La forme la plus haute comme la plus basse de la critique est un type d'autobiographie.
La liberté de penser est absolue ou elle n'est rien.
Belgrade est la ville la plus laide au monde dans le plus bel endroit du monde.
Mon objectif est simple. C'est une compréhension complète de l'univers, pourquoi il est tel qu'il est et pourquoi il existe.
Je n'ai rien fait pour mériter ma carrière. Je l'ai prise comme elle venait: elle s'est avérée riche. Comment pourrais-je être plus heureux?
Un homme qui parle d'amour avec esprit est médiocrement amoureux.
Comprendre c'est avant tout unifier.
Chaque instant de notre Vie est essentiellement irremplaçable : sache parfois t'y concentrer uniquement.
Tout n'est pas perdu, tant qu'on est mécontent de soi.
La pitié pour la femme qu'on aime moins qu'on n'est aimé est une terrible passion.
C'est la volonté qui créera l'harmonie intérieure de votre âme.
Ce qui complique tout, c'est que ce qui n'existe pas s'acharne à faire croire le contraire.
Tuer une oeuvre d'art est plus grave que de tuer des hommes. Des hommes, on en refait tant qu'on veut...
La propriété est nécessaire, mais il ne l'est pas qu'elle reste toujours dans les mêmes mains.
Il ne faut pas imaginer Dieu ni trop bon, ni méchant. La justice est entre l'excès de la clémence et la cruauté, ainsi que les peines finies sont entre l'impunité et les peines éternelles.
La volonté est l'intelligence et l'intelligence est la volonté.
Le plaisir est le plus souvent imparfait. Ce n'est pas une raison pour le refuser.
Le désir d'ordre est le seul ordre du monde.
Trop espérer, c'est se préparer des déceptions.
Celui qui n'est rien est l'égal de tout le monde.
Le besoin de détruire est également un besoin de créer.
Courir après l'esprit, c'est encore la manière la plus fatigante de n'attraper que la sottise.
Ne dites jamais de quelque chose : c'est acquis. Dites : c'est à moi !
Religion à part, le bonheur est de s'ignorer et d'arriver à la mort sans avoir senti la vie.
Le terrorisme, c'est la propagande par l'action.
Tout événement procède de causes, il n'y a donc lieu d'accuser aucune divinité ni de récriminer contre ce qui est et qui ne pourrait pas ne pas être.
La parole est déjà du luxe, de l'excès, de la superstructure.
C'est en rêve seulement que les êtres nous sont doux et qu'il est bon de les avoir près de nous... dans la vie réelle ils sont les pierres aux angles aigus desquels on se heurte et l'on se blesse.
La grandeur est partout, mais surtout dans la sottise.
C'est une manie, chez ceux qui louangent les grands disparus, de semer des références à leur propre talent et de s'applaudir eux-mêmes.
L'exil, c'est la nudité du droit.
La vie c'est ce que tu vois : de la membrane, de la tripe, un trou sans fond qui exige d'être rempli. La vie est ce tuyau qui avale et qui reste vide.
Le temps est un enfant qui ne se laisse pas étreindre.
Le point faible de la tactique de la méditation est que de nombreuses questions restent sans réponse.
L'âme du théâtre, c'est son corps.
La concierge est la trompette du faire-savoir.
Le vrai sage ne craint pas la mort car il sait que la mort n'est rien. La conscience ne souffre pas puisqu'elle a disparu. Avec la chair qui pourrit, c'est l'esprit qui pourrit aussi, et les désirs, et l'angoisse.
L'amitié est "réduite aux acquêts", elle va généralement croissant, ce qui n'est pas toujours le cas pour l'amour.
C'est toujours ce qui se passe dans la vie : on s'imagine jouer son rôle dans une certaine pièce, et l'on ne soupçonne pas qu'on vous a discrètement changé les décors, si bien que l'on doit, sans s'en douter, se produire dans un autre spectacle.
Matinal. L'être, preuve de moralité. Si l'on se couche à 4 heures du matin et qu'on se lève à 8, on est paresseux, mais si l'on se met au lit à 9 heures du soir pour en sortir le lendemain à 5, on est actif.
La justice est sociale. On l'administre avec des règles fixes et non avec les frissons de la chair et les clartés de l'intelligence. Surtout ne lui demandez pas d'être juste, elle n'a pas besoin de l'être puisqu'elle est justice.
L'humour est une forme de révolte. C'est aussi un remède à la colère, à l'emportement ou à la déprime ; il humanise les rapports, facilite l'irrigation du cerveau, décontracte les nerfs...
Apparu, disparu, c'est toute l'histoire d'un homme, comme celle d'un monde et celle d'un infusoire.
Ce n'est pas parce qu'on fait partie d'un peuple martyrisé qu'on est pas aussi des hommes comme les autres.
Dans la vie, le passé c'est de la vie qui est déjà morte.
Depuis cinquante ans on nous emmerde avec l'identité, c'est l'expression à la mode. On dirait qu'on a été pris en otages par une bande de psychologues, de psychiatres ou de psychopathes. Quel que soit ce que vous faites, c'est une question d'identité.
Voyez-vous, Pasquier, il n'y a pas de bon régime politique. Tous ont leurs vices et leurs inconvénients. Le meilleur, à mon sens, ou plutôt le moins mauvais, c'est celui qui gêne le moins l'individu, celui qui laisse l'individu libre d'exercer avec fruit ses vertus cardinales.
L'homophobie n'est pas condamnable parce qu'elle serait une critique de l'homosexualité, mais parce qu'elle exprime la haine des homosexuels.
Je m'en irai dormir dans le paradis blancOù les manchots s'amusent dès le soleil levantEt jouent en nous montrantCe que c'est d'être vivant.
Toute morale est morte ! La crise est de morale aussi bien que d'argent. On décampe en hurlant du bateau qui naufrage. Il n'y a plus d'amis.