Le théâtre demeure un des rares espaces où il est encore possible de réfléchir devant et avec les autres.
Le théâtre est un endroit où la pensée humaine peut avancer, un endroit où l'homme qui entre, n'est pas le même que celui qui sort.
Le théâtre doit parler des causes de la détresse humaine et des sources de la force humaine.
La preuve que le théâtre est un endroit singulier : on s'habille pour entrer dans une "baignoire".
Le théâtre est un permis de construire sur la lune.
Le théâtre, c'est le temps que chacun s'octroie pour se mesurer à l'aune de l'autre.
Le théâtre n'a jamais corrigé personne.
Le théâtre est un façon de vivre, le cinéma une façon de travailler.
Le théâtre, c'est mettre des solitudes en commun.
Mais où le théâtre prendrait-il son impulsion décisive sinon dans le royaume de la liberté ?
Le théâtre est l'exercice d'un métier, inaccessible à l'esprit, dans lequel on ne peut rien comprendre que dans l'épisodique, le fragmentaire, le momentané, car la loi est "l'explicable" et "l'inconnaissable".
Le théâtre est toujours polémique, et l'artiste intolérant.
Le théâtre n'est jamais la fabrication d'un produit, ce qui élimine trois choses : le tiroir-caisse, les acteurs et les spectateurs. Que reste-t-il ? L'essentiel, l'aventure du langage.
Le théâtre vit d'idées élevées : c'est son gagne-pain.
Pour le théâtre populaire d'aujourd'hui, il faut des personnages d'aujourd'hui.
Le théâtre est, de toutes les expressions artistiques, celle qui trahit le moins son auteur.
Le théâtre n'est pas un musée où l'on peut s'attarder devant un tableau qu'on aime.
Le théâtre est une façon de vivre, le cinéma une façon de travailler.
Le théâtre, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les outils de la tyrannie.
Le théâtre a toujours placé en exergue du monde ce qui le déchirait. Il n'existe que dans le rapport à la blessure dont le terme le plus commun est la psychose, la folie : l'histoire du théâtre est une longue histoire de fous, de possédés.
Dans le théâtre, il y a beaucoup de filles qui deviennent mères, mais il y a encore plus de mères qui deviennent des filles.
Ecrire pour le théâtre, c'est écrire pour l'autre : le metteur en scène et l'acteur car ce sont eux qui, avant le public, transforment en représentations scéniques les mots couchés sur le papier.
Le théâtre, lieu objectif et actif.
Le théâtre est un igloo au milieu du Sahara.
Le théâtre est une domestication.
Le théâtre est né de l'Histoire. Mais l'Histoire, elle, doit tant au théâtre !
Le théatre est un problème social comme toutes les questions artistiques.
Le théâtre a toujours eu lieu aux grandes époques de bouleversements politiques.
Le théâtre est le lieu où se rencontrent le monde visible et le monde invisible.
Le théâtre est une destination inconnue, mais suffisamment connue pour produire une inquiétude indicible, mais moins effrayante qu'elle ne devrait l'être grâce à la certitude de n'y arriver jamais.
Le théâtre est un prêtre déguisé en femme. À moins que ce ne soit une femme déguisée en prêtre. Ou un prêtre déguisé en femme déguisé en prêtre, etc.
Le théâtre est la table de multiplication du chiffre 1.
Je fais souvent l'analogie avec le tennis. A chaque match, les règles sont les mêmes, mais aucun jeu n'est identique. Le théâtre est comme ça. Chaque fois c'est différent.
Je crois que j'aime le théâtre. Je l'ai cru longtemps illusoire, mais il est acte poétique, acte de vie en pleine conscience.
Le théâtre, c'est la possibilité, pour un homme, de faire mourir des personnages qu'il a créés.
Le théâtre, c'est l'effervescence des sources avec la sagesse des estuaires.
Chacun ses manques, moi c'est le théâtre plus qu'autre chose !
On dit de moi que je suis théâtrale mais je clame haut et fort que je suis le théâtre, et que le théâtre c'est moi. Je suis un spectacle sans interruption.
Tout le monde connaît, au moins de réputation, le théâtre national de l'Opéra. J'ai eu le regret de constater qu'il n'avait pas changé : pour le passant mal prévenu, ça ressemble toujours à une gare de chemin de fer; une fois entré, c'est à s'y méprendre une salle de bains turcs.
Les théâtreux sont de gauche pour cacher que le théâtre est fondamentalement réactionnaire. C'est-à-dire que le mot de progrès provoque parfois un fou rire dans les coulisses du théâtre. Le théâtre est un doute sur les progrès de l'humanité qui ne se contente pas de rire.
Le théâtre est essentiel à ce qui nous rend humains.
Si nous ne tendons pas la main pour rendre le théâtre abordable à la jeune génération, nous perdrons tous.
Il y a ce qui nous manque, ce qui fait le sel de nos vies. Moi c'est le théâtre plus qu'autre chose. J'aime tellement la présence physique, de ceux qu'on connait et des autres.