Il y a deux attitudes possibles devant la mort. Ce sont les mêmes attitudes que devant la vie. On peut les fuir dans une carrière, une pensée, des projets. Et l'on peut laisser faire - favoriser leur venue, célébrer leur passage.
Mourir, c'est accomplir un acte d'une portée incalculable.
L'âge d'or ? Un vieux fantasme, une nostalgie d'apparat.
Ô mon dieu, comme il est difficle d'être le père d'une jeune fille.
Pourquoi aidons-nous nos semblables ? Parce qu'ils offrent une occasion d'exprimer notre amour.
Je suis forte. Je suis intelligente. 'Je ne suis pas une victime', à mon détriment.
Il y a une chose plus triste à perdre que la vie, c'est la raison de vivre.
Nous sommes une matière sur laquelle les rêves sont faits ; et notre petite vie s'arrondit d'un sommeil.
Quand on représente une cause (presque) perdue, il faut sonner de la trompette, sauter sur son cheval et tenter la dernière sortie, faute de quoi l'on meurt de vieillesse triste au fond de la forteresse oubliée que personne n'assiège plus car la vie s'en est allée ailleurs.
Une bonne confession vaut mieux qu'une mauvaise excuse.
Les superstitieux sont dans la société ce que les poltrons sont dans une armée : ils ont, et donnent des terreurs paniques.
Mieux vaut entendre une corde qui se brise que de n'avoir jamais tendu un arc.
Créer n'est pas un jeu quelque peu frivole. Le créateur s'est engagé dans une aventure effrayante, qui est d'assumer soi-même, jusqu'au bout, les périls risqués par ses créatures.
Une langue qu'on défend est un peu comme une femme qu'on aime : il est toujours agréable d'en parler.
Un écrivain traduit est un écrivain en exil dans une langue étrangère.
Les couleurs politiques sont comme les couleurs du peintre, elles n'ont qu'une surface mince et cachent toutes la même toile.
Les choses et les êtres que nous aimons sont pour nous une souffrance, ne serait-ce que par la crainte perpétuelle de les perdre.
C'est une erreur de langage, n'est-ce pas l'amour ?
La vie est une oeuvre que l'on crée à chaque instant.
Y a une façon d'être jeune, puis une manière d'utiliser les restes. L'âge faut "faire avec". C'est tout.
C'est une chose très différente que d'aimer ou que de jouir ; la preuve en est qu'on aime tous les jours sans jouir et qu'on jouit encore plus souvent sans aimer.
Les politiques parlent une langue morte, sèche et menteuse comme le sable.
La vie d'un honnête homme est quelque chose de très plat. Que lui reste-t-il, puisqu'il s'est retranché le désir de plaire ? Il aime sa femme, si l'on peut aimer une femme à qui l'on n'a pas à faire la cour.
Je bois trop ! La dernière fois que j'ai fait une analyse d'urine, il y avait une olive dedans.
Un coq suffit à dix poules, mais dix hommes ne suffisent pas à une femme.
Mais ériger en dogme que toutes les sociétés ne font qu'une; qu'il n'existe qu'une vérité; que chaque expérience est compatible avec toutes les autres; que l'on peut tout savoir et que toute virtualité peut se réaliser est une entreprise qui ne peut sans doute que mal finir.
L'amitié, elle, ne supporte aucun arrangement. Elle réclame l'entière sincérité des deux parties. Prendre une bière et faire trois blagues, on est toujours sûr d'y arriver. Mais rencontrer un interlocuteur avec qui on puisse vraiment discuter est quelque chose de rare.
Je préfère perdre une bonne boucle d'oreille que d'être surprise sans maquillage.
Pour certaines personnes, je serai Forrest Gump pour le reste de ma vie. Mais ça va; c'est une bonne chose.
Méfiez-vous d'une personne trop compétente, elle risque de manquer d'humanité.
Une explication n'est pas nécessairement une approbation ; mais le plus souvent on estime inutile de chercher à comprendre ce que l'on réprouve.
Il faut que la queue du diable lui soit soudée, chevillée et vissée à l'échine d'une façon bien triomphante pour qu'elle résiste à l'innombrable multitude de gens qui la tirent perpétuellement.
On préfère un compliment menteur à une critique sincère.
La création d'entreprise est probablement l'une des formes les plus élaborées des dernières grandes aventures modernes.
Ecrire est une vue de l'esprit. C'est un travail ingrat qui mène à la solitude.
Ce qui reste de tous les voyages est le parfum d'une rose fanée...
Il suffit de regarder une chose avec attention pour qu'elle devienne intéressante.
Dans une casserole, il y a un désordre apparent, mais si l'on tire sur un spaghetti on peut le suivre du début à la fin.
Une bataille est un drame en trois actes. On commence par s'ennuyer ferme, puis on est terrifié et pour finir on est mort.
Mourir à une tâche irréalisable est préférable à vivre sans heurt comme un incliné.
En cette saison printanière de l'année, quand l'air est doux et plaisant, ce serait une injure à la nature et vraiment dommage de ne pas aller dehors voir sa magnificence et partager sa façon de relier le ciel et la terre.
Le plaisir d'un texte, le ravissement d'une interprétation ne sont pas liés au prix du livre ou de la chaine hi-fi.
Père et mère, parents, motifs apparents d'une longue affection réciproque...
Marianne est une métisse, c'est ce qui fait son charme, sa beauté, sa force.
Chaque soir, pendant les représentations d'une pièce de théâtre, c'est sur la même réplique que les spectateurs enrhumés se mettent à se moucher ; c'est le moment où la pièce faiblit.
Dans la guerre, toute victoire est une défaite de l'homme.
Souvenez-vous, si vous avez un jour besoin que l'on vous tende la main, que vous en avez une au bout de votre propre bras. En vieillissant, souvenez-vous que vous en avez une seconde: la première sert a s'aider soi-même et la seconde à aider les autres.
Y a-t-il une chose qui soit plus agréable que de préparer le petit-déjeuner à quelqu'un qu'on aime ?
Je suis fatiguée d'être traitée comme une citoyenne de seconde zone
Le processus de maturation pour devenir écrivain s'apparente à celui d'une prostituée. On le fait d'abord par amour, puis pour quelques amis, et enfin uniquement pour l'argent.