La littérature est prostitution.
Tout a été dit et fait, et aucune littérature ne peut dépasser le cynisme de la réalité. On ne soûle pas avec un verre celui qui a déjà bu une barrique.
Que notre vie n'ait pas de valeur artistique, c'est très possible. Raison de plus pour que la littérature en ait une.
Qu'un bon peintre figure la fureur d'une bataille, qu'un poète la décrive et qu'elle soit présentée au public sous ces deux formes, et tu verras aussitôt laquelle attirera les spectateurs, où se portera leur attention, laquelle obtiendra le plus de suffrages et plaira davantage.
Il n'y a que la littérature pour contourner, tout en les déplaçant, les interdits dont sont frappés nos rêves et nos désirs.
Un poète est un rossignol qui, assis dans l'obscurité, chante pour égayer de doux sons sa propre solitude.
Chaque grand poète intègre le monde d'une façon qui n'est qu'à lui.
Le poète m'aide à faire le lien entre cette douleur qui me déchire et le subtil sourire de mon père.
Une grande écriture attire de grands acteurs. Cela attire de l'argent. Sans un bon script, vous n'avez rien.
Le poète pense en pièces détachées, idées séparées, images formées par contiguïté ; le prosateur s'exprime en développant une succession d'idées qui sont déjà en lui et qui restent logiquement liées.
Le roman policier est-il un genre dans la littérature ou une façon d'écrire hors littérature ?
La virilité d'une idée ne consiste pas moins dans sa puissance à créer un passage à travers la pensée contemporaine que dans sa capacité à dominer les mouvements futurs.
Si un homme instruit entend une parole sage, il l'apprécie et y ajoute du sien ; qu'un débauché l'entende, elle lui déplaît, il la rejette derrière lui.
La littérature : un coup de hache dans la mer gelée qui est en nous.
Songez bien que la littérature n'a pas été créée pour servir la vie, ni même la traduire, mais pour lui échapper.
Il n'y a pas d'heure pour la littérature ; la littérature n'est jamais à l'heure.
On ne peut juger de la Littérature sans une certaine idée préalable de l'Homme et de l'Histoire, du Bien, du Mal, de la Société, etc.
Que peut faire un poète sans souffrance ? il a autant besoin d'elle que d'une machine à écrire.
La littérature est le chant du coeur du peuple et le peuple est l'âme de la littérature.
Nous avons de la littérature d'évasion, pourquoi n'existe-t-il pas des biographies d'évasion ?
La littérature n'est qu'une forme édulcorée de la confession.
Le fou, l'amant et le poète sont d'imagination toute compacte.
Jamais l'objet d'un poète n'est et ne peut être de nous apprendre qu'il pleut.
Dans presque aucune littérature moderne, il n'y a coïncidence entre la langue écrite et la langue parlée.
Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver.
Toute écriture littéraire s'emploie à cacher un secret.
La littérature doit dépasser le bout de la rue, montrer ce qu'une caméra ne voit pas, illuminer les coins obscurs de la vie, de la réalité, insinuer des doutes dans la tête des gens.
Il est aussi difficile à un poète de parler poésie qu'à une plante de parler horticulture.
Le monde entier n'est-il pas une vaste maison close dont on a perdu les registres ?
Le poète ne peut pas longtemps demeurer dans la stratosphère du verbe. Il doit se lover dans de nouvelles larmes et pousser plus avant dans son ordre.
Il en va de la lecture comme de toute débauche : fuite en avant, enfoncement sans fin.