Et si le théâtre n'était pas du tout où on l'attend ?
Le théâtre est indispensable à ce qui nous rend humain.
Lorsque le coeur montre son cul, le théâtre devient un bordel.
Le théâtre est le seul lieu où les crimes puissent se changer en métaphores, et les morts en vivants.
Le théâtre est une école de larmes et de rire, une tribune libre où l'on peut défendre des morales anciennes ou équivoques et dégager, au moyen d'exemples vivants, les lois éternelles du coeur et des sentiments de l'homme.
Le théâtre tragique a le grand inconvénient moral de mettre trop d'importance à la vie et à la mort.
Le théâtre, c'est du carton et c'est du plâtre... Mais c'est tout de même la vie... Comprenez-vous çà ?
Le théâtre doit faire des propositions qui permettent d'appréhender le chaos de la langue des médias et des modes. Sa langue doit être un foyer de réflexion.
Le théâtre est le seul lieu où il y a une rencontre entre l'écriture et l'oral - ce que n'offrent ni le cinéma, ni la télévision.
Le théâtre, c'est le souffleur. D'abord, il n'y a que lui qui sait toute la pièce !
Le théâtre n'est pas l'art de l'imitation ni du portrait-robot.
Le théâtre est la putain du corps social.
Le théâtre permet de provoquer les gens intellectuellement.
Le théâtre est l'apparoir de l'être. Apparition toujours plus difficile à mesure que le monde renonce à la contemplation et confond l'action avec l'activité.
Celui pour qui le théâtre est la joie de la métamorphose mourra acteur, même dans la cellule d'un couvent.
Le théâtre, c'est la passion des hommes et la délibération des citoyens assemblés dans le tourment de la représentation.
Le théâtre est toujours une émotion très présente en moi. Entendre les trois coups, le rideau qui se lève et le murmure de la salle, puis on se lance.
Toute action dans le théâtre doit avoir une justification intérieure, être logique, cohérente et réelle.
Le théâtre n'est pas muet comme est le ciné et n'est pas privé du geste comme le roman.
Le théâtre à Paris, ça n'est plus qu'un musée.
Le théâtre ne peut faire aucun bien et fait à coup sûr beaucoup de mal.
C'est une extraordinaire chose que le théâtre. Des gens comme vous et moi s'assemblent le soir dans une salle pour voir feindre par d'autres des passions qu'eux n'ont pas le droit d'avoir - parce que les lois et les moeurs s'y opposent.
Le théâtre est cet espace où se mesure, plus que celle du metteur en scène ou de l'auteur, l'imbécillité du public.
Le théâtre est l'érection du phallus universel. Au commencement était le théâtre et le théâtre était désir.
Le théâtre doit servir à ça, à aller, toujours, vers un peu plus de communion.
Le théâtre partage ses limites avec la religion. La religion n'est que du théâtre qui veut être vrai.
Le théâtre est un grand tableau noir où la craie sert d'éponge et l'éponge de craie.
Le théâtre doit représenter une histoire le plus clairement possible, avec un commencement, un milieu et une fin, telle qu'on la verrait se passer en action sous nos yeux.
Le théâtre, c'est un petit peu comme les rêves : ça n'a pas de sens.
Le théâtre imagine pour le spectateur, et lui fait vivre les produits de cette imagination.
Qu'il y ait simulacre, imitation et fable, et que plusieurs prennent plaisir, non seulement à jouer, mais à regarder et à s'étonner : le théâtre se définit par là tout entier.
Traduire le théâtre, c'est d'abord et avant tout savoir lire le théâtre, porter son regard sur un texte et s'en abreuver, se couler dans une matière linguistique et s'y fondre...
Celui qui possède un vieux chêne à gros glands possède bien plus qu'un arbre : une bibliothèque historique et un fauteuil d'orchestré réservé dans le théâtre de l'évolution.
Le théâtre peut se passer de tout, sauf du poète.
Le théâtre est comme le pouvoir, il est à qui le prend.
Le théâtre a toujours été une école pour les jeunes, les gens à demi-cultivés et les femmes, qui, possédant encore le bas talent de se tromper ou de se laisser tromper, sont accessibles à l'illusion et à la suggestion de l'auteur.
L'art de bien dire est le premier pas vers le théâtre. L'art de tout exprimer est le point de perfection.
Le théâtre est un acte artificiel.
Le théâtre est simplement fait pour essayer d'être un tout petit peu plus intelligent, d'aimer, de comprendre mieux le monde.
Le théâtre ne relève pas de la chasse à l'homme mais de la quête de l'être.
Le théâtre. Les hommes et les femmes n'y vont, les uns que pour voir, et les autres que pour être vues, et avec une parure extraordinaire.
Lieu du texte, lieu pluriel et contradictoire, le théâtre reste un art fragile, minoritaire par nature, trop éphémère pour modifier en profondeur le tissu social. Néanmoins, l'art du théâtre est un art profondément moral.
Ceux qui prétendent que le théâtre n'est pas cher puent la morgue des riches.
Le théâtre, c'est une affaire de conquête et de reconquête quotidienne.
Le théâtre n'est pas le lieu des apparences, il est le lieu des apparitions.
Le théâtre sert à créer une dialectique, pour que les gens réfléchissent à leur vie, à son sens : pourquoi est-on là et à quoi cela sert-il ?
Le théâtre porte au plus haut l'intention (souvent oubliée) de la poésie, qui est de maintenir ouverte, pour tous, dans la langue, la circulation de l'infini.
Le théâtre est l'endroit où on embrasse le plus et où on s'aime le moins.
Avant tout le théâtre est une cérémonie.
Le théâtre est le moyen le plus actif et le plus prompt d'armer invinciblement les forces de la raison humaine, et de jeter tout à coup sur un peuple une grande masse de lumière.