La peinture remonte des coups de pinceau comme un poème naît des mots. Le sens vient plus tard.
Finalement, avoir une attitude scientifique, c'est remplacer des sensations par des concepts, et exprimer ces concepts par des mots.
Les maximes les plus profondes sont celles où la pensée semble la plus indépendante des mots et de leur aménagement.
Dire qu'on aime, n'est-ce pas vouloir soumettre l'autre, en même temps que soi-même ? Un forme d'esclavage, somme toute, entretenue par les mots ?
C'est parce qu'il y a un vrai danger, de vrais échecs, une vraie damnation terrestre, que les mots de victoire, de sagesse ou de joie ont un sens.
Personne ne pense tout ce qu'il dit, et pourtant très peu disent tout ce qu'ils pensent, car les mots sont glissants et la pensée visqueuse.
Une conspiration du silence parle plus fort que des mots.
Un érudit ne deviendra noble que lorsqu'il aura mis en pratique ce qu'il a appris, au lieu de simples mots.
La parole, les mots, la langue sont fixés par une convention et un accord humains.
Tout a été dit. Sans doute. Si les mots n'avaient changé de sens ; et les sens, de mots.
Avant d'aimer avec le coeur et avec son corps, on aime d'abord avec des mots.
Tous les mots sont adultes. Seul l'espace où ils retentissent les reconduit vers la mort perpétuelle où ils semblent naître toujours.
Diseur de bons mots, mauvais caractère.
Pas de mots ... à part paix, unité, amour et toutes mes pensées pour les victimes et leurs familles.
Mieux vaut y mettre tout son coeur et ne pas trouver les mots pour le dire, que trouver les mots pour le dire et ne pas y mettre tout son coeur.
De tous les mots que l'on puisse écrire ou dire, les plus tristes sont : "ça aurait pu !"
Le bon esprit consiste à retrancher tout discours inutile, et à dire beaucoup en peu de mots.
Ecrire, c'est traduire en mots des pensées, des faits, des sentiments, des sensations, le corps, la chair, le silence. La vie est la langue étrangère de l'écrivain.
Les mots ne sont que les mots, à peu près rien sans leur dessein que l'on confie au ton et qui transcende leur sens à jamais prisonnier des dictionnaires.
Les mots sont une vie indépendante de notre raison. Jouer avec eux nous révèle un monde étrange qui pourtant est le nôtre.
Le bruit a un avantage. On ne peut pas y entendre les mots.
Les mots disent ce qu'ils veulent dire. On les emploie par besoin, sans plus. Ou alors on les emploie pour fausser l'idée.
Il existe des mots plus assassins que des coups de poignard, des mots apparemment imparfaits qui transportent vers un autre monde.
Seuls les psychologues inventent des mots pour les choses qui n'existent pas !
Avec les mots, on marque le mouvement, avec les images, on le fixe.
Le mot de peuple est un des plus beaux mots de la langue française. Il dit le manque et l'entêtement, la noblesse des gueux sous l'incurie des nobles.
Les mots ont un sens. Si on les met entre guillemets, on parvient à le "troubler".
On est sensible aux mots qui veulent dire quelque chose, on dirait à les entendre qu'ils nous font vivre d'avance la joie qu'ils promettent.
Un intellectuel est un homme qui emploie plus de mots qu'il n'en faut pour dire plus qu'il n'en est.
Partout en nous rien que l'humble mensonge Des mots qui offrent plus que ce qui est Ou disent autre chose que ce qui est.
Les mots vous lâchent, il est des moments où même eux vous lâchent.
C'est sérieux, les mots qu'on emploie. Il faut chercher le mot juste afin d'être bien sûr de penser selon une vérité profonde. Les mots aident à la découvrir.
Les proverbes sont les lampes des mots.
Les mots ne se battent sur le papier.
Manier les mots, les soupeser, en explorer le sens, est une manière de faire l'amour...
Les snobs (déformation des mots "sine nobilitate") sont par définition des gens sans noblesse qui essaient d'imiter les grands.
Le sens de mes mots provient des maux de mes sens.
La peinture peut être traduite, comme la musique, comme les objets, comme tout ce qui n'appartient pas au langage. Mais traduite par équivalences, par des mots, des rythmes, des sonorités.
Il faut toucher le fond pour être lucide, et ça se paye autrement qu'avec des mots.
Le livre n'est pas. La lecture le crée, à travers des mots créés, comme le monde est lecture recommencée du monde par l'homme.
Le silence est comme une nudité de l'âme, qui s'est libérée de la parure des mots.
L'absurdité des batailles qui sont des batailles de mots mais qui tuent des hommes de chair.
Oui, Dieu, c'est le mot le plus chargé de tous les mots humains. Pas un qui n'ait été aussi souillé, aussi lacéré.
La chair contre la chair produit un parfum, mais le frottement des mots n'engendre que souffrance et division.
La musique nous touche émotionnellement, là où les mots seuls ne peuvent pas nous toucher.
Il vaut mieux mettre son coeur et ne pas trouver les mots, que de trouver les mots et de ne pas y mettre son coeur.
La séduction des yeux. La plus immédiate, la plus pure. Celle qui se passe de mots, seuls les regards s'enchevêtrent dans une sorte de duel, d'enlacement immédiat, à l'insu des autres, et de leur discours : charme discret d'un orgasme immobile, et silencieux.
Ce n'est pas nous qui disons les mots, ce sont les mots qui nous disent.
La nature est pour nous un dictionnaire, nous y cherchons des mots.
Un poète c'est tout en intériorité, ça se révèle dans la fluidite des mots, ce n'est pas une image qui dit regarde-moi dans les yeux sur le pont.