Le théâtre est cet espace où se mesure, plus que celle du metteur en scène ou de l'auteur, l'imbécillité du public.
Le théâtre est une des ces ruches où l'on transforme le miel du visible pour en faire de l'invisible.
Le théâtre imagine pour le spectateur, et lui fait vivre les produits de cette imagination.
La démocratie est toujours en chantier, et le théâtre est là pour rappeler sans cesse au citoyen qu'il a du pain sur la planche.
Une pièce de théâtre a le pouvoir de capter toutes les nombreuses sortes d'êtres humains qui composent un public et elle peut les rassembler dans une seule et unique expérience.
Quand un metteur en scène a fini son film, il ne lui appartient plus. Ce qui reste à la fin, c'est comment le film est passé à travers soi.
Le théâtre est un métier d'enfance et de lumière.
Le véritable metteur en scène de notre vie est le hasard.
Le théâtre est un lieu utopique où venir toucher la terre du langage et atteindre ses forces.
Le théâtre est un point d'optique. Tout ce qui existe dans le monde, dans l'histoire, dans la vie, dans l'homme, tout doit et peut s'y réfléchir, mais sous la baguette magique de l'art.
La fenêtre, en province, remplace le théâtre et les promenades.
Le théâtre partage ses limites avec la religion. La religion n'est que du théâtre qui veut être vrai.
La vie d'un personnage doit être une ligne ininterrompue d'événements et d'émotions, mais une pièce de théâtre ne nous donne que quelques instants sur cette ligne - nous devons créer le reste pour dépeindre une vie convaincante.
Faire du théâtre est la chose la plus superficielle, la plus inutile du monde, et du coup on a envie de la faire à la perfection.
L'homme est lui-même metteur en scène, décorateur, costumier et acteur de sa propre tragédie. Personne n'y échappe.
On ne devient pas un auteur dramatique, on l'est tout de suite ou jamais, comme on est blond ou brun, sans le vouloir.
Le théâtre est fait pour diviser, voire déranger.
On n'a quand même pas pris la Bastille pour en faire un opéra !
Dans le théâtre des humains, les places de spectateurs sont réservées à Dieu et à ses anges.
Les ouvrages qu'un auteur fait avec plaisir sont souvent les meilleurs, comme les enfants de l'amour sont les plus beaux.
Le théâtre doit être une lumière pour l'intelligence.
On ne peut parler d'amour et de théâtre qu'à bâtons rompus.
Un auteur doit être dans un livre comme la police dans la ville : partout et nulle part.
Le cinéma, c'est du théâtre en conserve.
Il y a trois genres littéraires bien différents : la poésie qui est chantée, le théâtre qui est parlé et la prose qui est écrite.
J'ai travaillé toute ma vie avec les plus grands metteurs en scène. Aujourd'hui j'ai envie de travailler avec des jeunes. Je n'ai plus envie de travailler avec des gens de mon âge, ça m'emmerde. Je préfère travailler avec un jeune metteur en scène, même s'il est plein de maladresses.
Les livres de théâtre scellent la mort de la jouissance que procurent le spectacle.
Le plus bel hommage que nous puissions rendre à un auteur n'est pas de rester attachés à la lecture de ses pages, mais plutôt de cesser inconsciemment de lire, de reposer le livre, de le méditer et de voir au-delà de ses intentions avec des yeux neufs.
Le théâtre est un géant qui blesse à mort tout ce qu'il frappe.
Le travail d'un metteur en scène est d'obtenir des acteurs une interprétation aussi bonne sur le plateau que celle obtenue le matin dans sa baignoire.
Pour le théâtre populaire d'aujourd'hui, il faut des personnages d'aujourd'hui.