C'est surtout lorsqu'on est obligé de parler de soi que la brièveté est nécessaire.
Chaque jour, on s'en va de soi. Des morceaux de peau, des provinces de nos mémoires se retirent.
Tout le monde a un ennemi à l'intérieur de soi.
Ce n'est pas ce qu'on fait sortir de soi dans la poésie des autres qui est important, mais le fait d'avoir enfin une oreille pour l'entendre.
Passer le temps à se rafistoler l'âme. Croire en sa force et puis lâcher prise. Dégringoler. Avoir peur de soi. De la partie inconnue. De celle qui brise.
La signification de la philosophie ne sera plus de révéler les choses telles qu'elles sont en vérité, mais de permettre au philosophe de prendre conscience de soi.
L'homme de qualité exige tout de soi. C'est un souverain. L'homme sans qualité exige tout des autres. C'est un despote.
L'homme est l'être qui ne peut sortir de soi, qui ne connaît les autres qu'en soi, et, en disant le contraire, ment.
La vérité attend au bout de soi. Et aller au bout de soi, c'est aimer et comprendre.
L'âge n'est qu'un simulacre. Au plus profond de soi, il n'y a de vif et de vrai que son enfance et sa jeunesse.
Aussi habile qu'on puisse être à simuler la maîtrise de soi, un front, une lèvre trahissent quand même un état d'âme.
C'est une drôle de chose que la vie - ce mystérieux arrangement d'une logique sans merci pour un dessein futile. Le plus qu'on puisse en espérer, c'est quelque connaissance de soi-même - qui vient trop tard - une moisson de regrets inextinguibles.
La vanité trahit un manque de connaissance de soi.
Changer, c'est toujours perdre un bloc de soi. On le sent qui se détache, après un temps d'adaptation. C'est un deuil et un soulagement en même temps.
Tout n'est pas perdu, tant qu'on est mécontent de soi.
On ne réalise jamais ses rêves les plus profonds. Au mieux on, on ne fait que les effleurer, sans doute pour que cela devienne plus amer au fond de soi.
Ce n'est pas pour l'amour des êtres qu'on chérit les êtres : c'est pour l'amour de soi qu'on chérit les êtres.
Comme de toute chose, il y a un secret du vin ; mais c'est un secret qu'il ne garde pas. On peut le lui faire dire : il suffit de l'aimer, de le boire, de le placer à l'intérieur de soi-même. Alors il parle. En toute confiance, il parle.
Le mal du pays est avant tout un mal de soi et on se sent dépaysé justement à l'endroit où l'on ne se retrouve plus.
Le silence est le parti le plus sûr de celui qui se défie de soi-même.
L'art de plaire consiste simplement en deux choses : ne point parler de soi aux autres et leur parler toujours d'eux-mêmes.
Par l'amour, il peut arriver qu'on livre et reçoive quelque chose d'essentiel, qu'on sente s'épanouir ce qui pouvait sommeiller de meilleur au fond de soi...
Pour connaître la paix, il faut un enthousiasme à toute épreuve, ne rien comprendre de ce qui se produit autour de soi...
Ce n'est pas tant l'argent gagné qui compte : mais la somme de lâchetés, de renoncements et de trahisons de soi-même qu'on a dû accomplir pour parvenir à l'empocher. C'est ça l'argent cher.
Tout est permis du moment qu'on n'est pas dupe de soi-même ; du moment qu'on sait ce qu'on fait, et, autant que possible, pourquoi on le fait.
A vingt ans on ne doute de rien, surtout pas de soi-même !
La plupart des mensonges sont de politesse, même vis-à-vis de soi.
Si on savait ce que pensent et disent de nous nos meilleurs amis, nous serions horrifiés. Impression d'être trahis, dupés, rage sourde d'avoir trop livré de soi-même pour en arriver à ces misères.
On n'est pas libre lorsqu'on n'est pas maître de soi.
Il est facile de supprimer de soi l'espoir et l'ambition. Ceci accompli, on supprime la peur qui est sûrement la raison essentielle du combat de l'homme dans sa vie de tous les jours.
On aime mieux dire du mal de soi-même que de n'en point parler.
L'amour dont la vertu n'est point le fondement se détruit de soi-même, et passe en un moment.
La véritable liberté, c'est lorsqu'on est libre vis-à-vis de soi-même.
Cet égarement de l'amour qui est une infidélité à tout ce qui vit et respire loin de soi.
Si nous avons différentes façons de nous créer nous-mêmes, la plus évidente consiste pour chacun de nous à bâtir autour de soi une coquille.
Un amour est un voyage aux confins de soi-même.
On ne peut éviter d'avoir mal. Il dépend de soi de souffrir ou non.
On ne tire de soi la vie et la beauté qu'au détriment de sa chair...
Les hommes peuvent mourir de faim par manque de réalisation de soi autant qu'ils le peuvent par manque de pain.
L'action politique est de soi impure parce qu'elle est action de l'un sur l'autre et parce qu'elle est action à plusieurs.
En essayant de donner de soi-même, on se rend compte que l'on n'est rien.
La vie des écrivains, c'est plus important que les livres. On entend le mensonge et on entend la vérité, on entend le dedans et on entend le dehors, on est en soi et on est hors de soi.
La sexualité, c'est quelque chose que l'on a à l'intérieur de soi, une espèce de dynamique, de mouvement, de perpétuelle pulsion qui s'oriente vers un premier plaisir qui est le plaisir du corps propre.
Un mur peut se sauter, mais comment s'évader de soi ?
Qu'il est bon de se dévêtir de soi jusqu'à ne plus se reconnaître pour aller vers celui qui vous aime !
La vie humaine n'est faite que de souffrances et les souffrances de la vie ne dépendent que de soi.
Mais la beauté de l'amour, c'est l'interpénétration de la vérité de l'autre en soi, de celle de soi en l'autre, c'est de trouver sa vérité à travers l'altérité.
C'est peut-être ça, l'amour : un visage autour de soi, qui se multiplie, alors qu'on est seul !
Il faut apprendre à souffrir de soi comme des autres.
Le don qu'une femme fait de soi-même est aux yeux de celui qui l'aime quelque chose de grave, digne de respect. Quand c'est une autre personne qui en parle, cela paraît tout autre chose.