Il est plaisant qu'on ait fait une loi de la pudeur aux femmes, qui n'estiment dans les hommes que l'effronterie.
Les hommes gardent les portes de la société, qui engendre des morts et développe la haine. Les femmes gardent les portes de la nature, qui fabrique la vie et exige de l'amour.
On finit toujours par mépriser ceux qui sont trop facilement de notre avis.
La solitude m'a toujours accompagnée, de près ou de loin, comme elle accompagne tous ceux qui, seuls, tentent de voir et d'entendre, là où d'aucuns ne font que regarder et écouter. Ami inestimable, ennemi mortelle - solitude qui ressource, solitude qui détruit, elle nous pousse à atteindre et à dépasser nos limites.
Au lieu de participer à une entreprise de libération effective, la psychanalyse prend part à l'oeuvre de répression bourgeoise la plus générale, celle qui a consisté à maintenir l'humanité européenne sous le joug de papa-maman.
Il n'est personne qui ait fait don spontanément d'une partie de sa propre liberté en vue du bien public ; cette chimère n'existe que dans les romans ; si elle était possible, chacun de nous voudrait que les pactes qui [...] ► Lire la suite
Qui est emporté par le fleuve s'accroche à tout ce qui passe à sa portée.
Quand on sait que l'adversaire arrive au point faible du dossier qui risque d'embarrasser la défense, il faut faire diversion parfois de façon banale : faire tomber son stylo et le chercher ostensiblement. L'attention est détournée. Le fil est rompu. Mais il faut le faire intelligemment. Là, j'y étais « pour mon compte » !
Je ne connais personne qui lève la main en disant: "Oh mon Dieu, j'aime être vulnérable et nécessiteux."
Je ne crois pas que le maquillage et la bonne coiffure peuvent rendre une femme belle. La femme la plus radieuse de la pièce est celle qui est pleine de vie et d'expérience.
Une petite ville, c'est un endroit charmant où ce sont les voisins qui se chargent de surveiller votre femme.
Torture : nom commun féminin, mais ce n'est pas de ma faute. Bien plus que le costume trois pièces ou la pince à vélo, c'est la pratique de la torture qui permet de distinguer à coup sûr l'homme de la bête.
Les touristes, en général, se renseignent auprès des autres touristes, qui ne connaissent guère mieux leur chemin. Cela complique toujours tout. Surtout quand on ne parle pas la même langue.
L'ami qui souffre seul fait une injure à l'autre.
Celui qui ne sait pas se taire sait rarement bien parler.
Les vieux, c'est comme les enfants, ils voudraient qu'on les plaigne, mais qui en a pitié ?
L'obscénité est tout ce qui se trouve choquer un quelconque magistrat âgé et ignorant.
L'intelligence, c'est ce qui dans un homme reste toujours jeune.
Vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal.
Le devoir, l'honneur ! Des mots à qui on fait dire ce qu'on veut, comme aux perroquets.
L'homme est le seul animal qui se moque de lui-même.
Un optimiste est celui qui achète à un Juif et veut vendre à un Ecossais.
Les amours non assouvies ne meurent pas ; elles attendent dans l'ombre l'étincelle qui les fera flamber à nouveau.
Le paradis est plein d'imbéciles qui croient qu'il existe.
Il y a peu de mensonges qui résistent à l'usure.
Les choses gratuites sont souvent celles qui ont le plus de prix...
La seule supériorité réelle de l'homme jaillit du sens de l'absurde qui le saisit quand il se réfléchit, quand il se demande ce qu'il est venu faire en ce monde.
Seule. On ne l'est jamais, même en dépit des apparences. Il y a toujours une multitude d'êtres à qui nous demeurons nécessaires.
Un écrivain peut finir par devenir un simple jongleur de mots plus ou moins adroit. Il peut en arriver à oublier l'essentiel : cette source qui coule au fond de nous et qui est le véritable lieu de rencontre des êtres.
Tout ce qui est partagé s'amoindrit, sauf l'amour.
Le grand écrivain, c'est celui qui cherche à paraître banal et qui n'y parvient pas.
Ce qui compte dans l'homme, c'est le moulin à vent.
Les estomacs qui trouvent en la ratatouille humaine leur assouvissance ne sont pas larges.
La névrose n'est pas une maladie mais une souffrance, qui peut se transmettre de génération en génération tant qu'on n'a pas compris de quoi il s'agissait. Un petit événement caché, honteux, dans la vie de quelqu'un peut aussi gâcher la vie de ses descendants.
Spinoza fait partie de ces penseurs privés, qui renversent les valeurs et font de la philosophie à coups de marteau, et non pas des professeurs publics, ceux qui ne touchent pas aux sentiments établis, à l'ordre de la morale et de la police.
D'autres jouaient à se laisser tomber la tête la première d'en haut d'une échelle, et celui qui, tombant de la plus grande hauteur, arrivait à se relever dans les dix secondes, recevait le titre de champion et beaucoup d'applaudissements.
Un homme convaincu en écrasera cent qui n'ont que des opinions.
Muse, qui autrefois chantas la verte Olive,Empenne tes deux flancs d'une plume nouvelle,Et te guidant au ciel avecques plus haute aile,Vole où est d'Apollon la belle plante vive.
Sois sûr d'avoir épuisé tout ce qui ce qui se communique par l'immobilité et le silence.
C'est bien notre système économique actuel qui anesthésie les citoyens et les maintient dans la servitude en échange de quelques plaisirs débilitants et d'une tranquillité minimale : un toit, un bout de salaire, des allocations et des policiers pour les protéger.
Je suis habitué aux gens qui pensent que je suis fou. Et vous savez quoi encore ? J'aime un peu ça.
L'écrivain souhaite des lecteurs qui lui ressemblent et lui soient tout juste inférieurs : à son image, mais plus naïfs.
Défiez-vous des gens qui disent qu'il faut renouveler la langue ; c'est qu'ils cherchent à produire avec des mots, des effets qu'ils ne savent pas produire avec des idées.
Les seuls espaces libres sont les cimetières dont la superficie dépasse presque, dans Paris même, la superficie des jardins. Honneur à la ville qui prévoit plus d'oxygène pour ses morts que pour ses vivants.
Le jeune oiseau se laisse tirer deux ou trois fois, mais c'est en vain qu'on tend un filet ou qu'on tire l'arc devant ceux qui ont déjà des plumes.
Tout vivant est un en-soi qui existe en l'autre.
On a en vieillissant, un grand plaisir qui n'est pas à négliger, c'est de compter les impertinents et les impertinentes qu'on a vus mourir, et la foule de ridicules qui ont passé devant les yeux.
Nous parlons de tuer le temps, comme si hélas ! ce n'était pas lui qui nous tuait !
Qui cherche plus que le nécessaire se livre à l'erreur.
Une femme qui a trahi la foi conjugale est capable des plus grands crimes.