Jean d'Ormesson réussit ce qui est le plus difficile et le plus exigeant en littérature : être à la fois simple et profond.
Les hommes diffèrent entre eux comme le ciel et la terre, et les femmes comme le ciel et l'enfer.
Les maladies suspendent nos vertus et nos vices.
Ris et le monde rit avec toi. Pleure et tu pleures toute seul.
Très vite, on culpabilise, et ça n'arrange rien. Il y a les handicapés, les cancéreux, les sidéens, tous ceux qui viennent de perdre quelqu'un. De quel droit peut-on se sentir mal, être si mal ? Et puis c'est beaucoup plus stupide encore, mais on se sent vexé. On ne meurt pas.
C'était une figure éteinte et triste, avec de petits yeux fanés. Il y avait des larmes dans ces yeux, mais dans sa voix il y avait de la haine. La haine, c'est la colère des faibles !... Si j'étais rémouleuse, je me méfierais.
Je fais une énorme différence entre la popularité et la célébrité. Pourquoi je n'aime pas la popularité ? Parce que ce n'est pas un critère de qualité.
J'étais aussi libre et aussi sauvage qu'un coyote.
Si Dieu les eût livrés à la corruption de leur coeur, il n'y eût point eu de pécheurs plus perdus et plus abandonnés à tous les vices.
Je devine quand nous sommes justes et sincères ou que nous cherchons à séduire au delà du texte.
Mais, en même temps que changeait son destin, son âme se trouva miraculeusement purifiée de l'escafignon des rues de Paris et de la gravéolence des banlieues infâmes où s'étaient pourries les tristes fleurs de sa misérable enfance. Assainissement et oubli complets.
Dans les vagues successives et tourmentées de la révolution chinoise, Mao et Chou, ce couple contradictoire et indissociable, souvent cachés par le creux de la vague, ont toujours réapparu au sommet : le paysan prophétique et le mandarin subtil, l'incantatoire et l'opérationnel.
L'indifférence opère puissamment à travers l'histoire. Elle opère de manière passive mais elle opère. C'est la fatalité ; c'est ce sur quoi on ne peut pas compter ; c'est ce qui bouleverse les programmes, qui renverse les plans les mieux construits ; c'est la manière brute qui se rebelle contre une intelligence et vient l'étrangler.
Il n'existe pas d'hommes parfaits, il n'y a que pire et plus pire.
Il y a quelque chose de magnifique dans l'innocence; mais ce qui est mauvais à son tour, c'est qu'il ne peut pas très bien se protéger et se laisse facilement séduire.
Ma mère était une thérapeute clinicienne libre d'esprit, et j'avais le père le plus travailleur, un directeur d'éclairage de télévision de métier. Ma mère m'a élevé au rang de citoyen du monde, les yeux ouverts aux réalités parfois dures.
Je ne peux pas, en toute bonne conscience, participer à une fête célébrée par un pays où des gens comme moi se voient systématiquement refuser le droit fondamental de vivre et d'aimer ouvertement.
L'art est encore la seule forme supportable de la vie ; la plus grande jouissance, et celle qui s'épuise le moins vite.
Et maintenant, réfléchissez, les miroirs.
Je plains ceux pour qui il n'y a pas de mystère : ils n'ont de mystère pour personne ; et aussi peu de vie, à proportion.
Il faudrait considérer ses opinions comme des costumes, et en changer selon la saison, l'heure et le milieu.
J'adore les Français, et je pense qu'ils le savent. J'ai été adopté là-bas. Ils me traitent comme une des leurs.
Charlotte est heureuse de jouer toute la journée avec ses perles. Il faudra qu'elle soit très riche plus tard car elle s'intéresse seulement au cash et aux bijoux !
Fermer les yeux sur la réalité n'a jamais diminué les périls qu'elle représente et il ne fait aucun doute que nos chances de surmonter l'épreuve augmentent quand nous nous forçons à regarder les choses sans hésiter.
Demain, nous courrons plus vite, nos bras s'étendront plus loin... Et un beau matin...C'est ainsi que nous avançons, barques luttant contre un courant qui nous rejette sans cesse vers le passé.
Quand on sait où on est et qui on est, on peut, comme le chat, fondre sur la bille roulant sur le plancher et imaginer que c'est un dragon.
Satan lui aussi est partout. Et il est d'abord en nous-même.
Le danger, quand on ne le voit pas, a le caractère vague et approximatif des conceptions humaines. La peur s'estompe ; et, faute de stimulant, l'Imagination, cette ennemie de l'homme, mère de toutes les terreurs, s'endort dans l'engourdissement qui suit l'épuisement de l'émotion.
L'imagination bien sur, peut ouvrir n'importe quelle porte, tourner la clé et laisser entrer la terreur.
L'homme nie essentiellement ses besoins animaux, c'est le point sur lequel portèrent la plupart de ses interdits, dont l'universalité est si frappante et qui vont en apparence si bien de soi qu'il n'en est jamais question.
La lecture est probablement venue prendre place dans ces-rites de transition- du jour et de la nuit, destinés à combattre l'angoisse du soir et du néant, peut-être du rendez-vous avec l'inconscient.
Parlez ou agissez avec un esprit pur et le bonheur suivra.
Les esprits humains sont plus pleins de mystères que n'importe quel livre écrit et plus changeants que les formes de nuages dans l'air.
Alors j'ai choisi l'arme ultime: une grève de la faim. C'est un moyen terrible, vous savez. Mes parents se sont affolés, et ont cédé au bout de quelques jours. Je ne servirais plus mes frères: "Ni à table, ni dans la chambre, ni jamais !" ai-je exigé. Ce fut au fond ma première victoire féministe.
J'aime ces films où je sens la confiance du réalisateur, où il n'a pas besoin d'en faire trop avec les plans et les montages.
J'ai des idées en tête et des envies de programmes.
Il est toujours étrange pour quelqu'un d'être réduit à un événement particulier et pour un acteur à un rôle, quand tant de temps a passé, quand on a fait depuis tant de choses...
Il y a des livres moraux, des livres amusants, des livres gais, et aussi des livres mélancoliques, qui nous font rire à l'idée que dans cette vie détraquée on puisse gémir sur une injustice de plus ou de moins.
Les traditionalistes sont pessimistes pour l'avenir et optimistes pour le passé.
L'absolu, s'il existe, n'est pas du ressort de nos connaissances; nous ne jugeons et nous ne pouvons juger des choses que par les rapports qu'elles ont entre elles.
La théorie de l'évolution ? Tu parles ?! Et d'abord l'évolution de qui ? Tout ça c'est pipeau ! On n'a pas évolué... on a changé...
En tant que père de deux enfants handicapés, j'ai été invité à participer à une émission de télévision pour témoigner.J'ai parlé de mes enfants, j'ai insisté sur le fait qu'ils me faisaient rire souvent avec leurs bêtises et qu'il ne fallait pas priver les enfants handicapés du luxe de nous faire rire.
Rochecotte évoquait plutôt quelque chose d'intermédiaire entre la poupée gonflable et le cochon fraîchement rincé.
Mes morts, mes pauvres morts, c'est maintenant que vous allez souffrir, sans croix pour vous garder, sans coeurs où vous blottir. je crois vous voir rôder, avec des gestes qui tâtonnent, et chercher dans la nuit éternelle tous ces vivants ingrats qui déjà vous oublient.
Les choses ont toujours tourné autrement que "techniciens" et compétences ne l'avaient prévu. de sorte que je ne crois plus ni aux experts, ni aux techniciens, ni aux compétences et que je les considère en bloc comme une collection de hâbleurs et de flibustiers.
Les clous, les sociétés, les sentiments peuvent se rouiller à la longue. Pas ma mère. Elle était un arbre, cerclé dans une cour de prison, mais que le moindre souffle de printemps pouvait faire bourgeonner et fleurir avec luxuriance.
Une question que se posent de plus en plus de gens dans le monde entier, et particulièrement dans les classes populaires, c'est : comment se fait-il que dans la société du progrès matériel et technologique se multiplient les événements moralement inacceptables ?
Il y a deux sortes d'hommes, ceux qui habitent leurs chrysalides et ceux qui la brise pour se faire papillon.
Par la violence du dépassement, je saisis, dans le désordre de mes rires et de mes sanglots, dans l'excès des transports qui me brisent, la similitude de l'horreur et d'une volupté qui m'excède, de la douleur finale et d'une insupportable joie !
Ton souvenir est comme un coffret de reliquesOù dorment des joyaux d'amour mélancoliquesEt que j'ouvre à genoux pour voir comme un trésorTout mon passé dans l'ombre étinceler encore !