Toute métaphysique résulte d'un mauvais usage des mots.
Chacun se modifie au gré d'événements incommunicables. Les amis s'oublient, se perdent de vue. On obéit souvent à un tracé intérieur.
Qu'une femme sage ne se donne jamais la première fois par rendez-vous. Ce doit être un bonheur imprévu.
Ecrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté.
Ayez, si vous pouvez, un langage simple, et tel que l'ont ceux en qui vous ne trouvez aucun esprit : peut-être alors croira-t-on que vous en avez.
La femme est un produit de l'homme. Dieu a créé la femelle, et l'homme a fait la femme ; elle est le résultat de la civilisation, une oeuvre factice.
C'est la providence qui nous dirige, lorsqu'elle nous destine à jouer un rôle sur la scène du monde.
L'avis de l'homme sage vaut un oracle.
Lorsqu'un homme s'installe avec un travail dans un coin, il abandonne autant de vie qu'il acquiert de connaissance.
Ne jamais un seul instant mentir à sa conscience, ne jamais peindre, fut-ce grand comme la main, dans le seul but de plaire à quelqu'un ou de vendre plus facilement.
Il n'est pas de catégorie sociale plus misérable que celle qui possède uniquement l'argent. L'argent ne peut être qu'une bête de somme au service de quelque chose qui le dépasse infiniment. Élevé à un rang plus important, comme il l'est [...] ► Lire la suite
Un personnage comique est généralement comique dans l'exacte mesure où il s'ignore lui-même. Le comique est inconscient.
Un feu bientôt allumé ne s'éteint pas si tôt.
On voit s'ériger des générations d'enfants qui faute d'un éveil à la vie sont réduits à n'être que des consommateurs insatiables, blasés et tristes.
Le chagrin de l'absence d'un être cher est un bonheur comparé à la vie avec une personne que l'on déteste.
L'homme ne peut pas plus séparer la vieillesse de l'avarice qu'il ne peut chasser l'amour d'un corps jeune et vigoureux.
La morale est une convention privée ; la décence est affaire publique ; toute licence trop visible m'a toujours fait l'effet d'un étalage de mauvais aloi.
La pauvreté, tout d'abord, n'a jamais été un malheur pour moi; c'était radieux avec la lumière du soleil.. Je le dois à ma famille, avant tout, à qui tout manquait et qui n'enviait pratiquement rien.
L'analyse est parfois un moyen de se dégoûter en détail de ce qui était supportable dans son ensemble.
Où donc un enfant dormirait-il avec plus de sécurité que dans la chambre de son père ?
La volonté absolue ne consent pas au mal ; mais la volonté y consent dans la mesure où elle craint, par refus, de tomber dans un plus grand malheur.
Le grand mal de notre époque, c'est l'inquiétude : on est prêt à tout pour s'assurer un peu de sécurité, même à aliéner sa liberté.
Un blessé de guerre n'est jamais un infirme. Il n'a pas perdu son bras ; il l'a donné.
L'amour n'est qu'une étape, un arrêt momentané sur la route de la vie.
La prostituée, un matelas ambulant.
Un homme de lettres peut avoir une maîtresse qui fasse des livres ; mais il faut que sa femme fasse des chemises.
Un poète mort n'écrit plus. D'où l'importance de rester vivant.
Je refuse de me plier à un destin aveugle. La chance va et vient, il faut la saisir, il faut la surmonter.
C'est un terrible avantage de n'avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser.
La prison n'est qu'un espace muré qui cache les échecs de la sociétié.
La Turquie n'est que la longue marche d'un peuple, de la lointaine Eurasie vers l'Occident.
Chez les chamois, quand Madame se fait faire un lifting, on garde les peaux pour nettoyer les carreaux...
Le double comme la morale sont deux façons de nier la réalité ou de nier le tragique. Ce sont deux aspects d'un même problème. Le double, c'est l'illusion. A chaque fois que la réalité est indésirable, l'homme a une imagination [...] ► Lire la suite
Je ne juge pas un régime à la critique accablante de l'opposition, mais à l'éloge naïf du partisan.
On commence à fumer pour montrer qu'on est un homme. Vingt ou trente ans plus tard, c'est pour la même raison qu'on essaie de s'arrêter.
Par la grâce de l'hypertexte et des échanges sur Facebook, Twitter, Pinterest, l'effet "marabout-bout de ficelle-selle de cheval" joue à plein : le numérique constitue une matrice de découvertes inopinées et fortuites qui reprèsente le sel même de la culture. Internet provoque un effet boule de neige sur l'appétence de culture.
La chauve-souris n'est pas un oiseau mais elle ne le sait pas et elle continue de voler et de pondre des oeufs.
Naître, c'est recevoir tout un univers en cadeau.
La vie d'un ami, c'est la nôtre, comme la vraie vie de chacun est celle de tous.
Le pot-de-vin est une sorte de vaso-dilatateur de la conscience politique qui provoque très rapidement un regain d'intérêt chez ceux à qui on l'administre.
Quarante ans. Un jour difficile. Un cap à franchir. Une vie questionnée.
C'est pas un mal de ventre qui va guérir un autre mal de ventre.
Tout porte à croire qu'il existe un point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et l'avenir, le haut et le bas, le communicable et l'incommunicable cesseront d'être perçus contradictoirement.
Un texte de théâtre est à voir. Un texte de théâtre est à écouter. Est-ce qu'un texte de théâtre est à lire ?
Les Anglais sont un peuple de pirates qui, après avoir pillé le monde, ont commencé à s'ennuyer.
L'être d'un être est de persévérer dans son être.
Chaque homme est un abîme, on a le vertige quand on se penche dessus.
Que le passé d'un homme est étroit et court, à côté du vaste présent des peuples et de leur avenir immense.
Un homme est humilié de la longueur du siège ; elle fait au contraire la gloire d'une femme.
Coucher avec quelqu'un peut être une façon d'esquiver un processus plus ardu de connaissance de l'autre, comme quand on achète un livre pour éviter d'avoir à le lire.