Qui vole ma bourse vole une chose sans valeur.
Les hommes qui sont malheureux, comme ceux qui dorment mal, sont toujours fiers de ce fait.
Celui qui accomplit de grandes choses ne rechigne pas devant de menues dépenses.
Un monde sans fausse note : c'est une utopie qui chante.
L'oeil n'aime pas ce qui est au-dessus de lui.
Le renoncement est la seule variété d'action qui ne soit pas avilissante.
L'homme ne sait rien de l'homme ; presque rien du monde qu'il habite et de l'univers qui l'entoure ; moins que rien de sa provenance et de sa destination.
Dans une société hédoniste aussi superficielle que la nôtre, les citoyens du monde entier ne s'intéressent qu'à une chose : la fête. (Le sexe et le fric étant, implicitement, inclus là-dedans : le fric permet la fête qui permet le sexe.)
Les crises sont des choses qui arrivent régulièrement. Le grand avantage, c'est qu'en général on en sort renforcé.
Le devoir, l'honnêteté, être bon, être juste. Non. Ce sont les désirs qui vous sauvent. Ils sont la seule chose vraie.
Il ne faut pas ne savoir vivre qu'avec ceux qui peuvent nous apprécier ; mais il faut ne placer le fond de sa vie habituelle qu'avec ceux qui peuvent sentir ce que nous valons.
Qui sait si chaque événement ne réalise pas un rêve qu'on a fait, qu'a fait un autre, dont on ne se souvient plus, ou qu'on n'a pas connu ?
La menace principale qui pèse sur nos démocraties réside dans leur incapacité à justifier de façon forte leur propre politique.
Il en est des gens qui bâtissent des systèmes comme d'un homme qui construit un immense château, mais qui loge soi-même dans une grange.
Oui, ma vie Ce fut d'être celui qui souffle - et qu'on oublie !
Heureux celui qui peut agir selon ses désirs.
Ma discrétion ne vient pas de moi, sinon des médias qui ne cherchent pas forcément non plus à aller à la rencontre d'un auteur moins connu.
La tragédie, c'est gratuit. C'est sans espoir. Ce sale espoir qui gâche tout. Enfin, il n'y a plus rien à tenter. C'est pour les rois la tragédie.
L'éternité occupe ceux qui ont du temps à perdre. Elle est une forme de loisir.
Un sot qui ne dit mot ne se distingue pas d'un savant qui se tait.
C'est le propre de la nature humaine que de haïr celui qui a offensé.
Il n'y a peut-être pas de joie comparable à celle de la mère qui voit son premier-né.
Ceux qui écrivent clairement ont des lecteurs ; ceux qui écrivent obscurément ont des commentateurs.
Il y en a bien qui croient mais par superstition. Il y en a bien qui ne croient pas, mais par libertinage.
A la différence des femmes qui parlent entre elles de leurs amants, les chauffeurs de taxis, eux, ne vous chargent pas quand c'est trop court.
Les vivants ne sont pas des ombres. Ce sont peut-être des morts enveloppés de vêtements et qui brillent.
Il s'agit de fonder la paix du monde sur un ordre légal, de faire une réalité de droit de cette solidarité internationale qui apparaît comme une réalité physique.
Le bien que nous avons fait la veille est celui qui nous apporte le bonheur le matin.
Je ne cacherai pas une science qui a été révélée avant moi par la grâce de Dieu ; je ne la garderai pas pour moi, de peur d'attirer sa malédiction.
On se réfère au passé, en arguant que la liberté d'expression est un droit de longue date. Mais c'est une idée du passé qui est totalement reconstruite.
Ce serait beau, l'honnêteté d'un avocat qui demanderait la condamnation de son client.
Un homme qui a fait une fois un bond dans le Paradis, comment pourrait-il s'accommoder ensuite de la vie de tout le monde ?
L'amour vrai rend toujours meilleur, quelle que soit la femme qui l'inspire.
Vous avez noté qu'on dit un steak de boeuf, une côte de boeuf, un roti de boeuf... Mais dès que le bestiau semble suspect, c'est la vache qui devient folle !
Un ami, c'est un homme qui a plus de crédit que personne quand il dit du mal de nous.
Qui donne beaucoup, recevra beaucoup.
Un courtisan est semblable à ces plantes faites pour ramper qui s'attachent à tout ce qu'elles trouvent.
Inquiétude : pensée égoïste qui consiste à espérer ne pas avoir mal.
Le vrai paresseux serait peut-être celui qui aurait besoin d'un autre pour dormir à sa place.
C'est seulement pour ceux qui persévèrent après que tout semble perdu, que l'espoir luit à nouveau.
Avoir raison... Qui donc y tient encore : quelques sots.
On appelle animaux domestiques ceux qui se font servir par les hommes.
Il y a des paroles qui portent plus loin que le vent.
Aucune langue ne naît riche, mais c'est l'usage qui l'enrichit.
L'homme est heureux, lorsque dans la nature il n'est plus rien qui le puisse émouvoir.
Nous vivons tous entre notre vanité qui nous perd et notre orgueil qui nous sauve.
La solitude rend impatient, c'est l'impatience qui tue l'enfance.
L'être qui n'a pas souffert, nous le regardons un peu comme un enfant ou un pauvre.
La paternité est un désir qui travaille à bas bruit, lentement.
Le désespoir...c'est un espoir perdu qui se cherche un préfixe.