Le roman est un support inégalé pour représenter la conscience subjective, mais il ne rend pas correctement compte de l'expérience d'écouter de la musique.
Le théâtre, c'est un petit peu comme les rêves : ça n'a pas de sens.
C'est difficile de dire non... aussi bien quand on le pense que quand on ne le pense pas.
Quand le venin de la malveillance s'insinue dans un coeur, il double le fardeau de celui qui nourrit ce mauvais sentiment: il sent le poids de ses propres malheurs et la vue du bonheur d'autrui le fait gémir.
Le paradis intra-utérin est couleur du feu de l'enfer : rouge, orange, jaune et bleuté. Il est mou, immobile, chaud, symétrique, double et gluant.
Nombre de critères officiels servent en effet de masque à des critères cachés, le fait d'exiger un diplôme déterminé pouvant être une manière d'exiger en fait une origine sociale déterminée.
On ne sait pas profiter de la vie. On est habitué à notre vie de merde. De la même manière qu'on a envie de manger, on a envie de braquer. On a pris un mauvais chemin.
Le test d'une oeuvre d'art est, en fin de compte, notre affection pour elle, pas notre capacité à expliquer pourquoi elle est bonne.
De loin la meilleure tenue de déguisement que j'ai jamais eue était une merveilleuse paire de salopettes de clown, que ma grand-mère a fabriquée.
Depuis près d'un demi-siècle, il se servait de son esprit comme d'un coin pour élargir de son mieux les interstices du mur qui de toute part nous confine.
Quelle tristesse de voir les nantis s'approprier le révolté que fut Albert Camus.
J'aurai été dans la cellule de Mandela pour lui dire tiens le coup, tes idées seront président du Sud-Africa.
L'homme qui n'est pas content de peu, n'est content de rien.
La vie n'a de sens que si on la vit avec une volonté, au moins à la limite de sa volonté.
Quand j'ai vu la corruption, j'ai été forcé de trouver la vérité par moi-même. Je ne pouvais pas avaler l'hypocrisie.
Je crois que j'étais sage pendant 7 ans puis après ça c'est gâté ! J'étais même premier de la classe je crois. J'étais gentil et sage, puis après non !
Quand des amis s'en vont, morts au champ d'honneur, quelque chose de profond se réveille en nous tous.
Un grand auteur est celui dont on entend et reconnaît la voix dès qu'on ouvre l'un de ses livres. Il a réussi à fondre la parole et l'écriture.
Pour savoir qu'un verre était de trop, encore faut-il l'avoir bu.
Chacun a ses propres instants de bonheur : il s'agit simplement d'en multiplier la conscience et les occasions.
Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis.
Une femme n'est puissante que par le degré de malheur dont elle peut punir son amant.
Dans la lecture solitaire, l'homme qui se cherche lui-même a quelque chance de se rencontrer.
Il est des jours heureux, il n'est point de vie heureuse.
Ce qui est hasard à l'égard des hommes est dessein à l'égard de Dieu.
Il y a deux espèces de sots : ceux qui ne doutent de rien et ceux qui doutent de tout.
Les hommes ont la volonté de rendre service jusqu'à ce qu'ils en aient le pouvoir.
Dans le vocabulaire des couturiers seulement, patron est synonyme de modèle.
Le golf, ce n'est guère autre chose qu'une façon coûteuse de se promener.
Abandonnez la contemplation de Dieu dès qu'un pauvre vous le demande.
On ne sait pas assez combien les femmes sont une aristocratie. Il n'y a pas de peuples chez elles.
Il ne faut pas cracher sur l'instruction, mais trop d'instruction finit par rendre le peuple trop conscient de l'inégalité sociale.
Sage est qui fait de son tort droit.
La meilleure façon d'épater les gens c'est encore de faire en sorte qu'ils s'épatent eux-mêmes.
Le souffle s'épanouit en baiser ; le naturel fruit de la participation au monde extérieur est l'amour.
L'amour de la vie rend ingénieux.
On passe le quart de sa vie à fuir. Et l'on s'étonne de vivre en étranger avec soi-même.
Possible que l'individu trouve son profit et même son aise à se fondre dans la collectivité, mais ce ne serait qu'au détriment de celle-ci. Pour elle, et non pour lui, il doit se défendre contre elle.
Toutes les inventions jolies et charmantes pour ceux qui ont les moyens d'en jouir valent-elles, vraiment, la somme de misère et de souffrance que nos civilisations produisent ?
Un gouvernement, de par sa nature, a intérêt à élargir son champ d'action, restreignant par là même la liberté des individus.
La bibliographie du plaisir est aussi pauvre que celle de la douleur est riche.
Ce qui importe à l'homme ce ne sont pas les événements survenus dans sa vie, mais seulement la répercussion de ces événements dans sa conscience.
L'Etre divin n'est que l'être de l'homme dans sa subjectivité sans bornes et absolument libre.
Il n'y a pas d'émission quelle qu'elle soit, qui ne soit tributaire de la santé de sa chaîne. La star, c'est la chaîne.
Qu'est-ce que les caresses de deux amants, lorsqu'elles ne peuvent être l'expression du cas infini qu'ils font d'eux même ?
Sortir de guerre, c'est comme sortir de prison.
Ah ! Combien de testateurs regretteraient en mourant et leur vie et leurs biens, s'ils pouvaient voir après leur mort les figures de leurs héritiers.
Ce que les cours de nos écoles négligent presque totalement est ce qui intéresse le plus : la question de la vie.
L'appel au combat s'adresse d'abord à ceux qui ont été vaincus sans même avoir commencé de combattre.
Dans l'absolu, y avait-il vraiment une différence entre le destin d'un seul homme et celui de toute l'humanité ?