Un intervalle, c'est comme une distance, mais dans un espace-temps. C'est à dire l'espace plus le temps.
Il faut qu'une image se transforme au contact d'autres images comme une couleur au contact d'autres couleurs. Un bleu n'est pas le même bleu à côté d'un vert, d'un jaune, d'un rouge. Pas d'art sans transformation.
Nous devons commencer la société humaine à partir de rien ; comme l'a dit Francis Bacon, nous devons recréer la compréhension humaine.
Je considère toutes mes pièces comme des pièces d'investissement. Une robe ne devrait pas être portée pendant une saison - vous devriez pouvoir la porter année après année.
Celui qui doit passer sa vie sous un tyran, même s'il est innocent, est souvent frappé comme coupable.
Nous devons accepter l'incompréhensible comme une part de nous-mêmes.
On devrait toujours s'habiller comme une colonne de marbre.
C'était par-dessus tout un opiniâtre. Il se servait de la méditation comme on se sert d'une tenaille ; il ne se croyait le droit de quitter une idée que lorsqu'il était arrivé au bout ; il pensait avec acharnement.
A quoi nous servirait la chance d'être nés humains si nous n'avions pas les moyens de vivre comme des êtres humains ?
Être brave avec son corps ? Demandez alors à l'asticot aussi d'être brave, il est rose et pâle et mou, tout comme nous.
Oui, l'amour est "extase", mais extase non pas dans le sens d'un moment d'ivresse, mais extase comme chemin, comme exode permanent allant du je enfermé sur lui-même vers sa libération dans le don de soi, et précisément ainsi vers la découverte de soi-même, plus encore vers la découverte de Dieu.
Marchez comme si vous aviez trois hommes derrière vous.
Si le cinéma français n'était pas structuré comme il l'est, j'aurais disparu il y a quinze ans.
Mon âme s'éveille, elle qui était comme fleur fanée - Quel bonheur unique, que cette période sacrée - Le souvenir de Dieu, sait nous réconforter - Je puis vous l'assurer, il faut en profiter.
Le Paris de l'Occupation a toujours été pour moi comme une nuit originelle. Sans lui je ne serais jamais né.
Tout comme l'immortalité de l'âme, l'amitié est trop belle pour y croire.
En littérature comme en amour, nous sommes toujours étonnés de ce que choisissent les autres.
Celui qui se comporte comme une poule sera reçu comme une poule.
Comme je dis souvent, j'ai été aussi ravi de rencontrer Édith Piaf et Georges Brassens qu'Elvis Presley et les Beatles.
Au cours de ma vie, j'ai fait des rêves qui me restèrent longtemps, et changèrent mes idées. Ils me traversèrent de part en part, comme le vin versé dans l'eau, et altérèrent la couleur de mon esprit.
La plupart de ceux qui travaillent dans les journaux n'ont pas les mêmes opinions que celles y étant exprimées. Certains d'entre nous ne savent même pas d'où elles viennent. Elles apparaissent juste mystérieusement, comme Batman.
Comme autrefois le diable, comme aujourd'hui la société, ce n'est jamais notre faute, le coupable est toujours ailleurs, hors de soi. Et très puissant.
Abordez les tâches aisées comme si elles étaient difficiles, et les malaisées comme si elles étaient faciles.
On ne peut pas faire ce métier si on est normal. Il y a longtemps que je ne me sens pas comme les autres. Il faut que j'aille mal pour savoir que je pourrais aller bien.
J'ai mal dans ma peau, je me sens nulle, zéro, inutile sur cette planète, je me fais honte au fond de moi. Je repousse toute idée d'indépendance, la vie me fait peur. C'est comme si cette peau n'était plus la mienne.
L'art de prévoir et de gagner par tous les moyens la guerre - la politique - s'impose, dès lors, comme l'exercice même de la raison. La politique s'oppose à la morale, comme la philosophie à la naïveté.
L'intelligence, on l'obtient du voisin comme du feu.
Je l'ai posé comme maxime, qu'il est bon pour un homme de vivre là où il peut rencontrer ses meilleurs, intellectuels et sociaux.
Le renforcement de notre statut d'État est parfois délibérément interprété comme de l'autoritarisme.
L'homme, comme le perroquet du persil, est friand des idées qui le tuent.
Rien n'est humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l'on échoue.
Riz : trois lettres, comme dans le mot blé, mais entre ces deux nourritures fondamentales, il y a la distance de deux groupes de civilisations.
À vingt ans, on danse au centre du monde. À trente, on erre dans le cercle. À cinquante, on marche sur la circonférence, évitant de regarder vers l'extérieur comme vers l'intérieur. Plus tard, c'est sans importance, privilège des enfants et des vieillards, on est invisible.
Je ne pense pas être un poète... Un poète, ça vole quand même un peu plus haut que moi... Je ne suis pas poète. J'aurais aimé l'être comme Verlaine.
Représentez-vous les humains comme des alpinistes qui font d'une seule et même cordée. Il faut que chacun avance et que la corde reste tendue.
J'ai adoré la femme comme l'incarnation vivante de l'esprit de service et de sacrifice.
Le genre de solitude dont je parle, c'est quand vous sentez qu'il ne vous reste plus rien. Rien ni personne. Comme si vous vous noyiez et que personne ne vous lancerait une ligne.
Je m'excuse d'avoir parlé de George W. Bush comme d'un "déserteur". Je voulais dire qu'il est un déserteur, un voleur d'élections, un alcoolique au volant, un menteur au sujet des armes de destruction massive et un illettré.
Les pères sont incertains sur ce qu'ils croient, sur ce qu'ils veulent ; la faiblesse des convictions se trouve comme celle des moeurs au sein des familles.
Il y a la pensée-maotsetung... Le soleil ne brille que le jour, l'étoile ne brille que la nuit ; la pensée-maotsetung brille la nuit comme le jour.
Ce que l'individu perçoit comme une liberté n'est rien de plus qu'une nécessité du point de vue collectif.
Il y a des consciences comme des bovidés, certains tirent la charrue, d'autres luttent dans les arènes.
L'horizon était barré par un banc de nuages noirs et cette eau, qui comme un chemin tranquille mène aux confins de la terre, coulait sombre sous un ciel chargé, semblait mener vers le coeur même d'infinies ténèbres.
Je ne me considère pas comme un pessimiste. Je pense qu'un pessimiste est quelqu'un qui s'attend à ce qu'il pleuve. Et je me sens trempé jusqu'aux os.
Quand nous faisons une théorie générale dans nos sciences, la seule chose dont nous soyons certains c'est que toutes ces théories sont fausses, absolument parlant. Elles ne sont que des vérités partielles et provisoires, qui nous sont nécessaires comme les degrés sur lesquels nous nous reposons pour avancer dans l'investigation.
J'accorde une puissance énorme à l'acte d'écrire mais comme toujours l'acte d'écrire peut prendre différents masques.
Je me sens comme le chat quand on le met dans le micro-ondes.
L'accent du pays où l'on est né demeure dans l'esprit et dans le coeur, comme dans le langage.
Les pensées, comme les puces, sautent d'un être humain à l'autre. Mais elles ne les piquent pas tous.
La voix de Philippe Noiret. Le timbre d'une plénitude chaleureuse, une fluidité grave de hautbois, comme un accord avec tout de la vie. Mais au fond de ce velours, il y a un éloignement, une mélancolie. Une mélodie qui semble tellement en harmonie avec les choses de la terre qu'elle annonce déjà comme un départ.