Il n'y a pas de poésie dans la haine et la violence.
La haine du grand pour le petit est le dégoût ; la haine du petit pour le grand, l'envie.
La partition est une chose, le chant en est une autre. Ce qu'il faut, c'est avoir la musique en tête et la chanter avec le corps.
La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures.
La frénésie du changement serait aussi néfaste que la surdité et la cécité qui nous occultent ce que nous sommes.
En poésie nous avons des droits sur les paroles qui forment et défont l'Univers.
Il n'y a pas d'erreur romantique plus forte que celle de l'utilité de la douleur. Rien ne sert à rien.
La haine est la conséquence de la peur.
La violence n'est le Credo d'aucune religion.
Les habitants des fleuves connaissent la vie des poissons. Les montagnards connaissent le chant des oiseaux. Les habitants des fleuves vivent du fleuve. Les montagnards vivent de la montagne.
Seuls, la peur, l'enthousiasme, l'esprit de sacrifice, la haine ou l'amour peuvent donner la vie aux créations de l'esprit.
Tout pays qui accepte l'avortement n'enseigne pas son peuple à aimer, mais à utiliser la violence pour obtenir ce qu'il veut.
La violence n'a pas de langage.
Nous vivons dans un monde où nous devons nous cacher pour faire l'amour, alors que la violence se pratique au grand jour.
Que restera-t-il sur la terre dans cinquante ans ? On empoisonne les rivières, les océans ; on mange des hydrocarbures, que sais-je encore ? Le Rhône charrie du mercure, des poissons morts. Pour les enfants des temps nouveaux, restera-t-il un chant d'oiseau ?
Sarah se souvient de cette femme, dans l'ancien cabinet où elle exerçait, qui venait d'être promue associée et qui, à l'annonce de sa grossesse, s'était vue destituée, renvoyée au statut de collaboratrice. C'était une violence sourde, invisible, une violence ordinaire que personne ne dénonçait.
L'acte d'amour et l'acte de poésie sont incompatibles avec la lecture du journal à haute voix.
La poésie libère la magie des mots.
La haine doit être le fruit d'une chaude imagination lorsqu'elle n'est pas le produit direct de la douleur.
La question est de savoir si nous devons garder plus de rancune aux femmes des peines qu'elles nous auront faites ou plus de reconnaissance des ivresses qu'elles nous aurons prodiguées.
Ma poésie : c'est une île qui vole à la recherche de sa page natale.
Ce que la poésie fait de plus sublime, c'est de donner aux choses insensées sens et passions.
D'ailleurs, parce que le vent, comme on dit, n'est pas à la poésie, ce n'est pas un motif pour que la poésie ne prenne pas son envol. Tout au contraire des vaisseaux, les oiseaux ne volent bien que contre le vent. Or la poésie tient de l'oiseau.
Ce n'est pas la violence qui dompte la haine, ni la vengeance qui guérit l'injure.
La seule signature au bas de la vie blanche, c'est la poésie qui la dessine.
La poésie n'a jamais fini de s'inventer. C'est son signe d'éternité.
La poésie c'est la raison en vacances, une possibilité de survivre dans ce monde voué au matérialisme.
Prévenir la trahison, débusquer le faux ami, le jaloux parent, le traître avant qu'il inocule son venin est une opération aussi complexe que de nettoyer l'anus d'une hyène.
La poésie est le plus court chemin d'une sensibilité à une autre.
Certains se font de la poésie une idée si vague qu'ils prennent ce vague pour l'idée même de la poésie.
Quand l'homme a voulu imiter la marche, il a créé la roue, qui ne ressemble pas à une jambe. Il a fait du surréalisme sans le savoir.