Il ne faut pas oublier que le théâtre est un plaisir de société.
L'esprit intuitif est un don sacré et l'esprit rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et a oublié le cadeau.
Il y a une espèce d'hystérisation de la société par rapport aux élections. Généralement, plus on approche de la date fatidique, plus on oublie ce qu'on reprochait aux candidats qui se présentent. C'est assez étrange. Ce qui m'intéresse, c'est de voir comment ça va se passer avec les écologistes...
Le théâtre peut beaucoup là où du moins il y a suffisamment de vie.
Le système actuel a ôté tout pouvoir à l'électeur. Dans une société dirigée par les grands patrons et la finance, le citoyen n'a plus de poids. Le consommateur a pris sa place. Prenons-en acte.
C'est le rythme même de ce qu'on lit et de ce qu'on ne lit pas qui fait le plaisir des grands récits.
Qui va au théâtre pour passer une bonne soirée est un piètre spectateur.
Il ne suffit pas de réussir, il faut également jouir du plaisir de voir les autres échouer.
Le théâtre n'est pas la démonstration analytique de notre condition ; il est le chant dithyrambique de nos désirs profonds ou de nos railleries.
On voudrait parfois être cannibale, moins pour le plaisir de dévorer tel ou tel que pour celui de le vomir.
Le théâtre n'est pas un musée où l'on peut s'attarder devant un tableau qu'on aime.
Notre société est comme une immense machine dont le tableau de bord est trop pauvre en indicateurs et dont l'épiderme bétonné est insensible aux réactions individuelles. Une machine si occupée à construire, à produire, qu'elle est aveugle à ce qu'elle détruit et myope à l'égard du monde qu'elle risque de faire.
Le miracle n'est pas à expliquer ni à justifier. Il est le bon plaisir de Dieu et cela suffit.
C'est surtout au théâtre que chacun est responsable de ses actes.
Les mouvements totalitaires avaient moins besoin de l'absence de structure d'une société de masse, que des conditions spécifiques d'une masse atomisée.
Les parties de plaisir s'achèvent dans la solitude mélancolique des examens intimes.
Il y a un plaisir délicieux à serrer dans ses bras une femme qui vous a fait beaucoup de mal, qui a été votre cruelle ennemie pendant longtemps et qui est prête à l'être encore.
L'abus de biens et de consommation est un fardeau qui rétrécit l'existence. L'absence d'encombrement procure de l'espace pour penser, et sans doute même pour comprendre.
La scène n'est là que pour révéler le spectacle à lui-même.
Le drame tient de la tragédie par la peinture des passions et de la comédie par la peinture des caractères. Le drame est la troisième grande forme de l'art.
Aucun plaisir n'est aussi grand que l'amour de l'aimée, aucune douleur n'est aussi intense que l'absence de l'aimée.
La société est divisée en deux classes, les tondeurs et les tondus.
Une société n'est vertébrée que par ses coutumes.
Ce qui distingue les forfaits de la vie de ceux du théâtre, c'est que dans la vie on fait plus et on dit moins, et qu'au théâtre on parle beaucoup pour faire une toute petite chose.
Dans une société qui devient de plus en plus matérialiste, le confesseur, c'est le médecin.
On rappelait. On frappait du pied. Mais c'était le succès ça ! J'avais oublié que ça pouvait m'arriver à moi, un public qui applaudisse sincèrement. Je sortis de scène comme un fou. Envie de rire, de pleurer. Redécouvrant le bonheur de réussir.
Le bonheur c'est le plaisir sans remords.
La mélancolie est le plaisir d'être triste.
L'amour est la grande victime de la société telle qu'elle est faite
La liberté est l'ensemble des droits, qu'aucune société régulière ne peut ravir à ses membres, sans violer la justice et la raison.
Dans la nouvelle scène je suis le seul qui sort du lot. Je suis le seul écrivain potable depuis Victor Hugo.