Toute littérature est délation.
La vocation du théâtre est, à mes yeux, la plus basse des misères de ce monde abject et la sodomie passive est, je crois, un peu moins infâme.
Le monde est une pièce de théâtre ; il faut apprendre à jouer son rôle.
Pour rapprocher du passé le « devenir », il faut dire que le passé a engendré le présent. Prophéties effroyables, vous êtes devenues « terrestres » et avez été sauvées par la poésie et par votre signification.
Il y a deux manières de passionner la foule au théâtre : par le grand et par le vrai. Le grand prend les masses, le vrai saisit l'individu.
La poésie ne peut se permettre l'humour.
Les professeurs de lettres connaissent de la littérature ce que les prostituées connaissent de l'amour.
Le cinéma, c'est du théâtre en conserve.
La vraie littérature a son propre calendrier, sa propre liberté qui n'a rien à voir avec la liberté extérieure.
On ne peut trouver de poésie nulle part quand on n'en porte pas en soi.
La poésie peut plaire encore, mais le combat , lorsque la vie est l'enjeu, ne se livre qu'en prose.
Si le théâtre est bien le laboratoire des gestes et des paroles de la société, il est à la fois le conservateur des formes anciennes de l'expression et l'adversaire des traditions.
La vraie poésie est plus vraie que la science, parce qu'elle est synthétique et saisit dès l'abord ce que la combinaison de toutes les sciences pourra tout au plus atteindre une fois comme résultat.
La véritable poésie est faite d'impressions fugitives.
Ce monde, ce théâtre et d'orgueil et d'erreur, Est plein d'infortunés qui parlent de bonheur.
Je fais souvent l'analogie avec le tennis. A chaque match, les règles sont les mêmes, mais aucun jeu n'est identique. Le théâtre est comme ça. Chaque fois c'est différent.
Au théâtre ou dans la littérature, plus les gens attendent des choses, plus il faut leur donner le contraire.
Magie du théâtre ! Qu'importe la salle, la scène et ce qui va se passer sur scène. L'essentiel c'est que quelque chose va se passer.
Si les écrivains ne lisaient pas et si les lecteurs n'écrivaient pas, les affaires de la littérature marcheraient infiniment mieux.
Car la vie, j'en suis convaincu, est faite de poésie. La poésie n'est pas étrangère à la vie.
L'amour est muet, dit Novalis ; seule la poésie le fait parler.
Je ne fais pas de distinction entre la poésie et la peinture.
Le langage populaire, avec son radotage obsessionnel, sa pauvreté de vocabulaire, sa manie fastidieuse d'énumérer des détails superflus, sa dépendance du concret, voilà d'où surgit soudain la poésie sans crier gare.
La langue est un théâtre dont les mots sont les acteurs.
La littérature n'est pas un objet de loisir, elle a une fonction humaine et grave, ce qui ne veut pas dire ennuyeuse.
Toute oeuvre qui appartient à la littérature française a pour caractère essentiel d'être écrite en français.
Chaque mot poétique est ainsi un objet inattendu, une boite de Pandore d'où s'envolent toues les virtualités du langage; il est donc produit et consommé avec une curiosité particulière, une sorte de gourmandise sacrée. Cette Faim du mot, commune à toute la poésie moderne, fait de la parole poétique une parole terrible et inhumaine.
La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même.
Et jamais le tourment ne trouvera un ciel, et jamais le désir ne trouvera une terre. C'est pourquoi la poésie existe.
Le théâtre ne dit jamais la vérité, mais c'est parce qu'il ne dit pas la vérité qu'il engage le spectateur à trouver la sienne.
La peinture ou la poésie sont faites comme on fait l'amour - une étreinte totale, la prudence au vent, rien n'est retenu.