Les critiques sont les maquereaux de la littérature.
Notre accord est conclu : c'est un jeune poète qui dès demain rédigera cette chanson. Elle sera plus fraîche et, je crois, plus honnête : sans doute plaira-t-elle au public sans façon.
Quelle place la littérature prétend-elle prendre dans ce chaos où l'intime se mêle au politique, où tout semble mouvant et incertain, où le réel revendique sa part de piège et de risque ?
Vous pouvez voir le mauvais critique à ce qu'il commence par parler du poète et non du poème.
Le poème n'est point fait de ces lettres que je plante comme des clous, mais du blanc qui reste sur le papier.
Un poème bouge avec le temps.
Un acteur sur la scène, c'est une buche dans le feu. Quand la flamme du dialogue le quitte, il doit lui rester la braise de la situation. Mauvais bois qui s'éteint dès qu'il ne flambe plus. Faut-il donc que le poëte souffle toujours dessus ?
La littérature ne modifie pas l'ordre établi, mais les hommes qui établissent cet ordre.
La littérature et la gastronomie sont inséparables, l'une est la fille de l'autre. La gastronomie est née le jour ou de grands écrivains ont consacré leur talent aux choses de la table. L'oeuvre des cuisiniers n'a de raison de durer... qu'autant que les gourmets en parlent et en écrivent.
Tout poète lyrique en vertu de sa nature opère fatalement un retour vers l'Eden perdu.
Il est vrai que le fait divers est littérature, même si cette littérature est réputée mauvaise.
Mes critiques pensent que je ne suis pas sérieux mais seulement amusant.
Il n'y a pas d'heure pour la littérature ; la littérature n'est jamais à l'heure.
Le poète est celui qui voit le drame et la comédie.
S'il n'y avait dans le monde que l'inébranlable, l'impérissable, l'inaltérable bourgeoisie, la littérature ne trouverait pas de matière. Le romancier ne peint jamais un ordre qu'en train de se déranger.
Un chef-d'oeuvre de la littérature n'est jamais qu'un dictionnaire en désordre.
Tout prouve qu'une littérature durable ne peut être que l'expression, ou le reflet, de l'histoire humaine en marche.
Visible, nous le verrions le poète ; voyant, il nous verrait ; et nous pâlirions dans nos pauvres ombres, nous lui en voudrions d'être si réel, nous les malingres, nous les gênés, nous les tout-chose.
Poète je vis, poète je meurs Mais comme l'affirme l'ironique littérateur : N'en jetez plus Il ne faut pas poéter plus haut que son cul.
la littérature est le récit de notre mécontentement.
Il arrive que la littérature sauve de la déchéance.
La gauche (n'était) pas exempte de critiques particulières. Elle a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises, ou au moins sans elle. (...) Que la France pourrait aller mieux, en travaillant moins. C'était des fausses idées.
Dans un roman, on est porté par le récit. Le roman est situé dans le temps d'une lecture. Un poème est toujours "maintenant".
Nous ne donnons rien au poème qu'il ne nous rende au centuple. Nous croyons le faire ; c'est lui qui, secrètement, nous fait.
Que peut faire un poète sans souffrance ? il a autant besoin d'elle que d'une machine à écrire.
La littérature est l'un des derniers lieux où l'on peut se permettre de n'être contemporain que de l'homme.
La littérature est un accessoire aussi indispensable que les cigarettes ou le bon cognac.
La littérature est une machine à fabriquer des souvenirs et de la mort, une manufacture de testaments. Aucun roman n'a jamais fait de projet d'avenir.
La littérature est parfaitement inutile : sa seule utilité est qu'elle aide à vivre.
Je ne crois pas que la littérature ait quoi que ce soit à craindre de la technologie. Au contraire. Plus la technologie progressera, plus les gens s'intéresseront aux possibilités du seul esprit humain.
Il y a tout d'abord la littérature de la connaissance, et secondement, la littérature de la puissance. La fonction de la première est d'enseigner ; la fonction de la seconde est d'émouvoir.