Du romantisme et de sa haine du conforme datent deux choses : le rêve d'immortalité a été remplacé par celui de la postérité, reconnaissance tardive des artistes maudits, lequel est éclipsé de nos jours par la notoriété, à savoir la dilatation de soi sur tous les réseaux et médias comme ego visible et flottant.
A vingt ans on ne doute de rien, surtout pas de soi-même !
Tout le monde a un ennemi à l'intérieur de soi.
Chaque jour, on s'en va de soi. Des morceaux de peau, des provinces de nos mémoires se retirent.
Ce n'est pas ce qu'on fait sortir de soi dans la poésie des autres qui est important, mais le fait d'avoir enfin une oreille pour l'entendre.
La vérité attend au bout de soi. Et aller au bout de soi, c'est aimer et comprendre.
C'est une drôle de chose que la vie - ce mystérieux arrangement d'une logique sans merci pour un dessein futile. Le plus qu'on puisse en espérer, c'est quelque connaissance de soi-même - qui vient trop tard - une moisson de regrets inextinguibles.
Changer, c'est toujours perdre un bloc de soi. On le sent qui se détache, après un temps d'adaptation. C'est un deuil et un soulagement en même temps.
Passer le temps à se rafistoler l'âme. Croire en sa force et puis lâcher prise. Dégringoler. Avoir peur de soi. De la partie inconnue. De celle qui brise.
La signification de la philosophie ne sera plus de révéler les choses telles qu'elles sont en vérité, mais de permettre au philosophe de prendre conscience de soi.
L'homme de qualité exige tout de soi. C'est un souverain. L'homme sans qualité exige tout des autres. C'est un despote.
L'âge n'est qu'un simulacre. Au plus profond de soi, il n'y a de vif et de vrai que son enfance et sa jeunesse.
Aussi habile qu'on puisse être à simuler la maîtrise de soi, un front, une lèvre trahissent quand même un état d'âme.
L'homme est l'être qui ne peut sortir de soi, qui ne connaît les autres qu'en soi, et, en disant le contraire, ment.
Par l'amour, il peut arriver qu'on livre et reçoive quelque chose d'essentiel, qu'on sente s'épanouir ce qui pouvait sommeiller de meilleur au fond de soi...
Ce n'est pas tant l'argent gagné qui compte : mais la somme de lâchetés, de renoncements et de trahisons de soi-même qu'on a dû accomplir pour parvenir à l'empocher. C'est ça l'argent cher.
La vie humaine n'est faite que de souffrances et les souffrances de la vie ne dépendent que de soi.
La vanité trahit un manque de connaissance de soi.
On aime mieux dire du mal de soi-même que de n'en point parler.
La sexualité, c'est quelque chose que l'on a à l'intérieur de soi, une espèce de dynamique, de mouvement, de perpétuelle pulsion qui s'oriente vers un premier plaisir qui est le plaisir du corps propre.
Le silence est le parti le plus sûr de celui qui se défie de soi-même.
On ne réalise jamais ses rêves les plus profonds. Au mieux on, on ne fait que les effleurer, sans doute pour que cela devienne plus amer au fond de soi.
Comme de toute chose, il y a un secret du vin ; mais c'est un secret qu'il ne garde pas. On peut le lui faire dire : il suffit de l'aimer, de le boire, de le placer à l'intérieur de soi-même. Alors il parle. En toute confiance, il parle.
L'art de plaire consiste simplement en deux choses : ne point parler de soi aux autres et leur parler toujours d'eux-mêmes.
Le mal du pays est avant tout un mal de soi et on se sent dépaysé justement à l'endroit où l'on ne se retrouve plus.
Ce n'est pas pour l'amour des êtres qu'on chérit les êtres : c'est pour l'amour de soi qu'on chérit les êtres.
Tout n'est pas perdu, tant qu'on est mécontent de soi.
Pour connaître la paix, il faut un enthousiasme à toute épreuve, ne rien comprendre de ce qui se produit autour de soi...
Si on savait ce que pensent et disent de nous nos meilleurs amis, nous serions horrifiés. Impression d'être trahis, dupés, rage sourde d'avoir trop livré de soi-même pour en arriver à ces misères.
L'action politique est de soi impure parce qu'elle est action de l'un sur l'autre et parce qu'elle est action à plusieurs.
Mais la beauté de l'amour, c'est l'interpénétration de la vérité de l'autre en soi, de celle de soi en l'autre, c'est de trouver sa vérité à travers l'altérité.
Il est facile de supprimer de soi l'espoir et l'ambition. Ceci accompli, on supprime la peur qui est sûrement la raison essentielle du combat de l'homme dans sa vie de tous les jours.
Tout est permis du moment qu'on n'est pas dupe de soi-même ; du moment qu'on sait ce qu'on fait, et, autant que possible, pourquoi on le fait.
L'amour dont la vertu n'est point le fondement se détruit de soi-même, et passe en un moment.
La plupart des mensonges sont de politesse, même vis-à-vis de soi.
Il faut apprendre à souffrir de soi comme des autres.
On ne peut éviter d'avoir mal. Il dépend de soi de souffrir ou non.
On n'est pas libre lorsqu'on n'est pas maître de soi.
La véritable liberté, c'est lorsqu'on est libre vis-à-vis de soi-même.
Les hommes peuvent mourir de faim par manque de réalisation de soi autant qu'ils le peuvent par manque de pain.
Cet égarement de l'amour qui est une infidélité à tout ce qui vit et respire loin de soi.
Si nous avons différentes façons de nous créer nous-mêmes, la plus évidente consiste pour chacun de nous à bâtir autour de soi une coquille.
La vie des écrivains, c'est plus important que les livres. On entend le mensonge et on entend la vérité, on entend le dedans et on entend le dehors, on est en soi et on est hors de soi.
C'est peut-être ça, l'amour : un visage autour de soi, qui se multiplie, alors qu'on est seul !
On ne tire de soi la vie et la beauté qu'au détriment de sa chair...
Un amour est un voyage aux confins de soi-même.
Un mur peut se sauter, mais comment s'évader de soi ?
A partir du moment où quelqu'un devient conscient de soi, il a un souvenir du monde et de l'histoire de son temps dont il doit se méfier. Car, ce n'est pas un souvenir exact, c'est même la pire et la plus dangereuse des sources.
En essayant de donner de soi-même, on se rend compte que l'on n'est rien.
Qu'il est bon de se dévêtir de soi jusqu'à ne plus se reconnaître pour aller vers celui qui vous aime !