Avec les mots, on marque le mouvement, avec les images, on le fixe.
Tu ne revivras pas, mais il y a ce chemin des mots qui mène un peu plus près de ton sourire ; le souvenir ne te rend pas, mais tu sourds quelquefois de cette folie douce de t'écrire, avec au bout le son-vertige de ta voix.
Défiez-vous des mots sonores : rien n'est plus sonore que ce qui est creux.
Ce sont les mots qui existent, ce qui n'a pas de nom n'existe pas. Le mot lumière existe, la lumière n'existe pas.
L'arrangement des mots est un des plus grands secrets du style.
Les racines des mots sont-elles carrées ?
Tout passe, le temps les gens les mots la peur. L'oubli est une maladie grave.
Mais les mots sont des objets, et une simple goutte d'encre Tombant telle la rosée, sur une pensée, produit Ce qui fera réfléchir des milliers, voire des millions.
Ce qu'un oeil humain n'est capable d'attraper, aucun crayon, pinceau, plume de fixer, ta caméra l'attrape sans savoir ce que c'est et le fixe avec l'indifférence scrupuleuse d'une machine.
Les mots sont comme une voûte sur la pensée souterraine.
L'idée de développement est une idée sous-développée.
Qui dira le sentiment qu'on éprouve en entrant dans ces forêts aussi vieilles que le monde, et qui seules donnent une idée de la création, telle qu'elle sortit des mains de Dieu ?
Il ne faut pas avoir peur de renoncer à toutes les formules, à tous les mots d'ordre, à tous les lieux communs.
On peut être certain que toute idée reçue, toute idée reçue, sera une idiotie parce qu'elle a su séduire le plus grand nombre.
Tout ce qui nous arrive nous survit ainsi, en souffrance dans l'espace. En attente. Echappant aux mots comme à l'absence de mots.
Chacun a une idée confuse d'un bien où son âme puisse se reposer ; il le désire, par suite, il s'efforce d'y atteindre.
Adieu poète ! Il faut que les mots enterrent les mots.
Le langage est la demeure de l'âme.
Les mots se nourrissent du temps qu'on passe à les lire.
Nos émotions sont dans nos mots comme des oiseaux empaillés.
Les mots sont un leurre dangereux dans la bouche des fous.
On ne pardonne pas à un homme les idées qu'il défend, à une idée les hommes qui la défendent.
Le langage du colon, quand il parle du colonisé, est un langage zoologique. On fait allusion aux mouvements de reptation du Jaune, aux émanations de la ville indigène, aux hordes, à la puanteur, aux pullulements, aux grouillements, aux gesticulations. Le [...] ► Lire la suite
La mort, c'est le début de l'extase où l'âme ravie entrevoit la vision béatifique.
Je voulais te dire des mots solaires, te baigner de parfums doux comme des songes.
La vérité scientifique est une proposition incontestable ou contestable, énoncée en langage mathématique. Une niaiserie est une proposition contestable ou incontestable énoncée en langage vulgaire.
La jalousie est à coup sûr le plus fort agent de dépravation par les images dont elle obsède l'esprit.
Il y a un sommet où la douleur vole de ses propres ailes, ainsi il y a une certaine intensité de la pensée où les mots n'ont plus part. Les mots conviennent à une certaine précision de la pensée, comme les larmes à un certain degré de la douleur.
Le langage est aux postes de commande de l'imagination.
Le cinéaste pense avec les yeux et les oreilles, le peintre avec les mains. La littérature est un refuge. Elle approfondit la vision du monde.
Le langage de la sculpture est un néant prétentieux s'il n'est pas composé de mots d'amour et de poésie.