La littérature ne bégaie pas l'existence, elle l'invente, elle la provoque, elle la dépasse.
Depuis des mois, je retarde le moment de fixer par écrit notre dernière nuit. De retourner dans la réalité physique de ce moment de grâce - je pèse mes mots - dont je ne conserve que l'élan, la densité, le mystère.
La Littérature ne commence que devant l'innommable, face à la perception d'un ailleurs étranger au langage même qui le cherche.
L'amour, même en ses plus humbles commencements, est un exemple frappant du peu qu'est la réalité pour nous.
La littérature n'est-elle jamais autre chose qu'un refuge contre l'angoisse ?
La rentrée littéraire est une maladie française qu'il ne faut surtout pas soigner.
Je ne provoque pas les compliments, mais je souffre quand on ne m'en fait pas, et quand on m'en fait, je ne laisse pas la personne s'étendre.
Si c'est vers une plus grande réalité que nous nous tournons, c'est à une femme de nous montrer le chemin. L'hégémonie du mâle touche à sa fin. Il a perdu contact avec la terre.
La réalité est quelque chose qu'aucun de nous ne peut supporter, à aucun moment.
La seule façon de faire face à un monde non libre est de devenir si absolument libre que votre existence même est un acte de rébellion.
Où donc est-il, le temps charmant Où le mot m'arrivait si vite ? Le mot venait d'abord et la pensée ensuite. J'étais un poète vraiment.
Le public humain est le véritable auteur du langage, comme son vrai conservateur.
Les producteurs de télé réalité sont des dealeurs, ils fabriquent des produits qui vous rendent dépendants et s'enrichissent en vous méprisant.
Que resterait-il de l'histoire du monde, si l'on n'admettait que l'erreur fait partie de la réalité ?
Un écrivain qui reçoit un prix littéraire est déshonoré.
La littérature érotique pèche souvent par un excès de métaphores ridicules. Elle joue sur l'interdit et accumule les fantasmes.
Le poète est semblable au prince des nuées. Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
La mort est peut-être la seule réalité qui a une signification quand on sort du cauchemar de la vie...
La littérature est une affaire sérieuse pour un pays, elle est, au bout du compte, son visage.
La négation de l'histoire et des réalisations intellectuelles des peuples africains noirs est le meurtre culturel, mental, qui a déjà précédé et préparé le génocide ici et là dans le monde.
Réaliser dans l'âge d'homme les rêves de la jeunesse, c'est ainsi qu'un poète a défini le bonheur.
Le poète est cet être très vieux et très neuf, très complexe et très simple qui aux confins vécus du rêve et du réel, du jour et de la nuit, entre absence et présence, cherche et reçoit dans le déclenchement soudain des cataclysmes intérieurs le mot de passe de la connivence et de la puissance.
Toutes nos langues occidentales s'accordent, en effet, à indiquer par le mot positif et ses dérivés, les deux attributs de réalité et d'utilité, dont la combinaison suffirait seule pour définir désormais le véritable esprit philosophique, qui ne peut être, au fond, que le bon sens généralisé et systématisé.
Les gens qui ferment les yeux sur la réalité invitent simplement leur propre destruction.
Comment oublier cette certitude d'être indispensable à tous, et cela sans orgueil !
Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout.
Bien des gens commentent les horreurs qui frappent les autres comme s'ils étaient très soucieux de les aider, alors qu'en réalité ils se complaisent à la souffrance d'autrui, par ce qu'elle leur permet de croire qu'ils sont heureux.
En vérité, quel homme, à condition qu'il réfléchisse un peu, ne se dira pas, lorsqu'il approche d'une femme, qu'il met le doigt dans un engrenage de malheurs, ou tout au moins un engrenage de risques, et qu'il provoque le destin ?
Quand vous lisez une page et, quand tout à coup, vous fermez les yeux et prolongez cette page par quelques images qui sont en vous, le romancier a fait office d'accoucheur de votre propre imaginaire.
La réalité c'est ce qui continue d'exister lorsqu'on cesse d'y croire...
La certitude est une prison.