Le monde appartient aux médiocres supérieurs.
Nous acceptons d'être jugé par des personnes à qui nous interdirions de juger autrui.
Les livres que l'on a écrits dans le passé réservent deux surprises : on ne pourrait plus les écrire et on ne le voudrait pas.
Rien, c'est trop peu ; Dieu, ce serait trop.
Nous réservons notre indulgence aux vices qui ne nous tentent pas.
Ceux qui croient en Dieu y pensent-ils aussi passionnément que nous, qui n'y croyons pas, à son absence ?
L'idée de Dieu étant bien difficile à définir, elle me paraît difficile à combattre.
Un couple marié est bien assorti lorsque les deux partenaires ressentent généralement le besoin de se quereller en même temps.
Pour avoir quelque chance d'être juste envers autrui, il faut être bien décidé à l'injustice envers soi.
Admirer certaines oeuvres est plus qu'une faute de goût, c'est une faute de caractère.
Il y a des personnes que nous ne pourrions pas réduire à notre taille sans nous diminuer également.
Il ne faut pas oublier que le premier devoir, dans le mariage, est de se faire pardonner d'être là.
La difficulté me décourage, la facilité me rebute.
Un homme n'est pas vieux tant qu'il cherche quelque chose.
La vanité repue est toujours un peu honteuse de son appétit.
Le riche, quand il a été bon avec un pauvre, lui demanderait volontiers un certificat de charité.
La qualité de mon orgueil lui mériterait d'être légitime.
Certitude, servitude.
Moins on a de Dieu, plus il faut y croire.
On est mal fait pour le mariage quand on n'a l'étoffe ni d'un despote ni d'un esclave.
Je n'ai besoin de rien, mais rien ne me suffirait.
On ne peut admirer longuement que ce qu'on admire sans savoir pourquoi.
De ce que le naturel, par accident, fait de l'art, il ne s'ensuit nullement que l'art doive faire du naturel.
Qu'il y a peu de chose dans une vie qui soit fait pour elle !
Il y a des chefs-d'oeuvre si fastidieux qu'on admire qu'il se soit trouvé quelqu'un pour les écrire.
La renommée ? J'en ai déjà beaucoup plus que ceux-ci que je respecte, et je n'en aurai jamais autant que ceux-là que je méprise.
La fidélité aux morts est la meilleure manière d'insulter la vie.
Il est malaisé d'imaginer à quel point, d'ordinaire, un savant se désintéresse de l'oeuvre d'un autre savant si celui-ci n'est pas un maître qui le protège ou un élève qui l'honore.
Quand j'étais jeune, je plaignais les vieux. Maintenant vieux, c'est le jeune que je plains.
Bien trop souvent, les choix proposés par la réalité sont tels qu'ils enlèvent le goût de choisir.
Toute une vie auprès du même être, c'est long : un des bienfaits du mariage est de nous faire sentir la durée.
Lorsqu'un scientifique est en avance sur son temps, c'est souvent par incompréhension de la vérité actuelle plutôt que par intuition de la vérité future. En science, il n'y a jamais d'erreur si grossière qu'elle ne paraisse un jour, d'un certain point de vue, prophétique.
Le coeur ne mène pas si vite à l'absurdité que la raison à l'odieux.
L'avantage de la laideur morale, c'est qu'il n'en existe point de contrefaçon.
Plus on aime, plus on aurait besoin d'être celui des deux qui aime le moins.
La morale, c'est ce qui reste de la peur quand on l'a oubliée.
Il n'est pas facile d'imaginer à quel point un scientifique s'intéresse généralement peu au travail d'un autre, à l'exception peut-être du professeur qui le soutient ou de l'étudiant qui l'honore.
Avoir raison est moins important pour nous que la liberté d'avoir tort.
Ceux qui n'ont pas vraiment souffert ignorent le bien-être du tolérable.
Mort d'une amitié, héritage de temps.
Il nous est facile de croire que la louange est sincère : pourquoi quelqu'un devrait-il mentir en nous disant la vérité ?
Quel savant ne voudrait pas continuer à vivre, ne serait-ce que pour voir comment vont grandir les petites vérités qu'il a mises au jour ?
Etre clair, c'est avouer.
A traiter en égal un inférieur, on est le dupe, s'il nous en retire le profit en se sentant notre égal.
Le divin est peut-être cette qualité de l'homme qui lui permet de supporter le manque de Dieu.
Il y a toujours une minute où le supérieur, si simple soit-il, méprise l'inférieur, qui est fondé d'avance à le haïr.
La modestie n'est que la résignation de la petitesse ou la sécurité de la grandeur.
L'homme, comme le perroquet du persil, est friand des idées qui le tuent.
Le profane, quand il loue autrui, n'y entend rien ; il a du bon sens quand il nous loue.
À mesure qu'on vit, on prête moins d'importance aux choses, mais aussi moins d'importance à l'importance.
♥ 100364
♥ 48828
♥ 38353
♥ 31625
♥ 29068
♥ 21636
♥ 21076
♥ 14140
♥ 11559
♥ 10950
♥ 9798
♥ 9743
♥ 1482
♥ 1003
♥ 758
♥ 746
♥ 594
♥ 409
♥ 376
♥ 257
♥ 153
♥ 73
♥ 64
♥ 61
♥ 9573
♥ 8268
♥ 7614
♥ 7247
♥ 6778
♥ 6328
♥ 6116
♥ 5689
♥ 4951
♥ 4760
♥ 4595
♥ 4560
♥ 78941
♥ 5698
♥ 4196
♥ 4008
♥ 3563
♥ 3487
♥ 3182
♥ 3172
♥ 2940
♥ 2410
♥ 2287
♥ 2214
♥ 13576
♥ 10608
♥ 6358
♥ 6074
♥ 5050
♥ 4202
♥ 4120
♥ 3798
♥ 3750
♥ 3587
♥ 3562
♥ 3437
Vous souhaitez en savoir plus sur la vie de jean rostand, il suffit de lire sa biographie grâce à notre partenaire JeSuisMort.com, spécialiste des célébrités disparues et 1er cimetière virtuel du Web.