Le génie a cela de beau qu'il ressemble à tout le monde et que personne ne lui ressemble.
L'égalité civile et politique n'est qu'un aveu d'impuissance, l'impuissance à classer les mérites.
La prospérité a un cortège de craintes et de déplaisirs ; l'adversité de réconforts et d'espoirs.
Il n'existe pas de plus beau paysage que le corps vibrant ou alangui de qui l'on aime ; pas de plus sûr refuge que l'âme secrète et tendre de qui l'on aime ; pas de meilleure nourriture que les caresses de qui l'on aime.
Il faut, dans l'oeuvre de chair, que les deux partenaires divaguent ensemble. Sinon, l'un mesure le ridicule de l'autre et en garde la plus méprisante mémoire.
L'aveugle garde le regard comme le muet la parole - l'un et l'autre dépositaires de l'invisible, de l'indicible... gardiens infirmes du rien.
Efforc-toi de faire que ton livre remplisse un besoin et que cette utilité t'améliore. Ainsi seulement, il est achevé.
Oublie le passé et concentre-toi sur ton futur.
Il y a deux sortes de livres, celui que l'auteur écrit et celui dont le lecteur prend possession.
On est démocrate quand ça vous arrange... le reste du temps on est fasciste pour les autres et anarchiste pour soi.
Je n'aimais qu'un seul être et je le perds deux fois !
Votre esprit fonctionne bien lorsque vous êtes paranoïaque. Vous explorez toutes les avenues et possibilités de votre situation à grande vitesse avec une clarté totale.
Des impôts plus élevés ne réduisent jamais le déficit. Les gouvernements dépensent tout ce qu'ils encaissent et ensuite tout ce qu'ils peuvent en tirer.
Mon grand-père était complètement miro. Il a été chez l'opticien, et il arrivait même pas à voir le mur où les lettres étaient écrites. L'opticien lui a dit : « c'est pas des lunettes qui vous faut, c'est un chien. »
Et puis avec le temps on pardonne, on finit même par en rire... Après tout ce n'est qu'un jeu.
Vous les pourrirez comme vous l'avez pourri... Vous l'avez détruit, il ne distingue plus le bien du mal, il ne voit même plus le caractère sacré de la vie humaine. Je vous ai aimé et je l'ai aimé... Je suis désolée pour vous, désolée pour vous parce que rien ne peut plus vous sauver.
Les évidences maintiennent et font vivre l'ignorance.
En démocratie, vous dites ce que vous voulez, et vous faites ce qu'on vous dit.
Réduire l'art à une question de "forme", c'est le rapetisser et le rétrécir outre mesure.
Ce qui abat, ce qui accable, ce qui détruit irrémédiablement l'âme, c'est la médiocrité de la douleur et de la joie, la souffrance égoïste et mesquine.
- Et ça représente quoi ? - Cela représente un million.
La personne humaine, si dépendante qu'elle soit des moindres accidents de la matière, existe de l'existence même de son âme, qui domine le temps et la mort. C'est l'esprit qui est la racine de la personnalité.
On se fait communément une étrange idée de ce que c'est qu'une opinion neuve et hardie. C'est toujours une opinion vieille comme les rues, mais expliquée.
L'avenir est aux peuples qui resteront unis, qui ne se feront pas de guerres intestines et qui sauront s'assurer la liberté de leurs alliances.
Une querelle entre parents fume et ne flambe pas.
Le bon sens et l'ironie, en France, sont nés le même jour.
Nous n'avons point à louer ni à honorer nos chefs, nous avons à leur obéir à l'heure de l'obéissance, et à les contrôler à l'heure du contrôle.
La confiance personnelle se fait aisément partager ; et rien n'est plus dangereux pour un supérieur que de méditer avant de répondre.
Au moment où nous concevons le concevable, il commence à résonner en nous et devient inconcevable.
Qui sommes-nous quand nous ne sommes plus rien, une fois tous les costumes et tous les masques enlevés ?
Et si l'univers est tout amour, que craindre ? Rencontrer plus d'amour encore... Un amour qui irait jusqu'à nous anéantir, pour nous mettre éternellement à l'abri de l'inquiétude et des élancements...
L'éternité n'est et ne sera jamais autre chose que le moment où je suis.
La parole, c'est comme un festin et quand un festin est servi, chacun doit y prendre sa part.
Qu'il y ait simulacre, imitation et fable, et que plusieurs prennent plaisir, non seulement à jouer, mais à regarder et à s'étonner : le théâtre se définit par là tout entier.
Dès qu'on entre en politique, on ne sait pas où on met les pieds et l'on risque de perdre la tête.
Un style est ce qui décourage le plagiat et tente le pastiche.
Le marketing est une sorte de sociologie vénale, d'ethnologie de bazar dont le but est de savoir de quoi vous n'avez pas besoin et que l'on pourrait quand même vous vendre.
A égalité avec "millénaire" et "tendance", le mot "extrême" est le plus indigestiblement charrié de cette époque qui ne serait probablement pas aussi formidable si elle n'était d'abord la nôtre.
Les Hommes n'aiment pas la vie et pourtant ils ont peur de la mort.
Seule la force impose une vérité, et la force n'a rien d'intellectuel, elle contraint avec ses armes, par la torture, par le chantage, par la peur, par le calcul des intérêts, elle oblige les esprits à s'entendre provisoirement sur une doctrine.
Si l'être humain ne dispose pas du moyen d'accéder à la connaissance de "la vérité", il peut, à travers son langage, en découvrir un reflet, et éventuellement s'engager dans cette perspective.
Il n'est pas de manteau assez grand pour couvrir à la fois la pauvreté et l'ivrognerie.
C'est le fumet qui remplit la distance entre l'assiette et votre tête.
L'homme est le chef de la femme, que la femme a été tirée de l'homme, qu'elle est unie à l'homme et soumise à la puissance de l'homme.
Je pense en effet qu'il y a une alliance possible entre la lucidité - la vie est absurde, ridicule - et la joie. Car être heureux, c'est toujours être heureux malgré tout.
Écoute, vois et tais-toi, tu seras à l'abri des querelles.
En avril, ne pas enlever et ne pas mettre de vêtements, en mai comme bon te semble.
Une vie dans l'abondance et le confort bourgeois est en contradiction avec l'esprit d'une sainte pauvreté et sépare du pauvre crucifié.
Le monde est un miroir et rend à chaque homme le reflet de son propre visage.
En tant que gardiens de la planète, il est de notre responsabilité de traiter toutes les espèces avec gentillesse, amour et compassion. Que ces animaux souffrent de la cruauté humaine est incompréhensible.