Le théâtre est un acte artificiel.
La création est de la part de Dieu un acte non pas d'expansion de soi, mais de retrait, de renoncement. Dieu et toutes les créatures, cela est moins que Dieu seul.
Toute oeuvre humaine, tout acte humain, et même parfois les plus élémentaires, exigent et supposent un avenir.
Le théâtre est le premier sérum que l'homme ait inventé pour se protéger de la maladie de l'Angoisse.
La poésie suggère. En cela, elle est plus proche qu'on ne pense de la vie, qui est toujours en deçà de l'instant qui frappe.
La France méprise la jeunesse, sauf quand elle s'immole pour sauvegarder la vieillesse. Mourir est un acte de vieux.
La poésie est active dans toutes les formes de création. C'est elle qui en fait la beauté, laquelle est un éveil, un cri d'alarme.
Au fond, tout le mystère de la poésie est d'être attentif au monde.
Si l'on ment, il faut mentir jusqu'au bout. Il faut du mensonge faire un acte de foi.
Je ne connais pas vraiment Hollywood, mais vivre à L.A. était très motivant et inspirant. Les lumières, les figurants, leurs visages américains, l'énergie, le Théâtre Orpheum. C'était très inspirant.
Le théâtre est un façon de vivre, le cinéma une façon de travailler.
N'est-il pas dans la nature de la poésie d'être et de rester souterraine ?
La source d'inspiration, à condition de ne pas mener au plagiat, est essentielle. Par ailleurs, T.S. Eliot a très bien dit que la poésie et l'écriture, ce ne sont pas l'expression des émotions mais précisément la fuite des émotions.
S'il peut y avoir une analogie de la poésie avec la grâce, c'est que la poésie est une grâce.
Au théâtre ou dans la littérature, plus les gens attendent des choses, plus il faut leur donner le contraire.
Quand la télévision daigne diffuser une pièce de théâtre de qualité, elle le fait tard, à l'heure du porno.
Chaque mot poétique est ainsi un objet inattendu, une boite de Pandore d'où s'envolent toues les virtualités du langage; il est donc produit et consommé avec une curiosité particulière, une sorte de gourmandise sacrée. Cette Faim du mot, commune à toute la poésie moderne, fait de la parole poétique une parole terrible et inhumaine.
Le théâtre est le lieu où se rencontrent le monde visible et le monde invisible.
Faire du théâtre exige une double aptitude : à la révolte et à l'admiration.
Ce drame au-dedans de nous, qui ne comporte pas de cris, ne crée-t-il pas le climat même de la poésie ?
L'âge n'est jamais qu'un rôle dans le théâtre du monde. Les jeunes se veulent plus vieux, les vieux plus jeunes, et tous meurent de n'avoir pas été.
Le théâtre est un lieu utopique où venir toucher la terre du langage et atteindre ses forces.
Qui va au théâtre pour passer une bonne soirée est un piètre spectateur.
Le grave inconvénient d'être l'ami le plus intime d'un jeune auteur dramatique, c'est qu'il vous prie d'assister à la première dans la loge de sa mère.
Il faudrait faire du théâtre satirique avec la netteté d'un Beaumarchais et l'abondance d'un Rabelais.
Le théâtre est un endroit où la pensée humaine peut avancer, un endroit où l'homme qui entre, n'est pas le même que celui qui sort.
Mon cerveau bourdonne de bribes de poésie et de folie.
Le théâtre n'est pas la Sorbonne et le public n'est pas un élève venu assisté à un cours d'histoire. Ils viennent pour se distraire.
Le langage de l'art du théâtre est un langage de proximité. A la mesure de l'homme.
Le théâtre doit être une lumière pour l'intelligence.
La difficulté pour une actrice est de rester disponible pour entrer dans l'univers du metteur en scène.