Jean d'Ormesson réussit ce qui est le plus difficile et le plus exigeant en littérature : être à la fois simple et profond.
La poésie est simplement la preuve de la vie. Si votre vie brûle bien, la poésie en est les cendres.
Il semble prudent de remercier un auteur pour son livre avant de le lire. Cela évite d'avoir à mentir.
La littérature contemporaine se rétrécit : elle recule devant la grande métaphore de l'avenir, cette alliance incroyable entre la poésie et les mathématiques.
L'ivresse, comme la peinture, comporte une partie mécanique et une partie poétique ; l'amour aussi d'ailleurs.
Tout auteur dramatique digne de ce nom nous met sous le nez l'horreur et la grâce d'exister.
La peinture ou la poésie sont faites comme on fait l'amour - une étreinte totale, la prudence au vent, rien n'est retenu.
Il fait bon d'ouvrir la porte au rêve : on cherche la magique extase de la poésie dans la lecture des chef-d'oeuvre qu'elle a produits.
Je n'ai jamais eu le temps de lire, mais rien, jamais, n'a pu m'empêcher de finir un roman que j'aimais.
La récupération, le recyclage, c'est l'apanage des guerres, leur poésie en somme, cette façon qu'ont les choses de servir deux fois et à des buts distincts : les balles du front, en 14, deviennent pendentifs, ornements de bracelets, à l'arrière.